Seigneur des Anneaux (Le)

La première et la seconde fois que j'ai joué, j'ai trouvé le jeu très mauvais; je ne voyais pas de thème et encore moins de stratégie. J'étais déçu parce que le thème me plaisait et que j'étais intrigué par un jeu dans lequel les participants collaborent.

Aussi, l'Anneau Unique est resté sagement dans la boîte, elle-même s'enfonçant inexorablement dans les strates de plus en plus profondes des piles de jeux entassés sur ma garde robe, attendant qu'un hobbit passe accidentellement par là.

Mais un jour, animé sans doute par la volonté de Sauron lui-même, je l'ai ressorti, et je l'ai redécouvert.

Le Seigneur des Anneaux est un jeu à côté duquel on peut passer; désormais, j'ai réalisé à quel point le thème était présent, non pas dans les illustrations (fort réussies d'ailleurs) ni même dans la mécanique de base fort simple, mais dans ses implications. L'ambiance autour de la table est primordiale: si les participants se querellent, ne sont pas prêts à faire passer le groupe avant tous leurs intérêts propres, le Mal progresse inexorablement.

Ce sentiment de puissance inexorable de l'Ennemi est très marqué, presque tangible!

Pour ce qui est de la stratégie, on peut aborder le jeu de deux façons;

1°on y va, sans trop réfléchir ou anticiper: si la collaboration est parfaite et qu'on n'oublie pas d'utiliser les pouvoirs des hobbits et de Gandalf au mieux, on peut espérer gagner une fois sur deux (la difficulté dépend du nombre de joueurs, mais j'y reviens)

2°soit en s'entraînant régulièrement à jouer de la première façon, soit en prenant la peine d'étudier un peu les plateaux-scenarios, il est possible d'établir des stratégies et, dans ce cas, on commence à gagner beaucoup plus souvent; c'est à ce moment là qu'on envisage de se procurer les extensions pour pimenter un peu les parties.

La difficulté dépend du nombre de joueurs: plus nombreux, on se partage les coups durs et plus de moyens sont disponibles pour aller de l'avant, mais il devient aussi plus difficile de trouver la synergie parfaite: pour moi l'équilibre est atteint à 3 joueurs et c'est la configuration qui permet le plus de victoires.

A 4 joueurs, la collaboration est plus délicate, et certaines ressources (les "points de vie" anneau, coeur et soleil) deviennent limitées.

J'aime aussi les parties à deux; les choses paraissent désespérées et face à des obstacles semblant insurmontables, il se développe une intimité face à l'adversité très thématique.

Les règles sont un peu nébuleuses: le mieux c'est de se faire expliquer le jeu, et là tout s'éclaire!

Une fois le mécanisme de base (simplissime) assimilé, le manuel s'avère bien conçu pour la consultation.

Si vous n'avez pas aimé le Seigneur des Anneaux, redonnez lui sa chance! Essayez-le avec différents joueurs, ou dans une autre configuration (à 3 pour commencer).

Si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'essayer, il est temps de combler cette lacune ludique: ce jeu est très original et unique dans son genre.

Un Knizia pour les amener tous et autour du jeu les lier!

 
  • Illustrations de John Howe
  • Mécanisme très élégant, travail d'orfèvre
  • L'ambiance opressante
  • Les victoires "à l'arraché"
  • Collaboratif et original
 
  • Les règles: pas facile à comprendre!
  • Un jeu qui nécessite parfois plusieurs "lectures"
  • Expérience très dépendante des partenaires

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