Niagara

Aujourd’hui, je m’attaque au Spiel des Jahres de l’année 2005, ce qui risque de ne pas être une mince affaire, ce jeu ayant déjà obtenu pas mal d’éloges grâce à l’obtention de ce fabuleux prix.

Autant prévenir d’emblée, je ne suis pas un grand fan de ce jeu. Je comprends le choix du jury et l’engouement du public, je n’y adhère pas nécessairement, au contraire !

Ma première impression avait pourtant été excellente. Il faut dire que le matériel du jeu est tout simplement fabuleux. Les petits bateaux en bois, les gemmes très colorées, le plateau superbement illustré et surtout les concepts de courant et de chutes rendus avec tellement de brio que l’on ne peut que tomber sous le charme, tout témoigne d’un travail fait avec goût et talent. Ca en met plein les mirettes, ça flashe, c’est beau, c’est chouette, c’est terriblement attirant comme un beau gâteau dans les étals de la boulangerie.

Mais voilà … je suis déçu que le jury d’un prix aussi fabuleux se soit arrêté à l’emballage. Car, niveau goût, on est loin du chef d’œuvre. Pour qu’un jeu soit bon, il ne suffit pas qu’il soit beau, encore faut-il qu’il soit amusant. Evidemment, les premières parties sont sympathiques et on s’amuse beaucoup à déjouer les pièges du courant pour convoyer ces petits navires le long de la rivière sauvage.

Sauvage, mais pas très dynamique. Passé le cap de la première partie, on commence déjà à s’ennuyer. C’est long, poussif, répétitif et calculateur. Les actions sont toujours identiques, les tours traînent en longueur et on n’a pas réellement de motivations à chercher des noises à ses camarades de descente. Il manque une vraie dimension d’amusement dans ce jeu. C’est plat ! Un comble pour un jeu qui veut simuler les périlleuses chutes du Niagara !

Le Spiel des Jahres visant à primer un jeu qui plaît à l’ensemble de la famille, on peut comprendre le choix effectué ici. Niagara a effectivement tout pour plaire au plus grand nombre : il est beau, facile d’accès, le thème est accrocheur et les mécanismes sont amusants à découvrir. Mais voilà, la rejouabilité est un élément essentiel pour faire un excellent jeu. Or, Niagara souffre de graves lacunes à ce niveau. Il lui manque un petit quelque chose donnant envie d’y revenir, d’y replonger tête baissée pour refaire une partie.

C’était bien ? Oui, mais si on faisait autre chose maintenant !

Pour terminer, notez qu’il existe une extension pour ce jeu. « Flussgeister am Niagara ». Elle rajoute entre autre la possibilité d’inclure un sixième joueurs et quelques variantes pour le jeu de base. Je n’ai pas eu la possibilité de tester cette extension, je ne prononcerai donc pas d’avis certifié. Toutefois, à la lecture de son contenu, je reste sceptique quand à la probabilité qu’elle rende le jeu de base plus dynamique ou plus amusant !

 
  • Un matériel fort au service du thème et des rouages du jeu.
  • Vraiment familial.
  • Les yeux émerveillés des enfants face à une telle merveille.
 
  • Les parties traînent en longueur.
  • Ennuyeux après seulement quelques parties.
  • Rejouabilité vraiment très faible, voire nulle.

Peu Captivant