Magellan

Comme souvent avec les jeux allemands, le matériel est suffisant et pratique pour le jeu. Seule la gestion des cartes "Magellan" aurait méritées quelques marqueurs supplémentaires. Du point de vue esthétique, le jeu n'est pas particulièrement laid ou beau, même si les couleurs "crachent" un peu trop à mon gout. Les règles sont assez peu claires et exigeront quelques reflexions et essais. Néanmoins, une fois assimilées, tout tourne parfaitement. Les plateaux ont chacun deux faces qui permettent ainsi 4 combinaisons pour le jeu.

Coté jeu, je fus d'abord enthousiaste puis assez déçu. Un jeu d'enchères très tactique se découvre à vous dans la première partie. Il convient d'acheter à bon escient pour éviter de manquer de carte "or" en cours de partie ou de points de victoire en fin de partie. Les explorateurs permettent ainsi d'avoir soit beaucoup de points, soit beaucoup d'or soit un peu de chaque. Ces capacités varient d'un plateau à l'autre. Je vous conseille les faces B de chaque plateau qui permettent moins de tirage de cartes et donc un jeu plus interressant. En effet, les cartes que l'on tire par la suite ont un effet assez important sur le jeu. Tirer deux cartes de valeur faible ne permet pas de suivre les enchères face à un joueur qui en tire deux de valeur importante. Cela ruine pas mal l'aspect tactique du jeu. Jouer les plateaux A ne fait que multiplier les tirages et les différences entre les joueurs.

Cela peut paraitre contre intuitif pour un jeu d'enchères, mais le second défaut de Magellan est qu'il n'est pas interressant à plus de 4. A 6 joueurs, il est quasiment impossible de monter une stratégie payante quand on ne peut placer que trois bateaux (18 explorations sont en jeu), ce qui arrive généralement. La concurrence est rude et les enchères peuvent s'envoler : au risque de dépenser trop et de ne placer que 2 bateaux, il faut mieux renoncer. De plus, toujours à 6 joueurs, la moitié des joueurs participent au mieux aux enchères la deuxième année. Et seulement, un tiers pour la troisième année. Les autres attendent qu'une autre exploration soit mise aux enchères. La fin est d'autant plus longue si un joueur a raté ses premières enchères.

A trois ou quatre joueurs, l'horizon s'éclaircit. Il est possible de faire d'avantage de choix et de les assumer. La concurrence n'est pas rude sur toutes les enchères. On peut être présent dans de nombreuses expéditions et l'attente des deux dernières années n'est plus un problème.

Le jeu devient alors assez jubilatoire : les enchères mettent l'ambiance et les capacités de chaque explorateur sont équilibrées et interressantes (sur les face B).

En résumé, Magellan est un très bon jeu d'enchères à moins de 5 joueurs, ce qui est assez rare, alors autant en profiter ! Par contre, à 5 ou 6, évitez-le.

Sympathique