Junta

D'abord publié par West and Games, ce jeu de Vincent Tsao a été traduit par Descartes en 1986. C'est cette version que je critiquerais. Coté matos, tout est laid, mais il ne manque rien, et les règles sont denses et peu claires, mais assez drôles quand même. J'ai vu un exemplaire de la nouvelle édition, mais avec le même matériel que la vieille édition dans une boîte (la même que sur la photo de gauche) deux fois plus grosse et plus chère. En plus, Descartes a supprimé la carte "protestations estudiantines" (qui faisaient référence aux évènements de 86 en France). Enfin, sur la photo de gauche, on peut voir la vraie nouvelle édition. Plateau et cartes semblent avoir été relookés, pas le reste.

Passons aux règles : même si le livret ne facilite pas leur apprentissage et si elles sont nombreuses, elles sont globalement peu complexes. Les régles de vote sont inutilement lourdes, nous ne jouons qu'avec un tour de vote (les cartes le vote s'arréte au premier tour provoqueront un second tour), ce qui accélèrent beaucoup le jeu. Pendant les coups d'état, nous avons un peu allégé le système de combat, et permis des retournements constants d'alliance sauf de la part du président et du premier insurgé. Après tout c'est un jeu politique, pas une simulation de guerre urbaine.

Notons que les règles d'exil sont peu utilisés, tant il est difficile de rentrer au pays en sauvant quoi que ce soit des griffes du ministre de l'intérieur.

Ne vous souciez donc pas trop des règles du jeu. Prenez en connaissance et changez les à votre goût si cela peut le rendre plus fluide. Car le plaisir est au rendez-vous, et même en jouant toutes les règles, et quel plaisir ! Les alliances se font et se défont, vous assurant épisodiquement une part du budget. Ce dernier n'est jamais connu, pas plus que les fonds en Suisse et les fidèles du président suspecte toujours celui-ci d'en mettre beaucoup de coté. De plus, ceux qui ne reçoivent rien sont toujours enclin au coup-d'état. Tout cela assure un véritable dynamisme au jeu durant toute la partie. La possibilité de triche (pour nous seul le compte en Suisse est une zone interdite), la multiplicité des cartes et des évenements permettent nombre de magouilles et de possibilités d'actions, même quand on est pauvre, amiral, sans influence à l'assemblée et que le président vous a dans l'oeil.

Un grand, grand jeu.

Indispensable