2003-2013: quelques jeux sous-estimés

A contre-courant du festival de nouveautés d'Essen, retour sur quelques jeux marquants, tous issus de la dernière décennie (2003-2013). Marquants, ils le sont du fait leur valeur intrinsèque (le lot se partage entre jeux mineurs mais attachants et vrais chef d’œuvres) mais se sont surtout illustrés par les gadins plus ou moins monstrueux qu'ils se sont pris au moment de leur sortie. Incompréhensions en tout genre, descentes en flamme, critiques acerbes, mépris affiché de la part des gros joueurs, désintérêt flagrant, puis dévaluation rapide au fil du temps. Pour beaucoup d'entre eux, la direction fut celle des bacs à soldes, des forums d'occasion, ou, au mieux un oubli poli après un tirage unique. Ils n'ont même pas des carrières de jeux undergrounds et vénérés, à la De Vulgari Eloquentia. Tristes destins. Comme il se trouve que j'ai une faiblesse pour les seconds couteaux, les série B ainsi que pour ceux qui se font frapper dessus à la récré et restent tout seuls dans leur coin, je voulais revenir un peu là dessus, donner envie, d'une manière qui aurait plus de poids qu'une simple succession de chroniques.

"Pour moi, donc, un bon jeu est devenu un jeu innovant et graphiquement irréprochable."

Yomgi44

"N'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi."

E.M. Cioran


Alhambra (2003)
Alhambra
Avoir su rater sa carrière n'est nullement un pré-requis pour intégrer la liste des beautiful loosers. Prenons Alhambra, par exemple, qui fut en son temps un gros succès commercial (distinctions, extensions, etc). Est-ce à cette époque que les joueurs les plus assidus ont commencé à se détourner du célèbre Spiel des Jahres ? Je ne sais. En tout cas, Alhambra fut un jeu très décrié, y compris sur ce site. Jeu de tuiles situé dans l'héritage de Carcassonne, il accumulait nombre d'éléments qui font figure de repoussoir pour les "vrais joueurs": peu original en apparence, reprenant des éléments déjà connus (placement de tuiles, majorités, décomptes intermédiaires), très simple d'accès, ménageant une place importante au hasard. Pour ne rien arranger, les configurations présentées étaient très larges (2-6 joueurs), donc logiquement inégales. Le jeu est sans intérêt à cinq et six, moyen à quatre et vraiment excellent à deux ou trois. Il n'en reste pas moins que nous sommes dans un bon jeu familial, vraiment intelligent dans les contraintes de construction qu'il impose et le système de score en trois temps. Pour ne rien gâcher, il est assez beau. Des extensions sont venues plus tard le densifier, mais en soi il a quelque chose de vraiment très abouti.

San Juan (2004)
San Juan
Pourquoi aurait-on besoin d'un San Juan aujourd'hui, alors qu'à sa gauche trône le chef d'oeuvre Puerto Rico et qu'à sa droite un autre chef d'oeuvre l'a depuis supplanté: Race For the Galaxy ? Comment est-il possible d'aimer un jeu qui n'a vraiment qu'une stratégie viable et qui est si dépendant du tirage ? Est-ce que tout cela ne le rend pas dispensable ? Voilà le genre de questions qu’appelle San Juan, déclinaison sous forme de cartes le système de rôles de Puerto Rico: à savoir que tout le monde applique l'action, mais celui qui l'a choisi le fait avec un bonus (plus de cartes, plus d'argent). Le reste est très simplifié: il faut avoir fait le maximum de points une fois que la fin de partie arrive et qu'un certain nombre de cartes posées. Outre son intérêt historique (il a introduit de nombreux concepts dans les jeux de cartes, comme la triple utilisation en tant que marchandise-monnaie-bâtiment, et possède un héritage intéressant), il est en soi très plaisant. Couleurs agréables, enjeux sans complications excessives, parties rapides et rythmées: là encore, nous sommes en présence d'un parfait jeu d'introduction. Y compris entre joueurs avertis. Il est à noter que l'extension proposée par Alea ultérieurement, qui se propose de densifier le jeu, est à moitié réussie. Ce qui est déjà beaucoup.

Elasund (2005)
Elasund - Die erste Stadt
Alors que le suivant a été découvert suite à l'insistance du site de Rody, celui-ci doit beaucoup à la ludothèque idéale de Faidutti. Il avait en effet pondu un bel article sur la série Aventures Catane, dont fait partie Elasund et qui s'est terminée avec lui, je crois. Typiquement le jeu qu'on respecte, mais qu'on ne sort jamais. Moi compris. Un peu trop long, un peu trop le cul entre deux chaises au niveau public, un peu trop référencé à Catane, un peu trop porté sur la violence, un peu trop de dés, il accumule les défauts supposés. Pourtant, il y a là non seulement une vrai inventivité dans la conception de jeu (la construction de l'église, les terrains attractifs dangereux) mais également une destructivité débridée (on construit sur les bâtiments des autres, souvent)qui permet de réviser quelques conceptions définitives sur le supposé "jeu à l'allemande". Le tout montre que Klaus Teuber est bien loin d'être l'homme d'un seul jeu et donne envie de creuser ses productions parallèles, restées dans l'ombre de Catane.

Taj Mahal (2006)
Tadsch Mahal
S'il est plus vieux (2000), 2006 marque une tentative de retour sur le marché francophone par l'entremise de Ystari+. "Pas le meilleur Alea -- c'est Princes de Florence -- mais juste en dessous" ainsi que le vendait étrangement Cyril Demaegd à l'époque. Pas le meilleur Knizia, non plus, mais juste en dessous, serait-on-tenter d' ajouter pour enfoncer le clou. Et de conclure que c'est peut-être cette marche manquante qui lui aura été fatale. A moins que ce ne soit le thème absurde (il y a autant d'Indiens ici que d’Écossais dans Schotten Totten), le plateau qui réussit à être en même temps confus et moche, les règles tarabiscotées ? Toujours est-il que celui-ci est certes un OVNI ludique, mais petit bijou pour qui aime ça. Jeu de cartes plus que de plateau, à la manière de Oltre Mare à la même époque, il donne à revivre, dans une forme très impure, l'excitation d'une partie de poker: passer, bluffer, soutenir le regard de l'adversaire, etc. Là dessus se greffent des histoires de connexions qui font hésiter entre prise immédiate de points, temporisation et visées à long terme, un système de score à la Knizia (le premier élément récolté vaut 1, le deuxième 2, le troisième 3, etc.), des éléphants, des milliers de manière de faire des points, etc. Vraiment étonnant de bout en bout. On finit à quelques points les uns des autres, on perd ou on gagne sur des détails, on en sort lessivés mais heureux.

Cuba (2007)
Cuba
Que n'a-t-on lu à l'arrivée de Cuba sur le marché Attentes démesurées, descente en piqué, comme d'habitude. Bref buzz du salon d'Essen de l'époque, période où l'on vantait ses qualités esthétiques et son potentiel, il a fini par être considéré comme un sous Puerto-Rico de la même manière que Les piliers de la terre, des mêmes auteurs, serait un sous-Caylus. On lui a reproché de faire primer l'esthétique (une réalisation superbe de Mickaël Menzel) sur le fond et surtout de ne rien inventer, de n'être pas assez profond, plus tactique que stratégique, au contraire des aînés qu'on lui a inventé. Il a sans doute le défaut majeur de venir après, dans une vague de jeux d'ouvriers auxquels il ressemble superficiellement. Quand on regarde les icônes, on comprend parfaitement de quoi il s'agit: des choses qui se transforment en d'autre choses, des lieux de production, de vente et d'expédition, des bâtiments à construire. Et l'on pourrait alors avoir l'impression d'en avoir déjà fait le tour. Or, dans la pratique, il s'avère bien plus retors et inventif que cela. Le système de construction des bâtiments dans l'île, la contrainte de déplacement de l'ouvrier, l'ordre du tour, sont très originaux. Surtout, le contrôle de l'assemblée via un système de votes et de lois introduit une dimension inédite plaisante et ludique. L'extension El Presidente n'a fait que renforcer les qualités du jeu, mais le rend sans doute un peu plus dur à pratiquer.

Senji (2008)
A l'époque, Cathala et Laget avaient produit là quelque chose de réellement ambitieux, bien plus que les miniatures (Mundus Novus; Shadows over Camelot; etc.) qui viendront par la suite. Le projet ? De la même manière que Mare Nostrum interprétait le jeu de civilisation et Mystery Express le jeu d'enquête, celui-ci s'empare, avec brio, du genre Diplomatie. Peu se sont risqués sur cette voie très codifiée où il existe déjà un un grand ancien: Diplomacy de Allan B. Calhamer. Comment raccourcir le temps de partie, radoucir un peu la violence des enjeux ? Senji propose à cet effet quelques idées géniales: un temps de négociation limité, et, surtout, médiatisé par des cartes. On peut continuer à promettre monts et merveilles, alliances indéfectibles et support, mais une part devient contractuelle: on se donne une carte soutien militaire contre une autre commerciale, par exemple, ou on s'échange des otages pour sceller un pacte de non agression. Cela aurait suffit à faire de Senji un excellent jeu. Mais les auteurs ne se sont pas arrêtés là. D'une part la réalisation est superbe: gigantesque plateau, figurines, cartes en tout genre; d'autre part, il est vraiment très fouillé au niveau du système de jeu, accumulant des mécanismes supplémentaires (ordres cachés, collection de cartes, empereur, pouvoirs spéciaux, un système de combat absolument géniale), qui, pour certains, recyclent des principes de Mare Nostrum. Et, sans surprise, on a fait à Senji les mêmes reproches qu'à son aîné: la supposée supériorité de la phase commerciale, blah blah blah... La spécificité du jeu, qui nous invite, chose rare, à nous lever de la table pour négocier, la liberté qu'il nous laisse, les coups foireux qu'il autorise, tout cela bien plus inventif que dans nombre de jeux à l'allemande, n'a pas été prise en compte. Vraiment, pour moi un des jeux les plus injustement sous-évalués de la période.

Die Prinzen von Machu Picchu (2008)
Machu Picchu
Après le chef d'oeuvre Imperial, il est peut dire que Hamburgum, de facture apparemment plus classique, avait déçu. Et ce n'était rien à comparé du destin de ce Princes du Machu Picchu. Le thème est intéressant: à la veille de l'arrivée des conquistadors, les mayas prient, commercent, sacrifient, dans l'espoir d'empêcher l'invasion. Parfois cela va marcher, parfois non, ce qui donne l'occasion à Mac Gerdts, l'auteur, de proposer une fin alternative et radicale. Si l'invasion a lieu, le comptage des points sera complètement différent que si elle est repoussée. Or, pour contrer les conquistadors, un minimum de collaboration est nécessaire entre joueurs. Des principes économiques de base -- c'est le métier de l'auteur --, une thématique forte, un livret historique très détaillé, on retrouve les éléments auxquels il nous avait habitué. Même la roue, en apparence absente est en fait éclatée sur le plateau. Chaque lieu devient une étape d'un circuit imposé. Si Imperial était un jeu porté et raffiné pendant vingt ans, celui-ci a tout d'une construction hâtive et maladroite: plateau et couvertures monstrueux -- est-ce vraiment la même équipe qui pouvait produire les superbes cartes de Hamburgum Lisboa ? --, réglages étranges, attaque des "core gamers" à rebrousse poil avec des principes inhabituels (cette fin...). Le jeu est revêche, et c'est sans doute pour ça qu'on l'aime. Il en tirera les leçons avec le suivant: Navegador, esthétiquement très soigné, très poli aussi dans ses principes, largement moins dérangeant.

Hansa Teutonica (2009)
Hansa Teutonica (2009) A l'opposé de Senji, ce jeu avait tout pour être désagréable, à commencer par son abstraction. Le thème, c'est placer des cubes sur des connexions et marquer des points de toutes les manières possibles, pour situer. Sans doute est-il à considéré comme mineur, au regard d'un Endeavor auquel il me fait étrangement penser. Et pourtant, inexplicablement, il s'accroche, il reste, il persiste, là où des supposés chef d’œuvres tombent dans l'oubli. Difficile de le décrire dans son déroulement ou ses stratégies: il est assez atypique dans son déroulement, et plutôt différent selon qu'on le pratique à trois ou cinq. Après de nombreuses parties, je suis incapable de dire pourquoi j'ai gagné ou pas, si j'ai bien fait de hâter la fin ou non. Pourtant j'adore. Le style très atypique de l'illustrateur (Denis Lohausen, qui œuvrera plus tard sur Terra Mystica), à l'opposé des couches de chantilly à la Menzel convient bien à cet exercice de game design tarabiscoté. Je n'ai pas encore essayé l'extension, ni le tout aussi mésestimé Norenbec du même auteur. mais j'ai hâte.

Asteroyds (2010)
Asteroyds
Nouvelle incarnation de ce qu'un partenaire de jeu nommait "la malédiction des boîtes carrées". Alors que Ystari a sorti sous ce format leurs jeux les plus aventureux et esthétiquement aboutis, ce sont probablement ceux qui ont le moins rencontré le public en apparence. Sur Asteroyds, comme sur Mousquetaires du Roy et, si Bombay, il y aurait beaucoup à dire. Sensuels et sans suite, comme disait Gainsbourg, ces jeux semblent ouvrir des voies (vers plus de thème, vers des choses plus légères, vers un autre style de jeu) et les refermer en même temps. Même si Asteroyds n'est vraiment pas ma came, puisqu'il cumule le handicap du thème SF et de la vitesse d'exécution, force est de reconnaître que Blossier et Henry ont produit là quelque chose de vraiment étonnant. Asteroyds n'est pas autre chose qu'une déclinaison de la scène du Faucon Millenium qui tente d'échapper aux troupes impériales. Il faut donc conduire des vaisseau en plastique -- du fait de la contrainte de production, ils ne sont vraiment pas excitants, et je me demande si rétrospectivement cette faute de goût n'a pas un peu plombé le jeu -- à travers un champs d’astéroïdes. Les astéroïdes vont bouger de manière semi-aléatoire. Des dés vont déterminer l'ordre (rouge avant blanc) et la direction (vers le 1,2,3) dans lesquels ils vont se déplacer; quand ils rentrent en collision ils changent de trajectoires. Fascinant, d'autant que le matériel, hormis les vaisseaux, est vraiment à la hauteur. Programmation d'ordre, utilisation très fine du hasard, ambiance survoltée, mélange d'analyse poussée et de grosse déconne, le jeu semblait calibré pour un gros succès. Gros crash à l'arrivée.

Québec (2011)
Les auteurs et l'éditeur de Québec 1608-2008 ont eu des tonnes de mauvaises idées: choix graphiques douteux qui aboutissent à un plateau psychédélique; un projet de jeu célébrant la fondation de la ville (1608-2008) qui sort à contretemps; confier cette supposée histoire de la ville à des auteurs plus mathématiciens que conteurs; insister sur la dimension thématique dans le jeu et la manière de le vendre, etc. Comble de malchance, et là ils n'y peuvent rien, ils l'ont sorti chez Ystari en même temps que Eclipse, un jeu extrêmement brillant, ce qui revient en somme à convoiter la même fille que Jude Law (ou le même mec que Penelope Cruz). Bref, un vrai poissard. Un tel destin tragique aurait pu suffire à provoquer un peu de compassion envers lui, mais n'aurait pas suffit à le faire aimer. Pour cela, il fallait de vrais qualités. Et bien, Québec, disons-le tout de suite, est vraiment excellent dans son genre. Son genre ? Le jeu de majorité abstrait: zones d'influences, cubes, majorités de cubes, ce genre de chose. Le saupoudrage thématique n'émouvra que les gens du cru. Par contre, l'inventivité mécanique (la cascade, le placement des architectes et des ouvriers) ne laissera pas de marbre les amateurs de ce genre de plaisir: placer un cube bleu dans la zone rouge pour emmerder le joueur noir, et voir comment tout cela permet de gagner une majorité dans la violette. Très abouti, très profond. Le successeur de Hansa Teutonica dans ce genre hyper-spécialisé.

Archipelago (2012)
La jurisprudence Archipelago infléchira-t-elle un peu la politique des éditeurs en matière de communication ? On peut en douter, mais le cas est intéressant. Exposé très en amont de sa sortie sur les salons, survendu sur Tric Trac, il s'est retrouvé victime d'un immense malentendu, qui ont conduit à des descentes en flammes. Un peu comme Senji, mais en pire. Pas forcément sous-estimé mais en tout cas extrêmement mal compris. J'ai l'impression d'ailleurs que les reproches qui lui sont adressés convergent toujours vers la même chose: ce jeu n'est pas tramé, il nous emmène sur des chemins inhabituels. Notez que dans un monde idéal, cela aurait pu être considéré comme une qualité. Il n'était pas rare de lire "Vends Archipelago, une seule partie au compteur". Bien sûr, il possède plein de défauts (assez difficile à expliquer, pourvu d' éléments matériels comme les pièces ridicules qui font tâche dans un ensemble très abouti; des configurations très inégales, des durées variables). Il n'empêche, son mélange de jeu de gestion, d'exploration(on a l'impression, parfois, qu'il développe l'idée contenue dans Les Marins de Catane, en densifiant sensiblement le propos), de commerce et de diplomatie semi-coopérative est particulièrement ambitieux. Il est clair qu'abordé selon les standards actuels (durée, contenu, équilibre, prix), il n'a aucune chance. Ce n'est pas un jeu avec un gimmick central (des roues à la Tzolk'in; un awalé à la Trajan; une tour de dé à la Amerigo), immédiatement reconnaissable, mais plutôt un jeu qui s'éparpille dans de nombreuses idées: la révolte des esclaves, l'indépendantiste, le fait que l'on puisse occuper les bâtiments adverses). Beaucoup des reproches qui lui ont été fait (perception des points de victoire, longueur des parties, dépendance) mériteraient d'être grandement relativisées. Il laisse un grande liberté, la qualité des parties dépendra beaucoup de la tablée, et il faut croire que les gens n'aiment pas vraiment ça. Boelinger fait des choses géniales mais pas adaptés à l'époque, je suis assez d'accord avec ça.

1775: Rebellion (2013)
Vous trouverez sans doute un un peu ridicule d'affirmer dès aujourd'hui que ce projet Academy Games /Asyncron n'est et ne sera pas estimé à sa juste valeur. En effet, il vient à peine de sortir, après une longue campagne Ulule / Kickstarter. Plusieurs raisons expliquent cependant sa présence dans cette liste: 1) il s'agit d'une manière de saluer, chez le même éditeur, Fief (date), 1812: L'invasion du Canada (date) et Le prix de l'honneur (date), des projets intéressants et très joliment réalisés qui n'ont peu-être pas eu l'écho qu'il méritaient. 2) le seul prétendant qui me vient en tête (le révolutionnaire et ambitieux Andean Abyss, de Volko Ruhnke) semble en fait estimé à sa juste valeur dans le cercle des wargamers 3) il possède nombre de caractéristiques qui pourraient faire qu'on passe à coté: apparence de "jeu à date/historique", identité brouillée, situé sur la frontière entre wargame et jeu de plateau de majorité, impression qu'il fait suite à un autre jeu, etc. Bref, dissipons d'emblée les malentendus: 1775 est très simple d'accès et très amusant, en même temps que profond. Par ailleurs, il possède suffisamment de matière (jeu en équipe; système de déplacement/combat brillantissime; profondeur stratégique; nappage historique) pour convaincre des joueurs assez différents. Il est très différent de 1812, même s'il en partage les qualités. Dans l'enthousiasme de la chronique que je lui ai consacré, je disais que c'est ce qui se fait le mieux dans le genre actuellement. Je maintiens.

Bon, et vous, quelle est votre liste ?
Par Damien - 22 octobre 2013

19 commentaires

  1. Cyrus 11:13 28.10.2013

    Un de mes jeux favoris dont je pense qu'il n'a pas eu le succès mérité parce qu'il n'a jamais était retiré, c'est La Havane. Je trouve ce jeu excellent: mélange de gestion de ressources et de bluff avec du double guessing dans tous les sens. J'adore ce jeu !

  2. LOUIS 12:55 28.10.2013

    Excellente idée cet article

  3. Fred Frenay 14:32 28.10.2013

    Très bel article comme toujours.

    Une critique : Alhambra est, et c'est certain, la pire daube que je connaisse. . M. Ludigaume comprendra.

    Pour rester dans l'actualité et même s'il est sans doute trop tôt pour en juger, je trouve que Bora Bora est un jeu qui ne semble pas avoir le succès qu'il mérite. Ce serait dommage en tout cas de passer à côté.

    Sinon, d'une manière générale, je trouve que les jeux se "démodent" injustement vite. Quand on voit qu'un jeu comme Helvetia était déjà bradé à Essen cette année, cela me laisse vraiment perplexe.

    A cet égard, peut-on avoir une idée de la durée de vie "commerciale" d'un jeu ? Ces informations existent-elles ?

  4. StarVince 09:50 30.10.2013

    Un bien chouette dossier, très plaisant à lire et qui laisse transparaitre tes goûts et tes affinités les plus secrètes.

  5. LudiGaume 17:31 30.10.2013

    Belle liste même si certains ne me manquent pas. Asteroyd, Archipelago, ...

    D'ailleurs à Essen 2013, j'ai acheté Québec afin de voir si le bien que l'on en dit est vrai. On en reparlera.

  6. Potrick 08:27 31.10.2013

    Sur le forum de Tric Trac, Hansa Teutonica a pas mal d'aficionados qui le placent très haut. J'avais l'impression que c'était un succès commercial (dans sa niche) et qu'il avait clairement rencontré son public. Je ne l'ai jamais vu soldé en tout cas.

    Sur ma liste à moi, il y a l'excellent Assyria (2009), soldé 10 € cet année à Essen.

    Bravo pour cet article

  7. Etherion 09:06 31.10.2013

    Hansa Teutonica était bradé à 10€ cette année à Essen ...

  8. matinciel 09:23 31.10.2013

    Bon ouf, j'ai joué à tout .

    C'est marrant pour Alhanbra je n'aurais pas dit, sachant que chez nous on a fait plein de parties du jeu de base et qu'on l'aime bien (même si je n'ai pas du y jouer depuis au moins un voir deux ans).

  9. beri 09:29 31.10.2013

    Merci. Merci de remettre en lumière Québec, ce petit bijou de mécanique et de fraîcheur.

  10. Nono 09:32 31.10.2013

    article sympathique et très plaisant à lire.
    Pour ma part j'adore Trias, qui a connu une seconde vie avec Ciao Dino mais n'a pas rencontré le succès et est oublié aujourd'hui.
    Un second jeu serait Attika, que je trouve simple et fluide.
    J'ai l'impression que dans la catégorie des poids moyen, les jeux sont condamné à l'oublie. Seuls restent les chefs d'oeuvre poids lourd (Puerto, Caylus, Euphrate, Age of Steam..) ou les petits jeux familiaux qui ont fait un succès commerciale.

  11. fatmax66 11:26 31.10.2013

    Dans le monde de l'ameritrash des jeux sous-estimés je mettrais:

    Dust
    Mag Blast
    WOW: le jeu d'aventure que je trouve meilleur que Relic/Talisman/Runebound même si le thême ne me parle à la base pas.
    Blood Bowl Team manager
    Rune Wars

    Bon c'est que des jeux Edge...mais faut avouer qu'en ameritrash c'est les plus fournis.

  12. fatmax66 11:27 31.10.2013

    Autant je ne partage pas l’enthousiasme pour Asteroid, autant Hansa Teutnica est un bijou. Et pourtant je ne suis pas cubipousseur et le jeu est exigeant niveau méninge.

  13. yannibus 12:16 31.10.2013

    Merci pour ce super article qui donne envie de ressortir quelques jeux et de compléter sa "wishlist" jeux d'occasion

    Je suis d'accord également pour ajouter Assyria qui est très méconnu et pas assez apprécié.

  14. kogaratsu 22:03 31.10.2013

    Palais Royal de xavier Georges est un jeu que j'adore et souvent décrié.

    Hansa teutonica est une perle, je confirme. D'un aspect qui le rend difficile à faire découvrir.

  15. Alexgodlex 23:32 31.10.2013

    Serenissima est un jeu que j'ai essayé et adopté ! Je n'ai pas connu l'ancienne version mais j'ai fais psd mal de parties aussi bien en famille qu'avec des joueurs core et toujours avec succès. J'adore le thème et l'esthétique du jeu, la simplicité des règles... Je ne comprends pas son insuccès !

  16. pingouin 10:26 01.11.2013

    très sympa, cet article.
    Je ne suis pas vraiment d'accord avec la place de Hansa Teutonica, qui est comparable à DVE selon les termes de l'introduction : carrière modeste eu égard à la qualité du jeu, mais communauté de fans fidèles et finalement très peu de détracteurs.
    Sinon, on aurait pu ajouter Egizia, qui est quand même le grand mystère éditorial de ces 5 dernières années.
    Tous les autres jeux ont effectivement été plus polémiques (d'ailleurs je ne suis pas d'accord avec tous, il y a de vraies daubes dedans

  17. olzam 16:31 01.11.2013

    Merci pour cet article que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire (mais, de grâce, laissons Taj Mahal et Elasund où ils sont !).

  18. Damien 19:51 02.11.2013

    Merci pour vos retours. Content d'avoir lancé la discussion.

  19. StarVince 09:26 03.11.2013

    Si je devais ajouter une pierre à cet excellent article de Damien, je parlerai de Western Town.
    Cet excellent jeu de gestion à la mécanique si particulière permettant une interaction très originale n'a bizarrement pas eu l'écho qu'ont les bons jeux de gestion.
    Bien possible que nous en reparlions ici d'ici peu

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