Colosseum

On ne présente plus Days of Wonder : en trois ans d’existence, cet éditeur s’est solidement imposé par la hausse d’un cran de la qualité de production ludique en plus de remporter un Spiel des Jahres haut la main avec Les Aventuriers du Rail. Alors quand on voit un nom comme Wolfgang Kramer figurer sur une boîte Days of Wonder, on est en droit de s’attendre au nirvana ludique!

La question devient donc inévitable : Colosseum est-il vraiment à la hauteur de la rencontre entre l’éditeur de l’heure et l’auteur le plus respecté de l’industrie du jeu ? Il le serait sans doutes s’il n’y avait pas trop d’impressions de « déjà vu » qui s’en dégage. Plusieurs amateurs de Kramer vous diront avec raison que Colosseum ressemble drôlement à un autre jeu sur lequel il a travaillé : le bien aimé Princes de Florence. Les ressemblances sont en effet très frappantes. Si on organise des spectacles antiques au lieu de construire un domaine culturel de la Renaissance dans Colosseum, les manières dont on s’y prend montrent souvent les ressemblances entre les deux jeux comparés : un nombre d’actions très limité, des enchères démocratisées, des projets de construction à choisir et à acheter, des points de victoires attribués selon le nombre de conditions remplies pour les projets visés, une gestion de ressources proportionnelle aux points de victoires enregistrés chaque tour… En fait, on est en droit de se demander si Kramer ne nous fait pas le même coup ici que Teuber nous avais fait avec sa transition de Löwenhertz à Richard Cœur de Lion ou encore Wallace avec son Age of Steam et son Railroad Tycoon : soit une version édulcorée d’un jeu originellement destiné aux joueurs chevronnés pour tenter de satisfaire le public occasionnel. Car on sent aussi le besoin d’alléger les réflexions et d’intégrer plus de convivialité familiale dans ce «Princes de Florence à la Days of Wonder». L’intégration d’une phase d’échanges entre joueurs ainsi que celle d’un plateau commun, où l’on se dispute à coup de dés le contrôle des visiteurs prestigieux pour nos spectacles, vient en effet combler le manque d’interactivité que plusieurs peuvent reprocher aux Princes de Florence. Mais Colosseum est-il un meilleur jeu pour autant? Pour tout dire, Colosseum est différent! Différent au même sens que Löwenhertz est différent de Richard Cœur de Lion et qu’Age of Steam est différent de Railroad Tycoon. En d’autres termes, si Colosseum semble être un émule des Princes de Florence, il n’en est pas inférieur pour autant. Mais il créera inévitablement (comme ce fus le cas des autres émules mentionnées ci-haut) des factions de joueurs le préférant à son ancêtre ou vice-versa. Et au final, on dira de Colosseum qu’il sera le Princes de Florence pour un public plus large sans perdre en qualités ludiques. Pour ma part, je vous dirai que je préfère l’ancêtre plutôt que l’émule, ne serait-ce que pour la tension qui est plus au rendez-vous entre les joueurs.

 
  • Matériel de qualité
  • Belle interaction (ingénieuse intégration des arènes des joueurs avec la lutte pour le contrôle des visiteurs de prestige)
  • Nombreuses stratégies possibles
 
  • Parties peuvent être longues parfois (à cause de la phase d'échange)

Très Bon