Edito d'août/septembre - De Cuba

Ceci ne reflète pas l'avis de Ludigaume mais uniquement celui de son auteur.

Cuba
Il y a peu, j'ai joué à Cuba. Après une unique partie, le jeu me semble de qualité : stratégique et tactique, un matériel irréprochable et même une originalité incarnée par ce plateau individuel qui tient lieu de casse-tête à chaque joueur.

Vous allez surement trouver que je vais un peu vite en besogne vu que je n'ai joué qu'une partie. Vous avez raison. Mais ce qui compte pour cet édito n'est pas mon avis sur Cuba. Ce qui m'a frappé après cette partie est que le jeu est de grande qualité mais procure un certain ennui. Peut-être le thème n'est-il pas à la hauteur ? Peut-être le jeu n'est pas assez profond ? Peut-être n'étais-je simplement pas dans un bon soir ?

Peut-être... ce sentiment fut partagé par mes camarades de table. La discussion qui suivit nous a conduit à dire que ce jeu aurait fait un carton... il y a quelques années. Le jeu semble vouloir être un mélange de Puerto-Rico et de Caylus habillé comme les Piliers de la Terre. L'ennui est que nous avons déjà joué à ces trois jeux. De plus, à vouloir ressembler aux autres, il perd toute personnalité.

Pourquoi vouloir ressembler aux autres ? Pour un individu, n'importe quel psy interpréterait ce mimétisme comme le symptôme d'un mal-être ou d'une angoisse. Qu'est-ce que cela peut bien donner pour un jeu ou l'industrie ludique ? Peut-on dire que l'éditeur a voulu créer le nouveau numéro un du classement BoardGamesGeek sans en avoir les moyens ? Que l'originalité du jeu, la gestion du plateau individuel, a été noyée dans de la gonflette ? Que ce mimétisme est le passage obligé pour participer à l'incroyable surproduction de jeux de société actuelle ? Qu'il n'y a plus rien à inventer ?

Ou alors le problème vient-il de nous ? Joueurs ultra-gavés et blasés, auxquels il ne suffit plus de fournir un jeu de qualité : il nous faut des jeux exceptionnels.

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