Internet, la presse, l'argent à se partager

Rien ne se perd, tout se recycle. Voici quelques remarques sur l'antagonisme actuel entre presse papier et web, la problématique de la monétisation, l'engagement idéologique que comprend un abonnement, la nature de l'information et celle de l'offre et la demande. Dit comme cela ce n'est pas très engageant, mais ils s'agit en fait d' une discussion commencée sur l'un des forums de Tric Trac , reprise ici sous une autre forme et un peu retravaillée. Pour être clair, même si la question part de Tric Trac, il ne s'agit pas qu'un point de départ, un point à partir duquel on peut construire une réflexion sur le contexte actuel qui voit la presse et le web se débattre avec leurs problèmes d'argent.


Je n'ai pas vraiment d'opinion sur le passage au payant de Tric Trac, ni sur le prix de l'abonnement annuel. A vrai dire, je n'ai pas compris leur offre tarifaire multi-format, mais il est vrai aussi que je n'ai pas étudié les choses en détail non plus. Toujours est-il que je trouve l'entreprise passionnante, même si je peine à avoir un avis définitif sur la question. D'ailleurs, je leur souhaite le meilleur -- et là dedans j'inclus au passage des contradicteurs et des concurrents de qualité... Mais je voulais quand même réagir sur un point soulevé par le passage au payant, qui me semble par ailleurs symptomatique de l'époque, à savoir le fait que la presse magazine et internet soient renvoyés dos à dos et comparés.


Tout commence par un sujet dans le forum du site en question: "Du prix de l'abonnement annuel", où l'auteur tentait de comparer l'offre payante avec celles proposées sur d'autres sites (Mediapart, Arrêt sur image, etc.) Ce n'est pas inintéressant, mais délicat sur le plan méthodologique, puisque l'on oppose un site hyper-spécialisé, dont le public potentiel est restreint, proposant énormément de vidéos, des services et un peu de fond (Tric Trac) avec d'autres, plus généralistes, plus importantes aussi en termes de salariés qui proposent essentiellement de l'écrit. Je ne sais pas s'ils sont comparables...

Toujours est-il que je suivais distraitement la chose, jusqu'à ce qu'une modératrice du site intervienne à titre personnel:

"Un magazine mensuel spécialisé en kiosque, c'est autour de 7 euros.
L'abonnement annuel à TT de 20000 pouicos revient à 7.75 €/mois.
En ce qui me concerne, je pense que le contenu informatif proposé par TT en un mois est largement plus dense et plus diversifié que n'importe quel magazine papier. sans parler des autres aspects du site : base, forum, avis.
Le passage à la V4 a vraiment permis d'enrichir le contenu rédactionnel, sur le fond et sur la forme, de la part de l'équipe TT proprement dite mais également grâce à l'ouverture aux acteurs ludiques (auteurs éditeurs)
Bref, il ne me semble pas vraiment avoir d'équivalent sur le ouèbe et pour un coût absolument comparable à un mensuel papier.
Du coup, ça me paraît pile poil dans la plaque au niveau tarif."





Ce qui me frappe, ce n'est pas tellement que les deux soient comparés, mais qu'ils le soient en terme de volume d'information plutôt que selon d'autres critères. Il est bien évident, personne ne le contestera, que Tric Trac produit beaucoup plus de volume mensuel: entre la base de données, les vidéos, le forum, les news, c'est incomparable, si l'on compte en nombre de signes ou de bits. Mais, ce serait oublier plusieurs autres critères:

 La "matérialité" de cette information (et sa sensualité)
Sur internet on paye pour un usage et des services, une information qui ne nous appartient que rarement en propre. Dans le cas d'un magazine on paye un objet, qu'on possède, qu'on peut collectionner, qui nous encombre, qu'on peut éventuellement revendre. (Je m'apprête d'ailleurs à racheter toute une collection de JSP par exemple). Le papier a aussi une sensualité particulière: on le tient entre les mains, la photographie est plus chaude, etc. Au moment de l'achat, est-ce que cela ne fait pas une différence pour les gens ?

Autre aspect du problème, une information internet (texte, son, vidéo) se duplique facilement, et la duplication dégrade la valeur. Le marché du disque a ainsi beaucoup souffert du fait qu'à un moment il devenait possible d'avoir la même information a qualité équivalente (le CDR) ou presque (mp3). Même si on peut trouver sur internet, de manière illégale, des magazines piratés, la qualité est un peu dégradée.

 Les impondérables liés au format:
Un magazine ne peut pas intégrer de la vidéo, de l'audio, le nombre de pages est limité, la page elle-même est limitée, le nombre de signes est très précis, la structure est rigide, l'image à un coût important à l'impression. Il y a un décalage du à l'impression au transport qui fait qu'on peut difficilement traiter de l'actualité dans un magazine. A l'inverse, la lecture sur écran reste encore difficile pour les longs textes. Les deux ne sont pas lus de la même manière, avec probablement plus de zapping entre les pages/dans la page sur internet.

Là, par exemple, je viens de terminer la lecture d' un long entretien avec Colum McCann dans le dernier Rolling Stone magazine. J'ai vécu une expérience qui aurait été différente vécue sur écran: pas de lumière parasite, de mail intrusif, pas de tentation de mettre les Pogues en fond sonore ou de vérifier une information sur la grande famine en Irlande, pas de difficulté à supporter les lenteurs et les détours du discours et puis, surtout, la sensation particulière du grain du papier du papier.

Enfin, il y a des coûts incompressibles dans la presse (impression, etc.); à l'inverse, il y a une évidente problématique de monétisation sur internet, qui doit gérer le passage délicat de l'apparemment gratuit au payant (bien analysée par monsieur Phal).


 La "nature" de cette information:
Comparer des volumes, c'est oublier ce qui fait la valeur d'une information: son caractère inédit, original, la diversité des points de vue, la qualité de l'écriture, le tri, le regard critique, l'analyse qui est faite, la longueur des textes, les sujets choisis, le point de vue éditorial, autrement dit la valeur ajoutée, tout ce qui fait en somme que nous ne sommes pas dans un assemblage comptable de signes. Canard PC, me semble-t-il s'est construit sur ce point: une image d'intransigeance et de ton libre qui leur semblait manquer dans la presse internet. Pour prendre un exemple plus proche de nous, si Boardgamegeek me semble plus intéressant que TT, ce n'est pas tellement en termes de volumes ou de fonctionnalités, mais plus du fait d'un regard plus international sur la question: ouvre des perspectives, relativise des enthousiasmes.

 Le principe de réalité (ou: l'intention vs les attentes du public et des annonceurs vs les coûts de production)
Dans l'un et l'autre cas, quel l'on soit presse ou web, ces dimensions imposent des limitations, des marges de manœuvre limitées, des sujets orientés, voire une forme d'auto-censure consciente ou inconsciente (je m'inclus dans le lot).

Par exemple, un des trucs les plus passionnants de ces dernières années, je l'ai pas trouvé dans la presse, mais sur internet: Une longue interview vidéo de Dominique Erhard, en trois temps. Vraiment excellent. Mais cela prend du temps, de l'argent, et ne génère pas forcément du volume ou du flux. Par contre, les news rapide ou les vidéos centrées sur les productions futures, si. Il y a sans doute un équilibre à trouver entre les deux.

Bien ou mal, c'est comme ça, ça oriente la nature de l'information. Et ça c'est pareil pour Plato, Tric Trac, M6 ou Bonzaï magazine. C'est comme ça qu'un magazine aussi classe que le fut les Inrockuptibles mensuel peut sombrer dans la médiocrité la plus crasse en alignant en six mois plusieurs couvertures qui, malgré l'alibi sociologique et culturel, n'auraient pas dépareillée dans Lui ou Tuning mag.

Dans le cas de TT, ils doivent gérer une base de donnée, un forum, des vidéos, des news et un magazine d'information.En gros on pourrait y voir un dilemme entre produire du flux de nouveauté qui produit du flux de public qui amène un flux monétaire (de la pub , quoi) et produire du fond qui produise de la valeur qui produira des abonnés. Dans le passage à la V4, l'accentuation du fond se fait certes sensible (vidéos sur le wargame par exemple), mais l'accentuation des flux également (un nombre de news débordant, des publicités différentes, à différents endroits, plus intrusives, plus confondues avec le fond). Est-ce que l'un ne vient pas diluer l'autre au final ?


 L'illusion de complétude:
Internet donne l'impression de tout dire, tout le temps, en temps réel. Pourtant, si l'on ne s'intéresse qu'au petit monde du ludique, ce qui me frappe plutôt, c'est les béances: tout ce qui n'est pas traité. Il y a de la place, par exemple, pour parler de l'aspect économique du secteurs, des médias, et faire autre chose que des chroniques de jeux. Et je trouve que dans le choix des sujets et des approches, c'est quelque chose que la presse exploite plutôt bien jusqu'à présent.

 La concurrence serait plutôt entre internet et... internet
La concurrence ne me semble pas tant pour internet du coté des magazines, mais bien du coté de l'internet lui-même.

Comme le pointait le site Meta Media dans l'un de ses dossiers , il est devenu peu cher de produire du texte, de l'image, du son (voir le nombre de blogs, de sites qui font des vidéos). Nous sommes aussi dans une époque où la production s'est démocratisée: vidéos, son, textes ne sont plus l’apanage des organes officiels. Et le public a suivi: les gens se contentent bien de vidéos "cheap" tournées dans une chambre de bonne. Voire ils préfèrent. La concurrence serait donc plutôt, selon moi entre les Tric trac Tv très professionnelles et ces vidéos plus cheap. D'autre part, produire des news sur le jeu, dans une époque où la communication échappe aux créneaux institués (Facebook tout ça), me semble bien plus compliqué. Là aussi il y a une vrai concurrence, et un temps de retard des sites d'information. Comment faire mieux que eludique qui amalgame tout ça en trois langues ? Je vous renvoi à l'article, très bon, qu'avait fait Phal sur le sujet.

 Est-ce donc si absurde de dire que Internet et presse magazine ne sont pas vraiment concurrents ?
Ils le sont effectivement, dans le cas où les personnes auraient un arbitrage à faire sur les 7 euros mensuels. Pour le reste, non. Pour une bonne et simple raison: ce serait complètement stupide que les mags exploitent les mêmes créneaux. Il y a ainsi plein de sujets qui ont été traités dans les magazines ludiques, plein de formes d'écriture (les longs entretiens, les analyses détaillées), plein de positionnements critiques, qu'on ne retrouve pas, ou pas encore, dans Tric Trac. Je ne dis pas que c'est mieux, juste que c'est différent.

Post scriptum:

Il est délicat pour moi d'intervenir sur ce sujet parce que, autant le préciser, j'écris régulièrement dans Plato, donc quoique je puisse dire, ce sera forcément considéré comme orienté. Et, ça l'est. Forcément. Cependant, outre que je suis orienté par mille autres choses, je ne veux pas plaider pour ma chapelle, juste faire avancer le débat d'une autre manière. Ma position là dessus est d'ailleurs très claire: si la presse magazine disparaît au profit d'un internet payant, voire si à terme l'écrit disparaît au profit de l'image, malgré mon attachement affectif à l'un et l'autre, je ne vais pas pleurer. C'est juste que c'est dans le sens de l'histoire et que les survivants seront l'espèce la plus évoluée -- et donc la plus adaptée, mais aussi la plus polyvalente. Mais en attendant, la diversité des espèces me semble un signe de bonne santé.
Par Damien - 30 septembre 2013

4 commentaires

  1. Bardatir 20:48 13.10.2013

    Je trouve le sujet déplacé de son origine. Le débat sur le papier et le virtuel dure depuis la création de l'information virtuelle, et ça n'est pas prêt de s'arrêter.

    Je ne vois pas d'élément intéressant pour avancer, et surtout, je trouve l'initiation basée sur l'expérience Trictrac, peu pertinente. (Si ce n'est parentalité du sujet provenant du forum)

    Quant à parler de la professionnalité des professionnels... je tombe un peu des nues.

    Serait-ce encore une démonisation des bénévoles volant le pain chèrement gagné par les professionnels ?

    Bref, un contenu curieux cette fois-ci, qui me force à réagir.

  2. damien 06:43 14.10.2013

    Déjà, merci de réagir. C'est aussi pour ça que je fais ce genre de papier.

    Pour préciser les choses, nous sommes dans une section qui tient plus du billet d’humeur réactif que de l'analyse profonde. Il est bien évident que je ne vais pas révolutionner le sujet, et ce n'est d'ailleurs pas l'intention.

    Il faut y voir une réaction à une semaine chargée, genre le lundi je dialogue avec des étudiants élevés à internet incapables de discriminer une source viable d'une autre tendancieuse, le mardi je découvre la couv' des Inrocks avec Adèle Exarchopoulos, le mercredi je lis ce sujet sur Tric Trac, et le samedi je croise un Lubjisen un brin provocateur qui me dit que les magazines, mis à part Canard PC, c'est bon pour encombrer ses toilettes. Ecrire est aussi une manière de rassembler tout ça.

    Le "papier" part dans plusieurs directions, mais il faut le voir comme une tentative de réponse à l'idée force du commentaire, à savoir qu' internet produit plus de volume d'information que n'importe quel magazine papier (ce que je trouvais vraiment étrange comme argument) et que le contenu rédactionnel de Tric Trac est en train de changer (ce qui est vrai mais dans certaines limites que j'ai également essayé de pointer). J'ai voulu extrapoler un peu, au risque de perdre un peu le fil.

    Oui, le débat est ancien et n'est pas encore terminé. Ce qui est nouveau, par contre, c'est le choix opéré par Tric Trac. Qu'un site d'un secteur aussi restreint et spécialisé tente l'aventure du tout professionnel et du semi-payant, je trouve ça passionnant et générateur de plein de questions. Que dans le même milieu puissent coexister un Tric Trac payant et un Counter en noir et blanc me fascine.

    Comme je me lassais un peu de commenter les dernières sorties, j'y voyais l'occasion de faire un pont avec des choses que j'ai pu lire par ailleurs et qui, elles, pour le coup, font avancer le débat: le manifeste de la revue XXI sur le journalisme et le site Meta Media (j'ai rajouté le lien dans le texte). A ces références, il faudrait ajouter un dossier de Canard PC (pas lu) qui parle des vidéos Youtube.

    Si tu lis le dossier de Meta media, tu verras que le problème n'est pas vraiment pas d'opposer les professionnels et bénévoles, et encore moins de remettre en cause la professionnalité des gens. Pour une part, les uns et les autres sont pris dans les mêmes contraintes: les limites du format, par exemple. Avec la complications pour les pros qu'il faut faire rentrer de l'argent. Dans le cas de Tric Trac, ils sont à cheval entre un modèle financé par la pub et un autre où le contenu amène des gens à s'abonner. J'y voyais un antagonisme intéressant.

    Allez, pour mettre tout le monde d'accord, dans le prochain article, il y aura un magazine papier payant et un site internet gratuit, tous deux professionnels et assez luxueux dans leur contenu.

  3. Bardatir 19:59 14.10.2013

    Ahah, on ne peut jamais mettre tout le monde d'accord

    Je note ton lien Meta Média, et cette focalisation sur le sujet des contraintes imposées par un support qui, en réalité le mène à proposer un volume d'information donné. Très pertinent.

    La comparaison à Counter est intéressante. Je pense qu'elle dénote comme le dit dans ton article d'une scission du public en le public "connecté" et les autres. Aujourd'hui, on se focalise énormément sur le public connecté (peut-être à juste titre car il a du fric à dépenser ?) que le public réfractaire, mis très peu en lumière, et même plutôt brimé dans notre société de consommation et d'information.

    Je trouve le cas Trictrac intéressant aussi, et sa pertinence est souvent remise en question. La vraie question est à mon avis : qu'est-ce que la masse ludique (celle qui peut générer le plus de brouzoufs) préfère le plus lire !?
    Je pense que la question se pose donc plutôt en terme de business et de public cible pour comprendre la démarche de Trictrac.

    Par ailleurs, je pense que nous aurons une meilleure visibilité dans un an où le soufflet sera retombé pour voir si la sauce prend sur du long terme. Là est le principal challenge du site m'est avis. Le modèle de la pub reste un modèle qui a fait ses preuves aujourd'hui, une espèce de fond de roulement qui fait son chemin inexorablement = le core business de Trictrac comme on dit chez nous. Je vois bien ces abonnement comme une innovation. Est-elle maitrisée ? Toute la question est là.

  4. XavO 21:46 15.10.2013

    Merci pour ce billet qui contient plein de choses intéressantes. Pourtant, je ne suis absolument pas d'accord avec la conclusion

    Pour moi tout est dit dans ce paragraphe : "Comparer des volumes, c'est oublier ce qui fait la valeur d'une information: son caractère inédit, original, la diversité des points de vue, la qualité de l'écriture, le tri, le regard critique, l'analyse qui est faite, la longueur des textes, les sujets choisis, le point de vue éditorial, autrement dit la valeur ajoutée, tout ce qui fait en somme que nous ne sommes pas dans un assemblage comptable de signes."
    La grande différence entre les médias pour ce qui concerne l'écrit, internet et papier, sera toujours en terme de volume, jamais en terme de contenu. Il y a des écrits intéressants et d'autres moins sur les deux supports. Ce qu'on trouve sur Plato pourrait très bien être rédigé sur un site ludique. D'ailleurs on peut te lire sur Ludigaume !
    Le numérique offre plus de possibilité, pas moins. L'ennui est que le média internet pousse à se contenter souvent des capacités du numérique. Ses plus importantes capacités sont de rassembler très vite un paquet d'informations et de faire participer les utilisateurs pour en rajouter encore d'avantage. Je trouve d'ailleurs que sur internet, la valeur de l'information écrite vient bien souvent des utilisateurs eux-mêmes : forum, avis ou même parfois des écrits plus travaillés. Cela limite à mon avis largement les comparaisons en matière d'abonnement ! Il me semble douteux de revendre le contenu d'un forum et d'une base de données au même prix qu'un véritable contenu rédactionnel, non ?
    Reste la vidéo, mais pour l'instant cela a plutôt tendance à m'ennuyer qu'autre chose en matière de jeux. La présentation des jeux qui sortent ou une première partie ... pfff... quel ennui et quelle vacuité. Qu'au moins le jeu soit pratiqué quelques parties avant d'en parler ! Les rares vidéo intéressantes concernant le jeu que j'ai pu voir ne parlaient pas du produit "jeux de société", des éditeurs ou du marché mais de l'activité ludique : nuance de taille. On ne les trouve pas sur les sites ludiques.... C'est sur, il est plus aisée d'ouvrir une boite de jeu devant une caméra que de partager un savoir sur l'activité ludique. Cela intéresse en plus bien plus les éditeurs qui sont aussi les annonceurs ! Un abonnement à un site comme arrêt sur image se justifie pleinement pour le contenu des vidéos. J'attends encore l'équivalent pour le jeu, mais de mon point de vue, il n'existe pas.

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