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L'interview de Damien

Pouvez-vous vous présenter ?
J'ai 35 ans. Je vis en France. J'exerce la profession de psychologue, dans des domaines assez variés. Comme j'avais commencé, et laissé en plan, il y a quelques temps un parcours de recherche, cela m'autorise à être chargé de TD dans une université, pour quelques heures par semaine. Dans les deux cas, le tronc commun serait le plaisir et les aléas de la rencontre avec l'autre. Mon emploi du temps est organisé de telle manière à ce qu'il me laisse du temps pour mes loisirs, dont le jeu n'est qu'une partie.
D'où vient votre passion pour le jeu de société ?
Même si je n'ai pas une grande antériorité dans ce que l'on nomme parfois "les jeux de société modernes" ( trois ou quatre ans tout au plus) et même si j'ai un parcours sans doute atypique (ni Risk, ni Magic, ni jeu de rôle, peu de détours par les jeux vidéos) j'ai l'impression d'avoir toujours joué. Cela a est une activité très valorisée dans ma famille. Le jeu de société était un cadeau de Noël typique, par exemple. Je garde, d'ailleurs, de cette époque une certaine affection pour les jeux de cartes (Tarot, Gang of Four, etc.)
Quels sont les jeux qui plaisent au plus grand nombre et qui vous ont déçu ?
Incontestablement: 7 Wonders. Je suis un peu désolé de le dire. Parce que le jeu, en soi, est très bon, voire parfait. Mais, décidément, je ne peux pas. Est-ce la proposition, trompeuse, de pouvoir jouer à sept alors qu'on ne s'intéresse qu'à ses voisins immédiats? Est-ce le fait que le thème "jeu de civilisation" convient assez mal, selon moi, à l'expérience proposée ? Est-ce son manque d'aspérités ? Est-ce par esprit de contrariété ? En tout cas, les parties que j'ai pu faire n'ont été ni agréables ni pénibles, juste... neutres.
Quels sont les jeux que vous défendez lorsque tous les accablent ?
Stronghold. La manière dont il a été éreinté m'a beaucoup surpris. Même s'il est loin d'être sans défaut, il reste, pour moi, un des grands jeux sous-estimé de l'époque, à égalité avec Senji que j'aurais pu nommer également, mais auquel j'ai moins joué.
Quels sont les mécanismes que vous appréciez le plus ou le moins dans le jeu de société ?
Dès qu'il s'agit de se mettre en scène (certains jeux d'ambiance, jeux avec une dimension rôliste), ma timidité naturelle reprend le dessus. Ce sont donc des types de jeu que j'essaye d'éviter en général. Pour le reste, j'aime beaucoup les mécanismes favorisant une interactivité assez directe (conquête, enchères, commerce, diplomatie, etc.) J'apprécie tout particulièrement les Card Driven Games: un mécanisme très épuré au service d'une grande richesse thématique.
Quelle est, selon vous, la recette d'un jeu réussi ?
Un savant équilibre entre la profondeur de l'expérience ludique proposée, l'histoire qu'elle nous raconte et la durée de partie. Un thème original. Un plateau et un matériel agréable. Une sensation de jouer ensemble.
La question habituelle : "S'il ne devait en rester qu'un ?"
Through the Ages. Si l'on devait élire les dix jeux qui ont marqué la décennie, il ferait assurément partie des listes de beaucoup de monde. Pour ma part, c'est celui qui, jusqu'à présent, a généré les parties parmi les plus intenses et les plus riches en histoires. Il est plein de défauts, c'est certain, mais ne serait-ce que sa manière très originale de traiter le genre "civilisation" sans utiliser de carte géographique mérite qu'on s'y arrête.
Pourquoi participez-vous à l'aventure LudiGaume ?
Ludigaume est un site que je consulte depuis longtemps. Bien que d'ordinaire assez réservé sur le contenu et la forme de ce qu'on peut trouver sur l'internet ludique, j'avais la sensation de m'y retrouver; les éditos de Xavo, les avis de Grunt, et plus globalement la mise en forme me "parlaient". Avec le très classe site Jeu de plateau, qui est malheureusement un peu en sommeil maintenant, c'est un des rares endroits où je pouvais trouver des avis posés et fouillés. Autre chose que des informations. C'est donc tout naturellement que j'ai proposé ma candidature quand je cherchais un autre lieu pour écrire. Un autre parce que depuis un an et demi, je participe à l'aventure du magazine Plato. Tout en continuant cette activité qui me procure beaucoup de satisfaction, je voyais Ludigaume comme un projet parallèle, une manière de pouvoir parler de jeux ou de sujets qui me tiennent à cœur mais qui ne trouvent pas leur place dans Plato, qui sont un peu hors actualité ou qui sont chroniqués par d'autres.