Thème du jeu


Les joueurs se glissent dans le rôle de Jakob Fugger. Ils commencent par prêter leur argent à 5 nobles, avant de les contacter pour faire valoir leurs droits. Plus la somme qu’ils ont prêtée est importante, plus ils ont de chances d’en récupérer une partie – sous forme de privilèges. Grâce à ces privilèges, les joueurs continuent à accumuler des richesses, obtiennent des fonctions de plus en plus importantes ou empochent les points de prestige décisifs pour le jeu.
Le vainqueur est le joueur qui a le plus de points de prestige à la fin du jeu.
 

Description du jeu

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But du jeu

Le but du jeu est d'obtenir le plus de points de prestige.
Les joueurs vont donc rendre visite à des nobles afin de leur remettre des lettres de créances pour obtenir des privilèges : échelons et droits.

Mise en place

Les joueurs reçoivent 1500 guilders, 2 cartes "joker" et 7 cartes "lettres de créances". Les joueurs paient les cartes "lettres de créances" qu'ils souhaitent garder et défaussent les autres.
Les tuiles "échelon" et "droit" sont mises en place en enlevant les tuiles inutilisées en fonction du nombre de joueurs.
Cinq cartes "privilèges" sont mises face visibles à côté du plateau, les cinq autres sont mises de côté pour le tour suivant.

Déroulement de la partie

Le jeu se déroule en plusieurs tours.
Chaque tour est divisé en cinq enchères.

Elles sont de deux types.
Les quatre premières enchères (Philipp, Louise, Léo, Maria) nécessitent des cartes de la couleur de l'enchère, auxquelles il est possible de rajouter des jokers, pour pouvoir miser.
La cinquième enchère (Maximilian) permet d'utiliser des cartes de toutes les couleurs.

Chaque enchère s'effectue en misant un certain nombre de cartes (quelque soit sa valeur). Il est possible de "suivre" la mise précédente, de "monter" si l'on a pas encore misé ou si tout le monde n'a pas suivi, ou de se coucher.

Celui qui a misé le plus grand nombre de cartes remporte l'enchères. En cas d'égalité, c'est celui qui a la plus forte carte qui gagne. Les second et troisième gagnent respectivement 100 et 50 guilders. Seul le vainqueur défausse ses cartes.

Ce joueur peut alors utiliser deux des trois privilèges contenus sur une des cartes "privilèges" encore disponibles. La carte est alors défaussée.

Il existe trois types de privilèges :

 Comptoirs (jaune), qui permettent d'augmenter ses revenus. Il n'y a pas de droit associé à ce privilège. Certaines cartes comportent un privilège spécial consistant à gagner uniquement 500 guilders.

 Titre de noblesse (orange), qui permettent de gagner plus de points de prestige. Il y 2 droits associés à ce privilège : "blason" et "lettre de noblesse", accessibles respectivement à l'échelon 3 et 4. Ces deux droits permettent de gagner plus de points chaque tour. Certaines cartes comportent un privilège spécial consistant à gagner uniquement 7 points.

 Fonctions (mauve), qui permettent de gagner plus de cartes. Il y a 2 droits associés à ce privilège : "monnayeur" et "architecte", accessibles respectivement à l'échelon 3 et 4. Le premier droit permet de toucher une carte gratuitement chaque tour et le second de construire gratuitement l'église ou la cathédrale si l'on remporte une enchère. Certaines cartes comportent un privilège spécial consistant à piocher deux cartes et à en rejeter une de sa main.

Chaque type de privilège comporte 4 échelons. Si un échelon n'est plus disponible, il faut le prendre à un autre joueur. Ce dernier reçoit une compensation de 1 point ou 100 guilders.

Le plateau individuel

L'église et la cathédrale permettent de franchir respectivement les limites des 25 et des 45 points. Il est possible de les construire en payant leur coût si l'on dispose du Baumeister et que l'on remporte une enchère, ou en dépensant un privilège mauve.

Un joueur peut préférer marquer deux points plutôt que d'obtenir un privilège.

A la fin d'un tour, chaque joueur touche le nombre de Guilders, points de prestige et cartes associées à leur échelons et droits. Les cartes que les joueurs souhaitent garder devront être payées et les autres défaussées.

Fin de la partie

La partie prend fin au bout d'un nombre de tour déterminé par le nombre de joueurs.
 
Descriptif rédigé par Xavo
 

L'avis de Xavo

De 6 à 10 parties jouées - 2 décembre 2006
 
Très Bon
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Commençons par le matériel : fidèle à leur réputation, les allemands d'Alea fournissent un matériel de qualité et complet. Le talentueux graphiste, Czarnè, à qui l'on doit déjà les magnifiques cartes de Marquis par exemple, a réalisé un joli travail sur les cartes et la boite, les tuiles n'étant pas illustrées. On pourra juste reprocher au plateau un petit défaut d'ergonomie : les "droits" sont en haut de colonne, alors que certains sont accessibles avant d'avoir obtenu tous les "rangs". Le matériel comporte quelques mots d'allemand mais c'est quasiment sans importance. Enfin, le thème est ultra-plaqué. Rien de bien grave.

Karsten Hartwig a déjà réalisé Chinatown pour Alea. L'auteur a réussi le pari de renouveller quelques peu le jeu d'enchères grâce à Augsburg 1520.

Les enchères se règlent en effet en deux temps pour chacune des cinq enchères. Tout d'abord, il y a plusieurs tours d'enchères sur le nombre de cartes offertes. Puis parmi les ex-eaquo en nombre de cartes, celui qui a la carte la plus forte remporte l'enchère. Ainsi, une seule carte trés forte dans une couleur ne suffit pas à gagner, il faut également avoir plusieurs cartes de la même couleur, ou des jokers, pour la mener jusqu'à la fin de l'enchère. Ceci contribue à diminuer l'influence du tirage.

Il est trés rare de gagner au nombre de cartes : il y a le plus souvent des égalités et le départage se fait à la valeur de la carte la plus forte.
Pourquoi ? Comme je l'ai dit, si tous les joueurs ont suivi (personne ne propose un nombre de cartes supérieur), les cartes sont dévoilées. Le joueur à avoir fait l'offre suivie par les autres ne peut lui-même plus surenchérir.
Un point de règle attribue de l'argent aux joueurs en seconde et troisième positions sur les enchères : ils ne perdent pas leurs cartes et en plus gagnent un peu d'argent. Il est intéressant de toujours suivre, en utilisant les jokers avec une carte même faible, simplement pour remporter un peu d'argent et parce que l'on a rien à perdre.
Les enchères ont bien pour principe de porter sa carte la plus forte à la conclusion et gagner une enchère en misant plus de cartes que les autres restent une exception.

Et c'est tant mieux car les enchères doivent être disputées à Augsburg. Les joueurs gagnent peu d'enchères au cours d'une partie et obtenir des privilèges pour peu de cartes, voire pour une seule carte, est un avantage important. Ainsi, être le seul à posséder des cartes d'une des cinq couleurs permet de faire d'importantes et décisives économies. Le jeu à deux ou trois joueurs fonctionnent pour cette raison un peu moins bien que celui à 4 ou 5 joueurs. Le jeu à deux me semble particulièrement sensible aux tirages des cartes et revenir sur un adversaire plus chanceux au départ sera difficile (car il aura ensuite plus de cartes et d'argent).

La grande force d'Augsburg 1520 n'est pourtant pas dans son système d'enchères mais dans son système de points de victoire (de prestige, pardon !). Il existe deux enjeux majeurs dans le jeu. Le premier concerne les droits Wappen (blason) et Adelsbrief (lettre de noblesse).
L'obtention de ces droits a donné à l'auteur l'occasion d'introduire une petite subtilité : il faut en effet avoir le statu suffisant pour y prétendre. Mais ces status sont en nombre inférieur au nombre de joueurs. Ils passent donc de main en main. Ainsi, si vous remportez une enchère pour prendre le statu supérieur, vous pouvez trés bien ne pas pouvoir en profiter pour acheter le droit associé, si le statu vous est repris suite à l'enchère suivante. Il faut donc calculer son coup pour pouvoir acquérir statu et droit sans que les autres puissent vous gêner.
Les premiers à obtenir des droits gagnent plus de points que les seconds et ainsi de suite. Ils sont donc un enjeu crucial pour faire la différence en terme de points de prestige.
Une fois obtenu, ces droits vous rapportent des points jusqu'à la fin de la partie. Le problème, et ce sera le second enjeu majeur de la partie, est que vous devez acheter l'église pour dépasser les 25 points et la cathédrale pour dépasser les 45 points. Si vous voulez que vos droits vous profitent chaque tour, il faut donc prendre en compte ces deux limites trés rapidement et faire des économies.
En théorie, il suffit de gagner 4 enchères pour acquérir les meilleurs droits en terme de prestige et l'église et la cathédrale. En pratique, il faut aussi chercher à gagner de l'argent ou des cartes pour rester dans la course durant les enchères. Il reste qu'il est tout à fait possible de faire des tours "à blanc" à 4 ou 5 joueurs, en continuant de marquer des points et en renforçant sa main ou en faisant des économies. Le système de points de victoire de Augsburg créé cette particularité : toutes les enchères ne sont pas bonnes à prendre. Ce double enjeux fait de Augsburg 1520 un jeu d'enchères stratégique où votre victoire se contruit sur le long terme.

Dans ce type de jeu, il peut arriver que malgré tout vos efforts, vous échouez à remporter une enchère et les privilèges qui vont avec car un joueur aura misé sur la même enchère que vous avec plus de chance aux cartes. A cinq, ceci risque d'arriver plus souvent qu'à moins de joueurs. Au vue de ce qui a été précedemment dit pour les parties à deux joueurs, l'idéal est de jouer à trois ou quatre joueurs si vous n'aimez pas l'aléa (sans jeu de mot).

En résumé, Augsburg 1520 est un trés bon jeu d'enchères, surtout à 3 ou 4 joueurs, subtil et novateur, au matériel satisfaisant, au thème plaqué et qui demande un peu de temps pour être maitrisé.

 
  • Système d'enchères
  • Système de points
 
  • Ergonomie du plateau
  • A deux joueurs
  • Thème
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L'avis de Grunt

De 3 à 5 parties jouées - 12 février 2007
 
Très Bon
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Augsburg est somme toute un jeu d'enchères plutôt classique qui ne va certainement pas briller par son originalité: une austérité allemande, un design plutôt raté (il était assez facile d'iconifier les choses pour le rendre plus international, les finitions ne sont pas parfaites). Oui quand on parle d'Alea, on reste souvent (trop) exigent.

Mais j'avoue avoir un petit faible pour lui parce que pleins de petites idées lui donnent un certain charme :

- le pas d'enchères est relativement faible puisqu'on parie en nombre de cartes (avec départage sur la valeur de la plus forte), ce qui permet soit de monter haut en nombre quand on est riche en petites cartes (pour faire coucher les autres), soit rester sur un seuil espérant gagner le départage avec une carte forte ou au contraire viser la 2ème ou 3ème place pour grapiller quelques sous (surtout quand pour remplir le nombre de cartes requis, on utilise des jokers onéreux)

- le blocage sur la piste de score à 2 paliers différents: si on a pas construit l'église puis la cathédrale, on ne pourra marquer plus de 25 ou 45 points respectivement. Sachant que le premier à construire paie le batiment le plus cher, il y a de quoi réfrener les ardeurs du joueur de tête. Bref un mécanisme astucieux et imbriqué pour freiner un côté trop win to win.

- la montée en puissance des 3 voies (argent, points et pouvoirs/cartes) et le va et vient continuel des niveaux (puisque leur accès est limité, il faudra aller les piquer aux autres); autant le rush dans l'argent et les cartes peuvent se révèler salutaires (d'ailleurs je pense qu'il faut faire l'un des 2), autant le rush dans les points même si puissant est délicat à gérer en début de partie. Il faudra alors savoir ménager la chèvre et le chou, et ne pas négliger trop une voie par rapport à l'autre, ne pas creuser un écart trop important avec les autres.

A Augsburg on pourra faire des tours relativement à blanc, sans acheter grand chose: il faudra juste s'assurer que les autres paient suffisament chers pour pouvoir revenir le tour suivant... Les jokers sont là pour assurer de ne pas laisser une enchère à un prix trop bas, mais au risque de les perdre si on pousse un peu trop.

Un petit regret: le dernier tour est assez étrange la première partie (on parie toutes nos cartes restantes sans trop réfléchir), moins quand on est prévenu. Ne pas donner quelquechose pour le joueur le plus riche et celui qui a le plus de cartes en main (voir dans chaque type) aurait pu désystématiser un peu ce dernier tour (au prix d'une petite complexité additionnelle).

Augsburg a peu fait parler de lui et depuis San Juan, c'est de loin celui qui me plait le plus chez Alea.

 
  • Enchère au nombre de cartes (puis à la valeur des cartes)
  • Crans sur la piste de score
  • La gestion des jokers qu'on veut conserver tout en les utilisant
 
  • Design du jeu
  • Pas très original
  • Dernier tour un peu étrange
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L'avis de Deepdelver

De 6 à 10 parties jouées - 23 mars 2011
 
Très Bon
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D'habitude, je ne suis pas vraiment un adepte des purs jeux d'enchère (par exemple, Modern Art, j'y arrive pas). Mais celui-ci, il m'a tout de suite plu. Pourquoi ? Sûrement parce qu'il y a des récompenses pour les "perdants".

Je m'explique. A chaque tour d'enchère, on ne peut jouer qu'une couleur de cartes (sauf la dernière enchère, on peut jouer avec tout), et cela s'apparente au poker : on peut suivre l'offre en cours, en plus du surenchérissement et de la passe. Dans ce cas, le joueur plaçant la plus forte carte remporte l'enchère, les autres ayant une compensation financière (et des fois on ne mise que pour ça).

La récompense de l'enchère est une progression, soit pour gagner plus d'argent en fin de manche (car on achète les cartes d'enchère), soit pour marquer plus de points en fin de manche, soit pour recevoir plus de choix de cartes. Et c'est difficile de concilier les trois aspects (à chaque résultat d'enchère, il n'y aura que 2 améliorations possibles parmi 3).

De plus, et c'est l'autre originalité du jeu, c'est qu'il ne suffit pas d'engranger les points. En effet, il y a deux paliers à franchir : la construction d'une église permet de passer la barre des 25 points, une cathédrale édifiée parmet de dépasser les 45 points. Et c'est à faire dans l'ordre ! Et la construction de ces édifices est conditionné au gain d'une enchère, d'avoir suffisamment d'argent, et de prendre une amélioration particulière. Vraiment pas si simple. Donc, si vous décidez de partir sur les points, vous risquez de vous retrouver rapidement bloqué, n'ayant pas assez développé les autres compétences.

Enfin, ce jeu est relativement rapide (une bonne heure), mais il peut être répétitif à 5 joueurs, voire 4 (6 ou 7 manches de 5 enchères). De plus, il faut bien reconnaître que les cartes d'enchères étant piochées, le hasard des cartes reçues peut frustrer.

 
  • Enchères style poker : on peut suivre l'offre en cours
  • La récompense pour les suiveurs perdants de l'enchère
  • Les paliers de points à franchir
 
  • Plateaux de jeu très fonctionnels
  • Hasard dans la pioche des cartes
  • Risque de sentiment de répétitivité à 4-5 joueurs
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