Thème du jeu


An 1200, la cathédrale de Troyes sort de terre et ne sera achevée que 400 ans plus tard, après d’innombrables péripéties. Ce jeu vous invite à parcourir ces 4 siècles d’histoire en participant à l’essor de l’une des plus remarquables villes médiévales, qui a marqué à jamais la culture occidentale. La société est alors organisée autour de trois ordres : les nobles, les religieux et les paysans. Les nobles constituent la force militaire dédiée notamment à la protection des terres et à la justice. Les religieux sont les guides spirituels de la communauté, ils contribuent à maintenir et à développer les connaissances et la culture. Les paysans et artisans sont quant à eux très peu considérés alors que leur dur labeur est essentiel à la vie de toute la population.

Cela ressemble à quoi ?


Troyes - 1
Troyes - 2
 

L'avis de LudiGaume

1- De 6 à 10 parties jouées - 25 novembre 2010
 
Top à LudiGaume
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Avertissement sur ses notations

Troyes auteurs :

• Sébastien, qui place pour la première fois son nom sur une boîte et quelle boîte. Un auteur plein d'audace au point d'éditer lui-même le jeu.
• Alain, qui nous a offert Santy Anno, un jeu bien différent de celui-ci mais déjà plein d'originalité.
• Xavier, qui lui a démontré tout son talent dans deux jeux de haut niveau: Palais Royal et le terrible Carson City.

Troyes raisons d'aimer :

• un thème original et illustré de main de maître. Des illustrations qui collent à 100% au thème et à son époque.
• un système de gestion des dés original, innovant et terriblement retord. Le cœur du jeu qui offre une grande interactivité entre les joueurs.
• des parties qui se renouvellent à chaque fois grâce au tirage des dés, des événements et des objectifs. Chaque partie est réellement différente et demande à chaque joueur un investissement total dans la partie.

Troyes raisons de ne pas aimer :

• les dés et leur hasard qui pourrit la vie de certains joueurs. Mais dans Troyes, on a un peu plus notre sort entre nos mains car les points de compétences peuvent inverser la situation.
• trop complexe. Oui, un jeu complexe lors de la première partie, le temps d'assimiler la mécanique et les différents effets. Mais rien d'insurmontable et souvent une révélation dès la seconde partie.
• les objectifs. Quatre sur six sont en jeu et pour certains cela correspond plus à une loterie qu'a un réel investissement durant la partie. Mais, j'ai envie de rétorquer que durant la partie chacun est capable de voir, de sentir la tendance que chacun prend, ce qui révèle souvent leur objectif. Et puis, il faut savoir prendre des risques.

Troyes raisons subjectives de ma part :

• les dés, j'adore cela quand ils sont mis en valeur et offre la tension durant toute la partie. Yspahan m'avait déjà donné ce plaisir. Troyes me l'offre à nouveau et avec encore plus de contrôle.
• la complexité, que j'aime quand elle est contrôlée, nivelée correctement. C'est le cas dans Troyes car il est accessible dès que l'on s'investit un peu. Et alors on se rend compte que c'est une petite merveille.
• Sébastien, un ami découvert par hasard et grâce à notre passion commune. Un ami qui a rejoint l'équipe LudiGaume. Un passionné qui mérite son succès et à qui je souhaite une bonne continuation dans son nouveau métier d'éditeur/auteur.

Troyes LudiGaume d'Or

 
  • Les illustrations qui concordent avec le thème
  • La gestion des dés
  • Le renouvelement continu des parties
 
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L'avis de Grunt

2- De 3 à 5 parties jouées - 28 mars 2011
 
Indispensable
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Troyes m'a fait un peu peur initialement: on a l'impression que beaucoup d'éléments s'additionnent au fur et à mesure de l'explication des règles.

Il y a 3 domaines: religieux, civil, militaire avec leurs cartes spécifiques, leurs dynamiques par rapport à l'argent et au placement, leurs finalités propres... Il y a des événements qui vont perturber les plans. Il y a moultes dés lancés qui vont contraindre plus ou moins les choix (mais qui comme le hasard de la pioche à Brass force à chercher des solutions différentes, hasard qui est peut-être le seul élément qui manque à Caylus un autre jeu de gestion). Au fur et à mesure de la partie, les lieux d'actions vont devenir de plus en plus nombreux et les "combos" plus variées. Il y a des personnages secrets qui orientent légèrement notre stratégie sur le long terme...

De cette forte densité initiale, quelques tours suffiront à faire disparaitre les doutes, tant la cohérence et la fluidité se révèlent travaillées: la logique intrinsèque du tout nous mène à la compréhension, et on se laisse guider par la relative simplicité du jeu (pour ce calibre). Une juste mesure des bâtiments différents, des personnages et des évènements feront que les partie se renouvellent sans pour autant nous perdre.

On s'amuse vite alors à jouer avec les "monnaies" pour trouver les actions opportunistes qui nous mèneront doucement vers la victoire, et qui est au cœur d'une interaction permanente, et d'une frustration nécessaire à tout bon jeu: frustration qui paraitra parfois injuste par rapport à l'ordre du tour (notamment à 4 joueurs), mais qui au final s'anticipe et s'appréhende avec un peu d'expérience.

Les retournements de situations seront nombreux, les gens vont "couiner" autour de la table, et pour un jeu de gestion "à l'allemande" (par essence froid), c'est plutôt rafraichissant. Caylus sans le prévôt n'aurait pas le même sel, et l'achat de dés, central à Troyes, participe ainsi à en faire un jeu avec ce petit supplément d'âme, où l'on joue autant contre soi qu'avec les autres, une notion parfois un peu oublié dans les jeux de ce type où l'optimisation brute est de mise.

Pour un coup d'"essai", c'est un coup de maître.

 
  • Le mécanisme central des dés
  • La cohérence de l'ensemble entre événements, personnages secrets et pouvoirs des bâtiments
  • La gestion des monnaies, comme liberté pour contrebalancer le hasard des lancés
 
  • Le Marchand aurait pu être exprimé plus clairement (diviser par 2 pour multiplier par 2): comment ça? on est dans le détail? ;)
  • Le côté injuste de l'ordre du tour quand les dés disparaissent rapidement (qui s'atténue, ou plutôt s'appréhende, avec l'expérience)
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L'avis de Deepdelver

De 6 à 10 parties jouées - 30 mai 2011
 
Top à Deepdelver
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Je me souviens encore de ma première partie, jouée sur le prototype, avec l'explication d'un des auteurs : nous jouions sur des feuilles avec des dessins on ne peut plus simple, les quartiers étaient symbolisés par de grands disques en carton et, bien sûr, tout n'était pas encore réglé. Nous avions eu beaucoup, beaucoup de mal à entrer dans le jeu, submergés que nous étions par les événements. Après 2 tours et pas loin de 90 minutes de jeu, nous avons arrêté notre calvaire et... je menai, alors que je me plaignais d'avoir des résultats sur mes dés désastreux. Bref, il y avait de bonnes idées, mais j'attendais la version définitive.

Quand celle-ci est sorti, déjà j'ai été ébloui et conquis par les illustrations moyenâgeuses parfaitement dans le thème. Et je sentais à la lecture des règles que tout avait été réglé au poil.

Au final, nous avons un jeu hautement stratégique régi par des dés. La première utilisation des dés sert à utiliser les cartes activité (bonne occasion pour réviser ses divisions, d'ailleurs) et à contrer les événements. Certes, dans ses cas-là, il faut mieux avoir de fortes valeurs, d'où l'idée simple mais géniale d'acheter les dés de ses adversaires. Mais les petites valeurs ont aussi leur importance, pour se placer dans les différents bâtiments de la ville.

Une des nombreuses autres bonnes idées concerne les personnages des joueurs : secrets tout au long de la partie, TOUS les joueurs marqueront des points avec ceux-ci : il faut donc deviner les intentions de ses adversaires, tout en lançant (ou pas) de fausses pistes de votre côté.

Il y aurait encore de nombreuses choses à dire sur ce jeu, je finirai simplement en évoquant les 3 classes sociales :
- le religieux vous permet d'améliorer l'utilisation des lots de dés que vous constituerez;
- le militaire est bien entendu plutôt orienté vers la lutte des événements, et plus généralement sur la prise d'influence;
- le civil vous permet de gagner de l'argent dans un premier temps, de l'influence ensuite;
- enfin, ne pas oublier que la troisième carte de chaque type vous procurera de nombreux points.
Privilégier l'un ou l'autre de ces domaines vous oriente dans une certaine stratégie, mais le jeu est suffisamment flexible pour ne pas vous enfermer dans un carcans.

 
  • Les multiples utilisations des dés, et l'enrôlement de ceux-ci chez les adversaires
  • Les personnages, secrets mais aussi communs
  • Les illustrations qui vous immergent dans le jeu
 
  • Des petites valeurs répétées sur vos dés peuvent vous freiner
  • Comprendre la symbolique des cartes Activité n'est pas toujours simple
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