Edito d'avril - Du jeu et du joueur

Ceci ne reflète pas l'avis de Ludigaume mais uniquement celui de son auteur.

"Ce jeu possède trop de hasard."

"Ce jeu n'est pas contrôlable."

"Les joueurs subissent le jeu."

...

Vous trouverez souvent ce type de constat dans des critiques de jeux ou dans le bouche de joueurs. J'apprécie moi-même peu les jeux sur lesquels l'influence des joueurs est faible. J'ai remarqué que certaines personnes de mon entourage ont des goûts complétement inverses. Ils préférent sans hésiter des jeux où le contrôle est faible, des jeux qui les portent et les surprennent par leurs rebondissements. Le monopoly par exemple fait partie de ces jeux et possède donc cette qualité de ne pas demander beaucoup d'effort.

Il serait un peu court de diviser la population des joueurs en deux catégories : ce qui aiment être passifs et ceux qui préfèrent être actifs. La réalité me paraît plus complexe.

Souvent, ces joueurs dont je parlais précedemment repondent à mes propositions de parties ludiques par, par exemple, un "oui, mais un jeu où on ne se prend pas la tête". Ils sont prêts à être actifs dans le jeu, mais pas sur le plan intellectuel. Certains accepteront les jeux basés sur l'éloquence, sur la dextérité, sur l'endurance ou encore ceux basés sur la perception. Cette disctinction se fait prioritairement sur la capacité qu'il va être nécessaire de mettre en oeuvre. Le thème du jeu ou ses mécanismes viennent le plus souvent après.

Un jeu de société pourrait ainsi se décrire sur plusieurs dimensions : perception, habilité, éloquence, réflexion et endurance, chacune ayant un pôle actif et un passif.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de description de jeu à partir de ces dimensions. En bordeaux, le degré de passivité que permet le jeu sur les cinq dimensions et en bleu le degré d'activité qu'il demande.

Il est maintenant tout à fait envisageable de réaliser son propre profil. Par exemple, vous trouverez ci-dessous mes préférences ludiques.

Cela ne surprendra personne : il semble que Caylus fournisse le graphique le plus proche du graphique de mes goûts !

Le but n'est surtout pas de dire que tel jeu et meilleur qu'un autre. Toute la question est de savoir pour qui. Le monopoly, comme tous les jeux, correspond aux goûts d'individus (ceux aimant les jeux permettant d'être passifs avec un peu de réflexion et de négociation) et surement même d'un trés grand nombre d'individus étant donné son succès (même si d'autres facteurs jouent comme le marketting, l'offre...).

Le but n'est pas non plus de prétendre à l'exhautivité des dimensions. Il est fort possible que les cinq dimensions que je propose soit insuffisante, néanmoins elles permettent je pense d'illustrer mon propos.

Enfin, il est fort probable que le type de représentation graphique que j'ai choisie ne soit pas le plus pertinent.

Le but est surtout de lier fortement les qualités d'un jeu de société au public à qui il est destiné. Mais en sortant des caricatures que créent les catégories du type "non joueurs" ou "famille" et en permettant finalement d'être plus positif vis-à-vis de tous les jeux et tous les joueurs.

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