It's a Wonderful World

J'ai joué à It's a The Wonderful World dans différents cadres avec différentes personnes : entre amis et en famille. Je constate qu'il est assez présent dans les ludothèques de mon entourage mais il n'a pas rejoint la mienne : je vais vous expliquer pourquoi.

Commençons par l'édition du jeu. Il existe plusieurs versions de It's a Wonderful World : une "KS" et une autre "boutique". Je n'ai joué qu'à la version "boutique". Le jeu est soigneusement édité, tout est très clair et le matériel est à la fois suffisant et de qualité. Les cubes en plastique auraient gagné à être en bois à la fois pour une question écologique, mais, aussi, parce que je trouve cela plus agréable à manipuler. Les illustrations sont nombreuses et le travail d'Anthony Wolf est fouillé et immersif. Le prix reste raisonnable (39 euros) mais cela a un coût puisque le jeu est fabriqué en Chine et a donc un écoscore "E".

Je n'ai pas trouvé d'interview de l'auteur qui me permettrait de mieux comprendre ses intentions. Frédéric Guérard, l'auteur donc, n'en est pas à son coup d'essai. Son travail est extrêmement varié mais, sauf erreur de ma part, les jeux de développement y tiennent une part importante depuis Titanium Wars sorti en 2013. Je me dis donc que Frédéric Guérard aime donner aux joueurs la sensation de diriger et construire une civilisation, un empire...ou un monde merveilleux.

J'aime jouer à It's a Wonderful Wolrd (IWW) : je trouve cela sympa, d'où mon évaluation. A chaque partie, j'ai pris plaisir à essayer de construire un moteur à points de victoire. Le jeu est très lisible : rapidement, on sait orienter ses choix même s'il faudra un peu de temps pour comprendre les stratégies les plus efficaces. Le jeu me semble vraiment bien équilibré. Comme dans les jeux de ce type, il faut être opportuniste, s'adapter aux cartes qui nous arrivent et optimiser avec ce que l'on a dans les mains. Pour cela, une bonne connaissance du jeu est nécessaire. Plus le nombre de joueurs fut important, moins j'ai eu la sensation d'avoir la main sur ma stratégie. La sensation de subir est, pour moi, un défaut récurrent aux jeux de draft qui fait que parfois, on a beau faire, ça ne se goupille pas bien et il vaut mieux attendre la partie suivante. IWW n'y échappe pas.

Si IWW est agréable à jouer, il souffre surtout d'une absence de narration qui tranche avec la promesse graphique. Les éléments graphiques, malgré leur qualité, ne suffisent en effet guère à maintenir le thème très longtemps car il est peu soutenu par la mécanique. Le jeu se résume rapidement à une abstraction. Il m'a manqué quelque chose, la sensation de conduire véritablement la création d'un monde merveilleux. Un peu comme si je faisais mes gammes en musique, mais sans jamais interpréter un morceau. J'aurai adoré ce jeu en 2009, mais 10 ans plus tard, j'attends bien plus d'immersion.

En terme de sensation de jeux, IWW me fait penser à Paper Tales sorti deux ans plus tôt : une prise en main rapide, une logique vite comprise et suffisamment de richesse pour varier les stratégies. Il n'apporterait donc pas grand chose de neuf... Ce qui est intéressant et qui m'a poussé à rédiger cet avis, c'est qu'IWW possède un mode campagne. Je n'y ai pas joué car il n'est pas présent dans la boite "boutique". L'éditeur s'en est expliqué : avec le mode campagne, le jeu aurait coûté beaucoup plus cher, trop cher du fait de matériel supplémentaire. Ce mode a été proposé dans la version Kickstarter, mais retiré pour la version "boutique". En boutique, les campagnes sont proposées sous forme d'extension. Les extensions apportent pas mal de nouveaux systèmes rendant le jeu plus complexe et plus profond. Son système de base est très robuste, équilibré et permet la greffe de nombreuses variations. Au vue des notes sur Boardgamegeek, les extensions sont appréciées et semblent donc être de qualité. La stratégie marketing a, pour moi, et avec un peu de mauvais esprit, consisté à sortir un jeu moins bon en boutique pour avoir une chance de le vendre. Étrange, non ?

 
  • Direction artistique
  • Système bien huilé
  • Prise en main rapide
 
  • Trop abstrait

Sympathique