Premières Impressions de Stéphan

De 1 à 2 parties jouées - 26 février 2008
 
Très Bon
  preview

Une fois n’est pas coutume, lors de notre dernière soirée jeux, nous nous sommes fait un petit plaisir en essayant un jeu un peu plus conséquent : Hamburgum, le dernier jeu signé par Marc Gerdts. Après Antike et Imperial, Hamburgum est le troisième jeu de l’auteur à employer le système de la roue d’action, système de choix assez original qui imprime un rythme très particulier au déroulement du jeu.

Si le système est commun aux trois jeux, l’auteur démontre avec brio qu’il est capable de le recycler avec succès dans des styles tout à fait différents. Après le jeu de civilisation (Antike) et le jeu de spéculation (Imperial), Marc Gerdts s’attaque maintenant au jeu de gestion. Saura-t-il à nouveau nous surprendre en changeant d’optique ?

Hamburgum propose aux joueurs de prendre en main le destin d’une famille de riches notables, de participer à la fondation d’Hambourg et à la construction de ses églises qui ont fait toute sa réputation. A priori, le thème est moins entraînant que les deux prédécesseurs … encore s’agit-il ici juste d’une question de goût …

Le jeu donne vraiment envie d’être essayé. Le design et le graphisme est assez agréable, peu surchargé, relativement coloré, peut-être un tout petit peu austère mais pas dénué de charme. Sobre et simple. Ce qui étonne plus c’est le foisonnement de matériel, tout ce qu’il y a de plus sympa : petits bateaux en bois, briquettes en terre cuite, clochettes pour représenté les clochés d’église et un nombre conséquent de pions en tous sens. Rien à dire, ça en jette !

Ce n’est donc pas sans intérêt que nous nous lançâmes dans notre première partie.

Les règles sont simples mais pas nécessairement simplistes. 15-20 minutes d’explication et quelques points sensibles sur lesquels insister. Expérience faisant foi, malgré son apparente simplicité, il est extrêmement important de prendre en compte chaque détail même les quelques règles qui semblent moins importantes. Lors de cette première partie, nous allons en effet commettre quelques erreurs d’interprétation – surtout sur des questions de décompte – qui changèrent peut-être assez fort l’issue de la partie sans bouleverser pour autant le déroulement du jeu. Preuve que l’auteur a pesé chaque point de la règle avec soin. Mon seul regret sur ce point, une rédaction peut-être pas assez insistante sur ces points et quelques règles trop semblables qui semèrent la confusion et le trouble dans l’esprit déjà souvent bien confus des joueurs et dans celui de l’homme chargé d’expliquer – votre serviteur en l’occurrence…

Comme il s’agissait d’une première partie, chaque joueur se lança un peu au hasard dans différentes stratégies plus ou moins payantes. Il s’avéra rapidement qu’il était important de bien gérer le cycle productions – ventes – achats – donations/constructions, cycle assez linéaire dans sa structure mais bien complexe dans ses ramifications et ses implications. Si certains optèrent pour des dépenses et des actions ponctuelles et rapides, d’autres se lancèrent dans des opérations d’économie de ressources et de concentration des actions tout cela afin d’optimiser au mieux leur flux entrant et sortant. Comme dans tous les bons jeux de choix, difficile de déterminer au premier coup d’œil une stratégie gagnante.

L’impression de gérer un stock est bien réelle, trop peut-être. Contrairement à des jeux du même type, Hamburgum ne s’embarrasse pas de petits mécanismes simplifiant le travail de gestion du flux des matières et des richesses. La liberté est totale à tous les niveaux de la chaîne de production et les erreurs ne sont pas facilement rattrapables. Une chance pour ceux qui ont la comptabilité dans la peau, un grand malheur pour les joueurs moins attentifs. D’où notre impression d’un jeu simple à comprendre mais difficile à maîtriser, un jeu exigeant dans tous les cas.

Compliqué oui mais très agréable à jouer grâce à l’astucieuse roue qui fait rapidement succéder les tours des joueurs. Même si certains ont la réflexion lente, on attend relativement peu entre les tours. Cela permet d’enchaîner rapidement les actions et de ne pas perdre le fil de sa stratégie. Autre point toujours agréable de la roue, la possibilité – voire la nécessité - de contrôler le tempo du jeu, un niveau au-delà du jeu, façon superlative de contrôler le jeu, ensorcelante dimension complémentaire.

Alors oui, Hamburgum est un excellent jeu qui tourne très bien, agréable, riche et plein de promesses. Il m’a paru toutefois moins intéressant, ou en tous cas, moins original qu’Imperial ou qu’Antike, plus figé par certains de ses mécanismes. Dans la trilogie de jeux utilisant la roue, c’est sans doute le moins passionnant. Par rapport à d'autres jeux de gestion, je lui préférerai sans aucun doute des jeux plus faciles à maîtriser comme Puerto Rico ou Fukenschlag.

Un très bon jeu donc mais pas un choix indispensable sauf peut-être pour ceux qui aiment la gestion dans ses moindres détails.

 
  • La roue
  • L'esprit de gestion très poussé
  • Simplicité des règles
 
  • Structure et déroulement assez figés
  • Complexité des mécanismes

Laisser un commentaire:


Pour animer votre commentaire:
:D    :)    :lol:    ;)    ?:    :(    >:(
Nous n'acceptons plus de lien dans le texte de vos commentaires afin d'éviter les spams.
Merci de votre compréhension