L'avis de Sébastien G.

De 6 à 10 parties jouées - 15 avril 2009
 
Très Bon
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Histoire de fantômes chinois, La 36ème chambre de Shaolin, Il était une fois en Chine, et d'autres films de kung-fu ou de sabre chinois de mon enfance dont je ne me souviens même plus les noms, me reviennent en mémoire dès que j'ouvre une boite de Ghost Stories.

Il faut dire que les illustrations sont toutes très réussies, et plongent immédiatement dans l'ambiance des wu xia pian (films de sabre chinois). Le reste du matériel est de bonne facture également, surtout les tuiles du village, bien épaisses. Deux toutes petites déceptions néanmoins : les noms des fantômes en anglais sur les cartes (c'est dommage pour un jeu conçu par des francophones), et les figurines des taoïstes toutes identiques et avec la même posture. Rien de bien grave donc. Les pouvoirs des moines, tous très différents les uns des autres mais aussi, et surtout, tous très intéressants à jouer, nous rappellent également les archétypes des personnages des films précités.

Malheureusement, et malgré toutes ces références thématiques, une fois la partie démarrée, j'avoue avoir du mal à me plonger dans l'ambiance. Le thème n'est pas du tout porté par les mécanismes : à son tour, on pioche une carte, on déplace son pion, on lance les dés, et au suivant. C'est un peu caricatural et exagéré, mais c'est le ressenti que j'ai à chaque partie ; je n'arrive pas à "ressentir" la terreur qu'infligent les sbires de Wu-Feng en attaquant le village, contrairement à Pandémie par exemple, où je sens le stress monter au fur et à mesure que les maladies se répandent. C'est vraiment dommage, mais ça ne m'empêche pas, malgré tout, de prendre du plaisir à jouer à Ghost Stories. Après tout, les jeux aux thèmes plaqués sont légions au sein de l'école allemande, que j'affectionne particulièrement, sans que cela ne me perturbe plus que cela. Simplement j'en attendais plus de Ghost Stories à ce niveau-là (trop peut-être ?).

Malgré cela, le jeu est tendu à souhait, et surtout difficile, très difficile même ! En venir à bout n'est pas une mince affaire, les modes Cauchemar et Enfer portent bien leur nom ! Il est également prenant, même si je ressens généralement une petite lassitude à force de toujours faire la même chose quand enfin apparaît la dernière incarnation de Wu-Feng... à condition d'être arrivé jusqu'à elle !

En revanche, l'aspect coopératif est poussé à son paroxysme dans Ghost Stories, et les joueurs ne peuvent espérer venir à bout du Seigneur des Neufs Enfers que s'ils travaillent de concert. Si l'un d'eux se la joue solo, les chances de victoire seront bien maigres. De fait, les joueurs expérimentés doivent savoir freiner leurs ardeurs pour permettre à tout le monde de participer et de s'amuser, d'autant plus que les règles, sans être compliquées, regorgent de nombreux petits détails qui sont parfois difficiles à appréhender lors des premières parties.

Dans un jeu coopératif, c'est finalement cela le plus important : que les joueurs jouent tous d'un bloc, pour et par le groupe. Et de ce point de vue, Ghost Stories est une vraie et belle réussite !

 
  • De très belles illustrations, qui mettent dans l'ambiance
  • La coopération impérative
  • La diversité des pouvoirs des héros
  • Un thème original
 
  • Le thème n'est pas porté par les mécanismes
  • Des parties qui semblent parfois infaisables
  • Des parties un peu longues et répétitives (du moins quand on arrive jusqu'au grand méchant)

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