Santiago

Le matériel est jolie et le jeu peu cher. L'éditeur fournit des billets de 50 escudos qui ne servent pas et bien trop de billets de 20. Ce n'est pas génant vu que l'on ne manque pas de billets, mais c'est curieux. Le titre ne correspond à rien : Santiago comptait déjà 300000 habitants début XXe ! Alors les champs de patates, de bananes...

La phase d'achat aux enchères est très riche : les joueurs achétent certes une tuile, mais également leur position dans le tour. Cela permet quelques stratégies en fonction de votre position : par exemple, jouer derrière Machin qui, vous le savez, va prendre tel champ qui ne vous interesse pas, permet de miser moins que lui et avoir tout de même la tuile que l'on souhaite.

Durant ce tour se détermine également qui sera le creuseur de canaux. Je ne suis pas tout à fait convaincu du système. Le creuseur de canaux est souvent le premier à faire une offre nulle. Lors d'une partie, ce titre passa de main en main dans le sens du tour vu que la phase d'achat commence à gauche du creuseur de canaux. Le premier à parler disait "0" et la question du creuseur de canaux était réglée (on ne peut dire moins et il est interdit de dire autant). Etre creuseur de canaux permet d'avoir quelques revenus et le dernier mot sur là où se trouvera un canal. Ce poste est à prendre au moins une ou deux fois par partie.

Les phases de poses des tuiles sont tactiques. Le choix d'un lieu dépend de l'idée qu'un joueur a du choix que vont faire les autres joueurs qui suivent en fonction à la fois de ce qu'ils ont achetés et du lieu le plus probable d'irrigation pour le coût le plus faible. Il est également possible de bloquer un champ pour éviter qu'il ne s'étende d'avantage. Enfin, c'est une phase de comptable, car il va falloir compter ce que vous allez gagner à aggrandir tel ou tel champ et ce que vous allez faire gagner aux autres. A tout moment du jeu, il est possible de savoir qui est en tête : cela permet d'orienter ses stratégies en favorisant les joueurs en retard et en évitant d'aider ceux en tête. Cela permet également d'argumenter dans la phase d'irrigation sur le thème : "tu ne vas pas l'aider, il gagne !".

Des négocitions apparaissent lors de la phase d'irrigation proprement dites : c'est ce que je préfère dans ce jeu. Le creuseur de canaux a pour objectif de gagner un maximum d'argent ou de placer lui-même un canal à coup sur pour le coût minimum. Les champs non irrigués sont condamnés à disparaitre et un bon achat peu se perdre ici. Cette phase rend crédible le thème jusqu'alors assez artificiel et donne pas mal de son ambiance au jeu.

Le jeu est donc subtil et interactif quoique simple et relativement court. L'association d'enchères et de négociation suffit à donner de l'ambiance autour de la table, malgré le temps passer à compter les valeurs des champs. La richesse tactique et stratégique est bien là même si Santiago reste limité en la matière.

Le jeu Santiago m'a été offert par Gigamic.

Sympathique