Thème du jeu


Le Jeu de Go est jeu de stratégie, très répandu en Extrême-Orient, qui se joue à deux et qui consiste à former des territoires en posant des pions, ou pierres, sur un plateau. Le but est de marquer plus de points que l'adversaire en créant plus de territoires que lui et/ou en capturant ses pierres. Sur le plateau, ou goban, sont tracées 19 lignes horizontales et 19 lignes verticales, qui forment 361 intersections ou points.

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L'avis de Guillaume

1- Plus de 10 parties jouées - 24 décembre 2008
 
Top à Guillaume
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Jouer au Go, c'est un peu comme jouer d'un instrument de musique: le plaisir n'est pas forcément immédiat... Il faut travailler pour atteindre un premier niveau "audible" tout en sachant que l'on peut s'y perfectionner et que certains parviennent même, au prix de longs efforts, à en devenir des virtuoses.
Il y a bien peu de jeux pour lesquels on peut tenir ce discours et le Go est sans doute le jeu auquel cette description convient le mieux.

A l'exposé des règles, on peut s'étonner de la richesse induite par des règles aussi simples. En 1 page de règles, vous offrez des opportunités tactiques et stratégiques vertigineuses. On ne peut que s'étonner de la richesse des parties jouées malgré un plateau immuable et des ouvertures très codifiées ("les coins, puis le bord puis le centre", le jeu sur la troisième et quatrième ligne, les joseki où séquences de coups).

Lorsqu'on apprend les règles (même par cœur... ce qui ne prend pas longtemps), on ne sait malheureusement pas jouer au go. Il faut pratiquer et comprendre quelques enchaînements et logiques de jeu: la priorité à donner aux coups, les manières simples de capturer des pierres, les formes de base pour faire vivre ou tuer des groupes de pierre). Même lorsque ces principes sont énoncés et connus, leur application en cours de jeu relève de l'expérience.

Au fur et à mesure de sa pratique, on apprend à laisser de côté certains coups pour plus tard, à sacrifier des pierres pour un dessein plus important et ainsi à jouer, petit à petit, de manière plus épurée. Il y a même une certaine "philosophie" du jeu de go qui serait à appliquer au delà du jeu: construire sur des bases solides, savoir changer de damier lorsqu'on est dépassé, définir des priorités parmi ses actions, tirer avantage de son environnement, agir avec plusieurs fins en tête, etc.
La légende prétend d'ailleurs que le jeu de Go a été inventé par un Empereur pour son fils afin de l'initier au secret de la stratégie militaire. Le go est sans conteste l'archétype du jeu de guerre, mêlant stratégie globale et conflits locaux.
Quelques exemples de principes dignes de Sun Tsu trouvant leur application dans le Go: ne pas jouer à proximité des forces de l'adversaire, priver les troupes ennemis de leur soutien, isoler de petits groupes, conquérir le territoire, savoir fuir/poursuivre, etc.

Bien sûr, son aspect semble en contradiction avec cette situation tant il est épuré. Il trouver l'envie de se plonger dans un jeu un peu austère (même si le matériel lui donne également beaucoup de cachet) à l'apprentissage délicat. Pourtant, la tension du jeu est très palpable en cours de partie. Il n'y a rien d'autre que l'habileté des joueurs et leur capacité à anticiper les coups qui détermineront le vainqueur.

Une des forces du Go est d'offrir un système de handicap qui permet de compenser l'écart de niveau entre joueurs: chacun prend du plaisir dans la compétition tout en sachant et acceptant l'écart de niveau. Il n'est plus question de battre sèchement l'adversaire mais de se dépasser soi-même. Tout une philosophie en soi. Là où les échecs vous imposent de jouer des adversaires de votre rang (à l'exception de handicaps particulier: parties simultanées, en aveugle, pièce en moins), le go offre une solution élégante et appréciable pour les deux joueurs même lorsque leur écart est considérable).

Beaucoup seront rebutés par le nombre de choses à appréhender pour devenir un joueur "fort" (1 dan amateur et au delà).
Après trois mois de pratique, j'ai atteint un niveau que je qualifierai de débutant. En effet, à 14 kyu, on fait encore partie des 10% de joueurs les plus faibles sur les sites de jeu en ligne.
Pour parvenir au niveau d'un joueur moyen (5-10 kyu), il faut, paraît-il, compter sur une bonne année de pratique soutenue, de lecture et d'exercices. En effet, la seule pratique ne vous suffira pas forcément à assurer votre progression.
Enfin, pour ceux qui rêvent d'un niveau en "dan", il faut plusieurs années et... du talent. Si le niveau 10 kyu est accessible à tout à chacun, les niveaux supérieurs sont bien plus exigeants.

Ceci étant dit, ces commentaires s'appliquent pour des adultes découvrant le jeu. Les enfants peuvent développer bien plus facilement les meilleurs niveaux de jeu. En effet, ce qu'un adulte peut apprendre en développant sa capacité de lecture du jeu et son raisonnement, un enfant peut le faire en s'exerçant à reconnaître des formes. A force d'exercices répétés, un enfant peut acquérir un instinct du jeu et ainsi déterminer à l'avance les conséquences de ses coups.
Sachant qu'on peut mettre un enfant au go à partir de 3 ans, il y a de quoi réfléchir. Pour les adultes, par contre, la situation est plus rude à accepter...
Néanmoins, le niveau absolu n'a que peu d'importance: tant que l'on a des adversaires à sa mesure où aux abords de son niveau, le plaisir de jeu est là.

Malgré tout le travail requis, le jeu de go a quelque chose d'intuitif, si on le compare par exemple aux Échecs. On peut déjà atteindre un niveau raisonnable en se limitant à compter les libertés (jusqu'à 10), à jouer de "belles formes" et en ayant une vision stratégique du jeu. On enchaîne alors des coups "ressentis" avec des coups plus calculés (lorsqu'un conflit local éclate ou qu'un groupe menace de mourir). Cette situation contrebalance un peu l'ampleur des choses à appréhender pour "bien jouer".

Enfin, le jeu intègre une dimension sociale importante. Les joueurs de go - qu'ils soient en club ou sur internet, sont là pour jouer mais également pour progresser et faire progresser. Il y a un très bon esprit qui règne parmi la grande majorité des joueurs. Il est de bon ton de consacrer du temps à commenter les parties jouées et nombreux sont ceux prêts à prodiguer de judicieux conseils. C'est sans doute un élégant retour sur les enseignements qui leur ont été prodigué par d'autres.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans le go (une initiative que je ne saurais trop encourager), il faudra trouver des partenaires. Plus que pour un jeu de plateau moderne ou pour un jeu abstrait simple, le fait de trouver des joueurs peut s'avérer délicat. En effet, il faut une forte motivation pour se mettre au go et l'investissement requis aux plus fervents amateurs laisse peu de place pour d'autres activités ludiques. Les club de go et les sites internet (je ne saurais trop recommander KGS : www.gokgs.com) constituent de bonnes pépinières pour jouer et progresser.

 
  • Le plaisir de se dépasser
  • La stratégie a l'état pur
  • Le subtil mélange entre instinct et calcul
  • Le système de handicap qui permet aux joueurs de tous niveaux de s'affronter
  • a communauté et l'esprit dans lequel sont la plupart des joueurs
 
  • Un jeu où se resent le poids de l'âge
  • La profondeur insondable du jeu (qui peut rebuter toute une frange de joueurs potentiels)
  • Une certaine austérité lié au caractère abstrait du jeu
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