Edito de septembre 2007 - Représenter les actions

Le système de choix des actions de Caylus (a-t-il des prédécesseurs ?) semble faire des petits avec les sorties de Die Saulen der Erde, Leonardo Da Vinci et Age Of Empires 3. Ce système consiste à attribuer un certain nombre d'actions aux joueurs représentées par des poins. Ces actions sont représentées sur le plateau par des cases qui spécifie la nature de l'action. Ces derniers vont choisir de réaliser telle ou telle action à leur tour en plaçant un marqueur (ouvrier...) sur la case associée à l'action. Chaque case possède un mode d'interaction différent : exclusif (dès qu'un joueur est posée dessus, l'action n'est lus disponible pour aucun autre), majoritaire (celui qui est le plus nombreux réalise l'action), temporelle (dans l'ordre d'arrivée), éjectant (celui qui arrive sur la case éjecte celui qui y est), libre (chacun y va librement)...etc.

Basari puis Edel, Stein & Reich ont proposé un système où les actions sont représentées par des cartes. Chaque joueur possède le même nombre de cartes et donc toutes les actions possibles. Chaque joueur en joue une face cachée. Des conflits peuvent apparaitre quand les cartes sont révélées car certaines actions ne peuvent être réalisées par plus d'un joueur. La résolution des interactions entre les joueurs concernant ces actions se fait via des enchères où un joueur réalise l'action et l'autre encaisse le montant de l'enchère de son adversaire.

Ce système me fait également penser au système basé sur les "rôles" : Puerto Rico, Citadelles ou Meuterer / Verrater. Les actions possibles sont également représentées par des cartes, cette fois-ci communes à tous les joueurs. Chaque joueur en prendra une, en privant les autres joueurs du même coup. L'ordre de réalisation des actions est fixe comme dans Caylus (chaque carte de rôle est numérotée indiquant l'ordre de résolution). La grande différence est que le système par rôle est uniquement exclusif et l'action unique : les autres systèmes d'interaction ne sont pas possibles.

De façon assez différente, il me rappelle aussi les jeux basés sur le système "card driven", comme ceux de Richard Borg (Battle Cry, Mémoire 44...). Les actions sont aussi représentées par des cartes. Dans les jeux de R. Borg, chaque joueur pourra exécuter une carte chaque tour. Chaque joueur possède son propre tas de cartes et un nombre de cartes définies par le scénario. L'interaction entre les joueurs est ici nulle concernant les actions et chaque joueur ne peut en réaliser qu'une par tour. L'interaction se joue ici sur le plateau de jeu représentant le champ de bataille et non dans la réalisation des actions.

Il faut également cité Wallenstein ou Shogun qui offrent aux joueurs d'associer un certain nombre d'actions précises, représentées par des tuiles, à leurs territoires. L'ordre de réalisation des actions est commun et tiré au sort à chaque tour. Chaque territoire ne peut recevoir qu'une action et prive ainsi les autres territoires : d'une certaine façon le système est exclusif pour le joueur qui doit mettre ses territoires en concurrence.

Les Princes de Florence et les jeux similaires (par ex. Emira) utilisent la représentation des actions : tout ce qui est possible d'être réalisé est représenté par une carte, une tuile ou un pion, chacun en nombre limité. Les joueurs se concurrencent quand ils prennent un objet du jeu. L'interaction est moins franche que dans le système de rôle ou celui de Caylus mais bien réel.

Représenter les actions que réalisera un joueur permet de créer des contraintes supplémentaires imposant des choix aux joueurs et donc renforce la richesse du jeu. Cela permet également de mettre en commun les actions possibles facilitant la mise en concurrence des joueurs pour la réalisation des actions. Le système "Caylus" est de ce point de vue très abouti et très ouvert : chaque case peut posséder un mode spécifique d'interaction. Cerise sur le gâteau : la représentation des actions facilite l'apprentissage du jeu. Qu'il soit adapté et enrichi n'est donc guère étonnant.

PS : Je compte sur vous pour compléter ce tableau de mes, forcément nombreux, oublis !
Par Xavo - 28 août 2007

6 commentaires

  1. scand1sk 08:27 13.09.2007

    Je connais au moins un prédécesseur à Caylus : Morgenland...

  2. Grunt 08:41 13.09.2007

    Je pense qu'historiquement, on ne peut pas parler de représentation d'actions, sans évoquer les fameux points d'actions de Kramer (Tikal, Java, Mexica, Torres) où les différentes actions ont un coût et fonctionne par pack fini dont l'ordre d'éxécution est libre (un peu comme quand tu parles de Shogun/Walenstein sauf que c'est programmé, ou les Princes sauf que chaque action coûte 1). Je sais pas si je suis très clair ou dans le sujet...
    Je pense aussi que la rondelle d'actions d'Antike/Impérial est une nouvelle représentation d'actions où l'on limite dans l'enchaînement et le rythme les différentes actions.

  3. Xavo 09:42 13.09.2007

    Eh oui... Morgenland ! Je suis passé au travers. Honte à moi.


    Concernant les jeux à points d'action, il y avait un paragraphe dessus que j'ai viré parce qu'ils n'offent pas de représentation des actions. Mais au début, c'était le coeur de l'édito : "Caylus est-il un jeu à points d'action ?". Et puis cela a évolué...

  4. Grunt 11:00 13.09.2007

    okie dokie

  5. Ludo le gars 22:11 13.09.2007

    Salut,

    Il me semble que way out West de Martin wallace correspond au truc : tu choisis une action et tu places un de tes marqueurs sur la case correspondante. Tu réalises l'action concernée. Elle n'est plus disponible pour les autres joueurs.
    De même, pour Bus chez Splotter.

  6. Dany 05:34 14.09.2007

    Mon premier commentaire sur ludigaume... Seulement pour ajouter Lowenherz que j'ai découvert récemment et qui est dans la même catégorie que
    Basari puis Edel, Stein & Reich,

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