L'avis de Sébastien D.

De 6 à 10 parties jouées - 1 février 2010
 
Indispensable
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Subtil. C’est l’adjectif qui revient le plus souvent à la pratique de ce nouvel opus aux cheveux vert. La subtilité qualifie aussi bien l’originalité du jeu que les choix qu’il faut prendre pour bien le pratiquer.

Effectivement, la lecture des règles rend très perplexe tant cela semble austère et « banal ». Cette impression se dissipe rapidement quand on commence à pouvoir jouer en pensant plus à l’impact de ses choix sur le jeu de ses adversaires que sur le sien. Le jeu prend alors toute son ampleur et c’est assez rapidement que j’ai été sous le charme du système central de création du marché. Ce système est basé sur une enchère très tendue utilisant la ressource principale du jeu : les ouvriers. Je ne suis pas toujours fan des enchères « du pauvre » mais ca marche très bien ici tant les enjeux sont plaisants à estimer, la tension dans les choix étant très grande. Cette enchère définit l’ordre dans lequel les joueurs vont faire descendre des tuiles dans le marché, ainsi que l’ordre dans lequel les joueurs vont acheter ces tuiles. Or, le dernier joueur aura l’occasion de descendre des tuiles plus intéressantes que le premier joueur. L'interaction est alors très grande, chaque décision pouvant bénéficier aux autres joueurs.
« Si je mets cette tuile dans le marché, il la prendra surement, donc, autant lui en offrir une encore mieux pour être sur de l’avoir. Ah mais, non, je vais lui mettre celle-là qui l’intéressera encore plus mais qui lui coutera tellement qu’il devra me laisser celle-ci ». Tout ce processus est difficile à expliquer dans le cadre d’une chronique mais je ne peux que vous inviter à y goutter. Vous remarquerez peut-être qu’il est possible de s’en sortir aussi bien en étant souvent premier qu’en économisant ses ouvriers sans participer aux enchères, afin d’acheter plus de tuiles moins intéressantes mais en profitant d’un rabais offert aux derniers joueurs du tour: tout est possible !

Après cette phase du marché, le jeu est un enchaînement automatique d’actions demandant très peu de réflexion : ajustement des marqueurs, mise hors tension des machines ou robots inutiles, calculs des revenus et narguage des adversaires qui gagnent moins que vous! Mais même durant ces phases, si vous êtes pris au jeu comme moi, vous réfléchirez aux tuiles que vous aimeriez acquérir pour optimiser la gestion de votre petite entreprise qui connaitra peut-être la crise si le prix de n’énergie n’épouse par la courbe qui vous est favorable. Car pour rendre le tout plus digeste, le prix de l’énergie augmente de façon légèrement aléatoire : ce facteur fera souvent la différence entre joueurs expérimentés mais il est toujours possible de réajuster sa stratégie en cours de route grâce notament aux salles de contrôles qui permettent de grandes économies d’énergie.

En résumé, Elektromanager est un jeu qui me plait beaucoup malgré l’aridité d’un thème me rappelant trop un boulot qui lui, m’a beaucoup moins plu… Je suis particulièrement fan des parties à 2 joueurs, manquant d’expérience à plus, avec une seule partie à 4. Le plus étonnant étant que le jeu se révèle très varié dans son déroulement, variation toute en subtilité, j’entends…

 
  • Subtil
  • Très interactif
  • La phase de création du marché est une grande idée mécanique
  • La rejouabilité, bien présente malgré certaines craintes
 
  • Le thème

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