Edito de juin/jullet 2008 - Un mot désuet

Ceci ne reflète pas l'avis de Ludigaume mais uniquement celui de son auteur.

La partie va bientôt arriver à sa fin. Vous êtes certain de gagner. Vous avez prévu vos actions pour les derniers tours. Vous maitrisez tellement ce jeu, auquel vous avez joué et rejoué, que vous n'avez pas eu trop de problème pour y parvenir. En face, ils n'ont pourtant pas démérité... mais ce ne sera pas suffisant pour vous battre. Encore trois tours et vous êtes vainqueur. De justesse, certes mais de façon certaine... enfin vous pourriez tenter de gagner largement mais c'est assez risqué... quoique splendide si cela marche ! Vous hésitez... tenter le diable pour la beauté de la victoire ou assurer pour gagner, même petitement ?

Qui n'a pas rencontré un jour lors d'une partie cette situation ? Que choisiriez-vous dans ce cas ? Vous poseriez-vous seulement la question ? Aimez-vous jouer avec panache ?

Jouer avec panache, ce n'est pas simplement gagner d'une belle façon, c'est aussi perdre avec la manière. Jouer avec panache ce n'est pas faire n'importe quoi, mais plutôt associer à une bonne maitrise d'un jeu un goût certain pour le beau jeu et la droiture. Jouer avec panache, enfin, ce n'est pas prioritairement réservé à des jeux à l'américaine mais cela peut, c'est encore plus beau, prendre place durant une partie d'un gros jeu de gestion millimétrée à l'allemande.

Je porte une affection toute particulière à ce mot commun un peu désuet sorti d'on ne sait quel ouvrage de cape et d'épée car il résume parfaitement bien un comportement que j'apprécie beaucoup lors d'une partie. En peu de mots, placer l'esthétique au dessus de l'efficacité est synonyme, selon moi, de panache. Chacun aura son idée de ce qui est beau ou ne l'est pas : je n'irais donc pas plus loin dans la définition du mot.

La production allemande ne favorise pas le jeu avec panache : trop de jeux survolés et peu maitrisés, trop de jeux de gestion à la victoire calculée au point prés, trop de mécanismes d'équilibre pour que tout le monde se tienne au score et trop peu de thème pour exciter notre fibre romantique. Il y a pourtant toujours moyen de préférer le beau jeu à un réalisme peu excitant : il suffit juste d'y penser et cet édito n'a pas d'autre vocation que de rappeler ce mot à votre souvenir.

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