Niagara

Je suis assez fan des jeux Zoch qui savent développer jusqu'au bout de belles idées accompagnées d'un matos irréprochable: Piques plumes, Reine Rainette, Iglu pop…

Et là encore une fois le matos est grandiose et sert complètement la mécanique: l’écoulement inexorable d’un fleuve vers des chutes. Outre les disques de plexi (cases de jeu sur lesquels nos bateaux se placent) qui se décalent à chaque fin de tour, pas mal de petites choses accentuent cette thématique:

- l’épuisement des pierres précieuses dans les cavernes les plus proches, conduisant les bateaux à s’éloigner de plus en plus (plus de possibilités de s’accrocher aux parois en chipant des pierres)

- le bras de la rivière, provoquant un éloignement rapide des pontons de départ (et donc plus difficile est la remontée), mais plus « paisible » après le bras, ce qui permet de survivre, préparer sa remontée et chiper les pierres plus difficiles

- la main qui s’épuise de plus en plus, laissant de moins en moins de choix à nos canoës ramant contre le courant

- le facteur météo qui donne un peu de chaos et de piquant, empêchant les calculateurs de tout prévoir et accentuant la part de bluff. Commencer par un nuage par exemple permet de limiter l’ouverture avec un 2 et prendre un trop bon départ…

- le système de vol de pierres astucieux (limite vicieux) qui force à regarder un minimum sa position par rapport aux canoës encore en aval, potentiels voleurs, avant d’attaquer une remontée…

Bien sûr le jeu est tout sauf complexe, parfaitement fluide, voire coulant, juste bien supporté par des petits mécanismes qui contribuent au plaisir et à l’interaction (via le nuage, le choix des numéros de tuiles, les stocks et le vol).

C’est typiquement le jeu où je ne joue vraiment pas pour gagner, juste pour amener des situations rocambolesques… Surtout que les situations changent pas mal en fonction des personnes avec qui l’on joue, ce qui renouvelle suffisamment pour me rendre heureux… Bien sûr le jeu ne casse pas 3 pattes à un canard niveau réflexionnement (Jean-Pierre), mais que c'est bon parfois de revenir en enfance parfois :P

 
  • Le courant et la météo qui pousse toujours les canoës vers la chute
  • L'épuisement des actions possibles: griller une action forte ou attendre pour se tirer d'une situation plus délicate
  • Le vol pour compliquer la remontée
  • Le bras de la rivière qui apporte une tension perpétuelle (on descend vite mais reste à la limite des chutes plus longtemps)
 
  • Le renouvellement des parties

Très Bon