Premières Impressions de Xavo

De 1 à 2 parties jouées - 10 septembre 2019
 
Indispensable
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J'ai eu envie d'écrire cet avis car je me suis vraiment fait plaisir durant cette première partie. Je vous situe le cadre : le festival Ludimania (Dijon), un samedi soir de 2019, une table dédiée à Seeders from Sereis - Episode 1 : Exodus (on va dire Exodus) et animée par un des auteurs. Ce dernier nous explique le jeu clairement, rapidement. Il est très disponible et vraiment sympa. Je me suis assis à la table d'Exodus, fatigué par la route et la journée sur le festival, curieux, juste pour essayer le jeu. Quatre heures plus tard, j'y étais encore ! Mais pourquoi donc ?

Comme à mon habitude, je vais commencer par l'édition. Nous avons joué à une version "démo" avec une jolie nappe en guise de plateau. Pour le reste, tout était similaire à la version commercialisée. Le matos est très complet et bien pensé. La boite permet même d'accueillir les boites des extensions du jeu. J'ai feuilleté la règle qui m'a parue claire : mais je n'ai pas eu à la lire, l'auteur est resté avec nous tout du long. Le design est cohérent et qualitatif... après tout n'est question que de goût. Le tout est fabriqué et assemblé en Pologne, seules les pièces plastiques viennent de Chine (au prix d'un transport international polluant et de conditions de travail plus difficiles).

Le jeu est la première brique d'un projet dingue : dix jeux dans le même univers (créé par les auteurs et opensource) qui formeront à la fin un unique jeu sur un mode "legacy". Comme son nom l'indique, Seeders from Sereis - Episode 1 en est le premier opus.

Exodus est un europatrash : il empreinte des mécanismes aux jeux type kubenbois pour créer un jeu compétitif et au thème très présent. Les règles sont assez vite assimilées (mais je rappelle qu'un des auteurs nous a assisté) et le jeu tire sa profondeur essentiellement du système de cartes, cartes réparties en différentes factions. C'est ce que j'appelle un jeu post-moderne : thème fort, mécanique épurée et profondeur tactique/stratégique. Le jeu a nécessité quatre ans et demi de développement.

Draft, système de majorités, combo de pouvoirs et gestion de main de cartes sont les principales mécaniques du jeu. Ces dernières sont liées au thème : par exemple, le jeu de majorités sert à jouer de son influence pour obtenir des modules ou des personnages, voire des ressources et mime ainsi le monde de la politique et des lobbys.

Le jeu est très méchant. Un de mes amis a eu la mauvaise idée d'être en tête à la moitié du jeu (fin du deuxième tour), tout en état très offensif envers tout le monde ... et il a été presque complétement dépouillé par les trois autres au tour suivant. Exodus deviendra pour cette raison par moment un jeu de diplomatie au sens large du terme (c'est-à-dire un jeu où l'on négocie mais aussi un jeu où nos actions influencent les relations avec les autres joueurs). Le principe - bien connu des joueurs des vieux jeux dits "de simulation" des années 90 - est de ne surtout pas jouer le lièvre en faisant la course en tête, mais de s'abriter dans son ombre, en évitant de participer aux agressions. Pour cela, il ne faut jamais cesser de dénoncer le premier, tout en démontrant son infériorité au score et son incapacité à nuire. Habitués des jeux à l'allemande où tout s'équilibre et où les interactions sont maitrisés : attention ! Ici, l'injustice et la violence sont deux principes souverains.

Et ça fait du bien ! J'avais adoré, il y a quelques années, Kemet, jeu de conquête qui obligeait à combattre ses voisins pour gagner des points de victoire, créant ainsi des sensations nouvelles au joueur blasé que je suis (parfois). De la même façon, j'ai été complétement séduit par la radicalité d'Exodus : les auteurs n'ont absolument pas cherché à rendre le jeu "gentil", bien au contraire ! S'ils permettent aux joueurs de se défendre, ce n'est jamais totalement : les choix sont cornéliens pour protéger ses cartes stratégiques et, donc, potentiellement sacrifier les autres. Tout cela m'a procuré un vécu peu commun, me replongeant dans mes vieilles sensations ludiques des années 90, le tout avec des règles plus simples et une durée de partie bien moindre.

Notre partie a vraiment duré 4 heures. Cela peut paraitre long, mais il s'agit d'une partie de découverte. De plus, il nous fallait gérer les repas et les enfants présents avec nous sur le festival. Je pense que l'on peut faire beaucoup plus court.

Nous n'avons pas jouer en conservant des cartes d'un tour sur l'autre lors de cette partie d'apprentissage car nous n'aurions pas su quoi garder. Cette règle me semble indispensable pour assoir la dimension stratégique du jeu et éviter à quiconque d'être hors-course. Il est en effet a priori toujours possible de se refaire, selon les auteurs, surtout que l'on est alors plus la cible de personne une fois son jeu amoindri.

Pour conclure simplement, je vous dirai juste que vais acheter ce jeu. Le premier achat pour moi en 2019 : je suis devenu très sélectif. Comme il est en partie fabriqué à l'autre bout du monde, je vais me le procurer d'occasion : vous savez ma sensibilité sur ce sujet. Je vais y rejouer et je viendrai finaliser cet avis. En attendant, je souhaitais vraiment partager avec vous mon enthousiasme.

 
  • Très agressif
  • Théme soutenu par la mécanique
  • Richesse tactique et stratégique
  • Post-mioderne
 
  • Pièces plasqtiques fabriquées en Chine

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