L'avis de Guillaume

De 3 à 5 parties jouées - 18 novembre 2007
 
Sympathique
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Mon avis est partagé sur Antike...
D'un côté, j'ai beaucoup aimé ses objectifs multiples, son mélange de thématique forte (qui rappelle des jeux comme Civilisation, Vinci, ...) et de mécanique huilée. J'ai notamment été frappé par sa très grande fluidité... C'est bien simple: on a à peine fini de jouer que c'est déjà à soi.
L'afflux régulier d'argent qui joue le rôle de ressources joker garantit de pouvoir toujours être en mouvement.
Ensuite, la rondelle qui force à varier et à planifier ses coups est extrêmement bien trouvée... On a à chaque tour un choix délicat à réaliser compte tenu de ses priorités.
Entre les différentes voies technologiques et les objectifs d'extension, de construction, de conquête... On se dit qu'il y a de quoi faire.
Seulement voilà... On n'est pas tout à fait libre de ses choix. Les technologies sont très puissantes et si certains joueurs tentent de se consacrer corps et âmes à ce mode de développement, il risque rapidement d'emporter la partie. Que vous le vouliez ou non, il faudra vous y mettre sous peine de subir une amère défaite. Il en va de même des autres objectifs : chacun étant en capacité limité, il va falloir manger à tous les rateliers pour ne pas laisser trop facilement un adversaire les obtenir. Quoi qu'il en soit, on arrive vite aux abords des conditions de fin de partie. Il ne restera plus qu'un dernier coup de collier à donner pour emporter la partie, souvent au dépend d'un joueur.
Les conflits militaires qui semblent mis en avant par l'allure du jeu sont quelque peu accessoires: ils ne serviront qu'à la marge pour obtenir ces derniers points de victoire. La guerre coûtant très chère, on est vite en mesure de freiner un adversaire trop entreprenant même si les joueurs ayant beaucoup d'adversaires distincts à leur frontière risquent de plus souffrir que d'autres.
Antike est donc surtout un jeu de planification et de rendement. A la chasse aux points de victoire, il faut faire en sorte que chacune de ses actions rapportent pour être le premier à parvenir à l'objectif. Ce n'est pas un problème en soi mais cet état de fait risque de refroidir certains amateurs de jeux de conquête.

Antike m'a fait une bonne impression, j'accepterai volontiers d'en refaire une partie mais je n'irai pas jusqu'à l'acquérir et je sais qu'à trop le pratiquer, j'en ferai vite le tour. Si l'on ajoute à cela un graphisme plutôt désagréable à l'oeil (un cas de figure récurent chez cet éditieur) et un certain nombre de faiblesses sus-cités, on comprendra la note "Sympathique" que je lui décerne.

 
  • Une fluidité impressionnante même à 6 joueurs
  • Le mécanisme très original de la "rondelle"
 
  • Le fait de devoir jouer certains coups forcés
  • Le décalage entre l'apparence du jeu de conquête et la réalité du jeu de planification
  • La laideur du plateau et des cartes (selon moi)
  • Les conflits sans hasard
  • L'avantage laissé aux joueurs en bord de plateau

6 commentaires

  1. Raphaël 17:47 18.11.2007

    Je ne suis pas trop d'accord avec ton alayse mais je trouve ton point de vue intéressant, particulièrement quand tu écris:
    "On n'est pas tout à fait libre de ses choix. Les technologies sont très puissantes et si certains joueurs tentent de se consacrer corps et âmes à ce mode de développement, il risque rapidement d'emporter la partie. Que vous le vouliez ou non, il faudra vous y mettre sous peine de subir une amère défaite."

    C'est le même genre de commentaire que j'ai fait au sujet de la caravane d'Yspahan! Je dois bien admettre que je suis tout à fait passé à côté de cet éventuel problème: lors de toutes mes parties, tout le monde essayait d'évoluer technologiquement.

    Une différence quand même: les technologies obtenues donnant un gros avantage tactique, je ne vois pas trop pourquoi ou comment on construirait une stratégie qui s'en passe explicitement.

  2. Guillaume 18:05 18.11.2007

    Ma première partie a été telle que je le décris: je joue l'Egyptien. Je mise massivement sur les développement (notamment de défense) et engrange les points de technologie tandis que mes adversaires exploitent de manière privilégiée les sources de points de victoire militaires. Au bout de quelques tours, je suis devenu inarrêtable...

    On est obligé par la mécanique de jeu de miser au moins en partie sur la technologie et, je dirais même plus, de prendre la tête sur certaines d'entre elles pour ne pas la laisser à autrui.

    Ensuite (et je suppose que c'est là que nous divergeons), les deux reproches que je fais au jeu sont:
    - son esthétique, insuffisante par rapport à mes attentes (et je n'ai pourtant rien contre une certaine sobriété, bien au contraire)
    - le côté planification / optimisation qui rend le jeu bien moins militaire qu'il n'y paraît. Antike m'apparaît comme une course aux points de victoire pour laquelle la guerre ne joue qu'un rôle assez marginal (il est généralement nécessaire de détruire un temple adversaire pour gagner mais un assaut éclair sur un joueur en difficulté peut parfois l'offrir sur un plateau).

    Maintenant, j'ai tout de même apprécié chacune de mes parties d'Antike... Mais pas au point de vouloir en faire l'acquisition.

  3. Raphaël 18:24 18.11.2007

    Clair qu'esthétiquement ce pourrait être mieux, et je suis tout à fait d'accord avec toi que ce n'est absolument pas un wargame, et la guerre y est un moyen, pas une fin.
    Bref je trouve ton analyse tout à fait pertinente, mais je ne partage pas ta conclusion: j'apprécie justement que ce soit une sorte de "civilisation" avec une mécanique épurée et dont le volet guerrier n'est juste qu'un aspect.

  4. Guillaume 18:30 18.11.2007

    Alors, on est d'accord. J'ai moi aussi apprécié la fluidité et l'originalité du jeu... J'ai juste l'impression qu'il est limité en terme de durée de vie à cause de la combinaison de son interactivité restreinte (la guerre coûte cher et paye mal) et de son absence totale de hasard. Maintenant, il est clair que :
    1/ je n'ai pas des dizaines de parties sous le pied
    2/ Les jeux de 3h et plus ne sont souvent pas ma tasse de thé (et à ce titre, Antike m'a plutôt plus puisque je n'ai pas vu le temps passer).

  5. MrOrange 08:54 19.11.2007

    C'est marrant parce qu'on y a justement rejoué samedi soir avec des amis. On était 4 sur la carte orientale.
    Et notre bilan rejoint celui de Guillaume : en apparence un jeu de conquête, c'est finalement un jeu typé "à l'allemande". La guerre est toujours risquée en milieu de partie car elle va coûter cher pour gagner peu. Par contre, elle est idéale (inévitable ?) pour grapiller les derniers points de victoire nécessaire.
    Autre point négatif pour nous : les conditions de victoire et l'ordre du tour, qui font que le gagnant peut avoir joué un tour de plus que certains adversaires.
    Par contre, l'idée de la rondelle, quelle fluidité dans un tel jeu, ça évite la lourdeur de tours interminables à 12 phases.

  6. Guillaume 14:57 19.11.2007

    Oui, l'ordre du tour... Eternel débat !
    Je n'ai pas spécialement remarqué ce problème à Antike mais sachant que c'est une course aux points de victoire, il y a clairement un avantage a jouer en premier.
    Et je partage cet avis sur la fluidité... A mes yeux, l'archétype du jeu fluide, c'est "Ra": à son tour un seul choix (si l'on exclut les dieux) : "prendre ou ne pas prendre". On retrouve cet aspect "choix unique" dans Antike et c'est vraiment raffraîchissant de voir son tour revenir sans cesse.

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