Thème du jeu


1289. Pour consolider les frontières du royaume de France, le Roi Philippe le Bel a décidé de faire construire un nouveau château. Pour l'instant, Caylus n'est qu'un modeste bourg mais, bientôt, les ouvrires et les artisans affluent par dizaines, attirés par la fortune que peut leur apporter ce formidable ouvrage. Autour du chantier, une ville commence lentement à émerger...
 

Description du jeu

preview
 
Votre rôle, en tant que maître d'oeuvre, est de faire travailler vos ouvriers afin de construire le château et en tirer du prestige. Le château se construit en 3 étapes, les tours, la muraille et le donjon qui déterminera la fin de la partie.

Chaque joueur a son équipe de 6 ouvriers qu'il va tenter de faire travailler afin d'obtenir des ressources, de l'argent, construire des bâtiments ou une partie du château, voire obtenir des faveurs du roi. C'est grâce à ces éléments que vous pourrez obtenir du prestige. Un bâtiment produit ou offre son avantage au joueur dont l'ouvrier est placé dessus.

Deux pions spéciaux vont faire évoluer la partie.

Le prévôt qui est placé sur la route et avance vers ou s'éloigne du château. Seul les bâtiments avant celui-ci pourront travailler et produire. Son déplacement pourra être influencé par les joueurs.

Le bailli qui lui vérifie l'avancement du château et quand il atteint les zones correspondantes déclenche les trois décomptes au fur et à mesure de son avancée.

Le plateau de jeu représente le château dans son coin supérieur gauche et de sa porte part une route sinueuse sur laquelle les joueurs vont construire les bâtiments et constituer ainsi la nouvelle ville. Certains bâtiments sont permanents, tels ceux entre la porte du château et le pont, et ont un effet spécial. Dans le coin supérieur droit sont représentées les faveurs du Roi, qui pourront être acquises par les joueurs.

Les faveurs du Roi permettent d'obtenir des points de prestiges supplémentaires, de l'argent, des ressources ou même de construire des bâtiments à moindre coût, sans passer par un ouvrier sur un bâtiment le permettant.

Le tour de jeu se décompose en différentes phases.

La première est la perception de revenu où chaque joueur reçoit 2 deniers et 1 par résidence qu'il possède voire 2 s'il a construit l'Hôtel.

La seconde est la plus importante, les joueurs, dans l'ordre du tour, vont placer leurs ouvriers 1 à 1 sur les différents bâtiments ou sur le château. Le placement d'un ouvrier coûte 1 denier tant que personne n'a passé. Cette action se poursuit jusqu'à ce que tous les joueurs aient passés. Le premier joueur qui passe se place sur l'emplacement 1 du pont et perçoit un denier. Dès cet instant les autres joueurs devront payer 2 pour placer un ouvrier sur un bâtiment. Le prix augemente au fur et à mesure que les joueurs passent.

La troisième phase est l'activation des bâtiments spéciaux, ceux entre la porte du château et le pont. On les active dans l'ordre de la route, on la suit. Il y en a 6 qui peuvent vous rapporter de l'argent, vous donner une faveur du roi, déplacer le prévôt, changer votre position dans le tour, ...

La quatrième phase est le déplacement du prévôt qui décidera quels bâtiments vont travailler. Les joueurs dans l'ordre des pions sur le pont, donc dans l'ordre dans lequel ils ont passé, vont avoir l'opportunité de dépenser jusqu'à 3 deniers pour déplacer le prévôt de 3 cases dans un sens ou dans l'autre.

La cinquième phase est l'activation des bâtiments qui débute par le premier après le pont. Chaque joueur va pouvoir utiliser le bâtiment où il a un ouvrier. Il en retire des ressources, de l'argent ou il construit un nouveau bâtiment en payant le coût en ressources. Le nouveau bâtiment est placé sur le premier emplacement libre sur la route et le joueur place l'une de ses maisons sur celui-ci. A chaque fois qu'un joueur placera un de ses ouvriers sur ce bâtiment son propriétaire recevra un point de prestige. Attention, les bâtiments situés après le prévôt ne seront pas activés. A chaque fois, le joueur reprend son ouvrier qu'il ai travaillé ou pas.

La sixième phase est la construction du château où chaque joueur va pouvoir, s'il a un ouvrier sur celui-ci, construire des lots (représentés par ses maisons), chaque lot rapporte des points de prestiges, le nombre dépend de la partie du château en cours de construction. De plus, celui qui aura construit le plus de lots durant ce tour recevra une faveur du Roi. La construction s'effectue dans l'ordre de placement des ouvriers sur le château.

La septième étape est la fin du tour durant laquelle le bailli se déplace et s'éloigne du château. Il se déplace d'une case s'il est après le prévôt ou au même niveau que lui, sinon il se déplace de 2 cases, s'il est donc après lui. Quand le bailli atteint une case marquée du symbole d'une partie du château, il provoque le décompte de cette partie de la construction. Le donjon marquant également la fin de la partie.

A la fin du jeu, les joueurs peuvent encore convertir leurs or, argent et ressources contre des points de prestige. Le joueur qui a le plus de prestige est le vainqueur.

Pour bien commencer

les deniers sont le nerf de la guerre.
observez comment évolue le jeu pour savoir quelle est la méthode la plus efficace pour marquer des points de prestige : elle n'est pas donnée a priori.
être dernier est une position difficile à tenir si on souhaite participer à la construction du château ou occuper les bâtiments clés d'une partie.
choisir de construire rapidement les bâtiments qui vont intéresser les autres joueurs permet de marquer pas mal de points (bâtiments de ressources essentiellement).
chaque première participation au chateau vaut 7 points si on additionne ce qu'on gagne et ce qu'on ne perdra pas en ne participant pas à une section : participez au moins une fois à chaque phase est trés rentable.
 
Descriptif rédigé par LudiGaume
 

L'avis de LudiGaume

6- 6 décembre 2005
 
Top à LudiGaume
  preview
Avertissement sur ses notations

Caylus est sans nul doute le jeu de cette fin d'année 2005. La surprise, la claque.

Le jeu est d'abord agrémenté d'un matériel magnifique, fonctionnel, agréable. Une signalétique excellente qui vous aide dans toutes les étapes de la partie. Il faut juste noter les pièces servant de deniers d'une qualité affligeante mais passons ce n'est qu'un petit détail pour une merveille.

La règle, la première fois semble longue et interminable mais après deux tours de jeux tous les éléments sont clairs. Si vous avez l'occasion d'apprendre le jeu avec un ami ayant déjà joué, n'hésitez pas. Pour vous aider, je vous conseille de vous rendre sur le site des Jeux de Nim qui a réalisé un excellent résumé des règles.

Les mécanismes du jeu sont fluides, simples et offrent aux joueurs de nombreuses opportunités. De nombreuses stratégies peuvent être employées pour tenter d'emporter la victoire. Les stratégies peuvent être de construire les bâtiments afin d'atteindre les merveilles, de travailler plus sur le château pour ses points de prestiges, de miser sur les faveurs du roi, ... Il nous est arrivé de voir une partie où un joueur l'a emporté sans construire 1 seul bâtiment, seul le château, les faveurs du roi et l'influence sur le prévôt lui ont permis de l'emporter. Mais il n'est pas si évident de garder le cap de votre stratégie jusqu'au bout car un élément fabuleux dans ce jeu est l'interaction entre les joueurs.

L'interaction est très forte car le système d'un ouvrier par bâtiment, le prévot et le bailli influence votre jeu sans cesse. Sans oublier si le fait que dès que les joueurs passent, le coût de placement d'un ouvrier devient vite prohibitif. Par exemple, il n'est pas rare de voir un bâtiment être occupé avant vous. L'influence du prévôt peut fortement influencer les autres joueurs que ce soit au niveau de leur tactique sur le tour ou financièrement par peur de voir leurs ouvriers ne pas travailler. Il ne faut pas non plus oublier de surveiller les autres joueurs et ne pas leur laisser trop opportunités qui pourraient s'avérer fatale à l'issue de la partie.

Chaque partie de Caylus est différente car les stratégies employées par les joueurs orienteront la partie différemment. Ne fusse que les premiers bâtiments construits changeront la physionomie de la partie.

Un LudiGaume d'Or pour un jeu équilibré, passionnant, qui se renouvelle et bon dans toutes les configurations.

 
  • Les différentes stratégies possibles
  • L'équilibre nécessaire entre ressources et argent
  • Une fluidité qui masque la durée du jeu
  • Pas un gramme de hasard
 
  • Les pièces franchement décevantes
  • Pas toujours facile pour les daltoniens
6 commentairesMasquer
 

L'avis de Jérôme

1- De 3 à 5 parties jouées - 4 janvier 2008
 
Indispensable
  preview

Mieux vaut tard que jamais : voici mon avis sur Caylus. J’ai attendu pour le mettre en ligne car je voulais y rejouer et c’est chose faite.

C’est très bon : matériel superbe et mécanisme impeccable : argent pour placer des pions, les pions rapportent des ressources et les ressources génèrent des points de victoire (via des constructions plus performantes ou bien via la construction du château). La durée du jeu le met dans la catégorie des « gros », surtout si il y a 5 joueurs.

Le très astucieux mécanisme du pion « bailli » permet aux joueurs de mettre fin plus rapidement à la partie, décision qu’il est possible de contrer moyennant finance.

Par contre, le prévôt (qui peu rendre inactif des bâtiments de production) me laisse sceptique.

Dans cette catégorie, Les Princes de Florence reste mon favoris mais celui ci mérite certainement sa place dans toutes les bonnes ludothèques.

 
  • Matériel
  • Mécanismes
  • Les stratégies possibles
 
  • Le prévot
  • La durée qui peut en décourager plus d'un..
1 commentaireMasquer
 

L'avis de Stéphan

29 mars 2006
 
Top à Stéphan
  preview

Caylus est une nouvelle référence dans le domaine des jeux de gestion tactique à l’allemande.

En quelques mois, il s’est érigé de petit nouveau du paysage ludique français en incontournable et indispensable plaisir que tout bon joueur se doit de posséder dans sa ludothèque. Certains prétendent même qu’il pourrait détrôner Puerto Rico, considéré comme le meilleur dans cette catégorie de jeu.

Mais qu’est ce qui peut bien rendre ce jeu si attrayant ?

Pour moi la réponse est simple. Les mécanismes de ce jeu sont si bien réfléchis, si subtilement mis en place, tellement bien agencés les uns par rapport aux autres qu’ils donnent naissance à un jeu d’une richesse extrême. Chaque action est une donnée à intégrer dans un plan plus vaste, chaque décision, un acte tactique et stratégique à poser, chaque choix, un pas vers la victoire ou vers la défaite. L’impression de potentialité et de possibilité de ce jeu donne le vertige.

Complexité qui se cache derrière des règles finalement très simples. Evidemment, la première explication est assez laborieuse, les règles étant assez conséquentes en terme de contenu. Mais les principes s’assimilent rapidement et on se retrouve vite en train de déployer sa propre stratégie. La principale difficulté du jeu réside plutôt dans le lent apprentissage des éléments qui permettront de s’assurer victoire plutôt que défaite. Comme pour Puerto Rico, il faut plusieurs parties pour bien maîtriser l’ensemble des aspects du jeu. Et même ainsi, on se surprend à de nouvelles questions ou réflexions sur le fonctionnement du jeu entre chaque partie. D’ailleurs, jamais un jeu ne m’avait fait autant réfléchir a posteriori.

Evidemment, tout cela fait très cérébral. C’est vrai, le jeu est un must au niveau de l’émulsion intellectuelle. C’est aussi un très bon passe-temps. On s’y amuse beaucoup, surtout de la tension qui monte en cours de partie. Elle amène son lot de stress, d’incertitudes mais aussi de luttes et de coups bas entre les joueurs. C’est une lutte âpre et difficile qui s’annonce entre les joueurs, surtout quand on sait que quelques points de victoire feront toute la différence.

Au final, un jeu extraordinaire, riche, tactique, passionnant qui a vraiment de quoi séduire le plus exigeant des joueurs. A sortir et ressortir autant que possible.

Une véritable œuvre d’art ludique !

 
  • Innombrables choix tactiques et stratégiques
  • Mécanismes de jeux rodés comme une montre suisse
  • Riche et pourtant simple d’accès
  • Chaque partie est différente !
  • Parfaitement Equilibré !
 
  • Les pièces de monnaie !
  • Pas vraiment pour les joueurs occasionnels
Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Frédéric

Plus de 10 parties jouées - 27 janvier 2006
 
Top à Frédéric
  preview
Avertissement sur ses notations

Les caractéristiques essentielles d’un très bon jeu de gestion me semblent être, de manière résumée et en règle générale, les suivantes :

- la partie ne doit pas être gagnée ni uniquement dans les premiers tours, ni uniquement dans les derniers, chaque joueur doit pouvoir « construire son jeu » tout au long de la partie pour que chacune de ses actions soit importante ;
- le jeu doit être conditionné essentiellement par les décisions volontaires des joueurs de sorte que, si la chance demeure toujours et nécessairement une des composantes d’un jeu de société, ce jeu ne soit pas influencé dans une trop grande mesure par le hasard, c’est-à-dire par une ou plusieurs circonstances de jeu déterminées par un événement aléatoire (par exemple, un jet de dés, un tirage de cartes, etc…) ;
- un matériel de qualité ;
- un thème au minimum crédible ;
- beaucoup d’interaction entre les décisions des joueurs ;
- une durée de jeu suffisante pour permettre la mise en place d’une stratégie.


Voilà, c’est à mon avis le minimum requis. Caylus lui fait le maximum dans tous ces domaines.

Quel jeu époustouflant !

Caylus propose une mécanique de jeu très variée tout en demeurant très fluide. A chaque action, plusieurs choix cruciaux s’offrent à vous dès lors que vous pourrez décider d’une action pour préparer un coup futur ou pour obtenir un avantage tactique immédiat.

Les stratégies à mettre en œuvre dans Caylus sont extrêmement variées et sont intiment liées aux choix des autres joueurs et au nombre de joueurs. Le jeu se déroule en effet de manière sensiblement différente selon le nombre de participants. A cet égard, il convient de relever que le jeu fonctionne parfaitement de 2 à 5 joueurs.

Une règle de base me paraît toujours s’imposer : chacun de vos coups doit être optimisé, ce qui n’est pas nécessairement chose simple, mais se révèle vraiment très intéressant.

Grâce à ses immenses qualités stratégiques et tactiques, Caylus est un jeu dont je ne me lasse pas, tant les parties sont différentes. C’est également un jeu dans lequel on progresse régulièrement avec l’expérience, ce qui est un signe de très grande qualité.

Sur le plan du matériel, ce dernier est beau, solide et très pratique, sous la réserve des pièces de monnaies dont la laideur est franchement choquante, tant elle dénote avec la belle qualité des autres éléments de jeu. Une seconde édition est annoncée qui devrait corriger ce défaut très curieux et incongru. A voir.
Le plateau de jeu présente le gros avantage pour les nouveaux joueurs de contenir des pictogrammes bien utiles pour se rappeler certaines règles.
Une petite critique est parfois émise quant à la lisibilité des tuiles bâtiments. Il arrive parfois que certains joueurs confondent les couleurs indiquant les coûts de réalisation. C’est un détail mineur, il suffit d’être attentif.

Le thème du jeu est très crédible. Caylus n’est pas un jeu à thème fort mais son thème colle vraiment très bien aux mécanismes de jeu. On peut dire que Caylus raconte l’histoire de la construction d’un château et du développement du village voisin.

Caylus est souvent comparé à Puerto Rico et à Goa. Je connais trop mal Puerto Rico qui ne m’a jamais vraiment emballé. Par contre, j’apprécie beaucoup Goa.

Autant le dire tout de suite, connaissant maintenant Caylus, Goa ne m’attire plus tant.

Goa est en effet parfois conditionné par une part de hasard (tirage des cartes colons et symboles en fin de partie). Caylus pas.
Goa possède un thème peu crédible et franchement artificiel. Caylus pas.
Les enchères ne sont pas très maîtrisables à Goa (c’est souvent le propre des enchères). Ainsi si vous « loupez » une enchère, cela pourra vous handicaper jusqu’à la fin du jeu. Ce problème là ne se pose pas à Caylus. On peut faire un tour de jeu « faible » à Caylus sans que cela ne se répercute négativement durant toute la partie.
Le matériel est esthétiquement nettement moins réussi dans Goa que dans Caylus.

Caylus semble s’adresser plus à des joueurs habituels mais, j’en ai fait l’expérience, peut aussi s’adresser à des joueurs occasionnels tant ses mécanismes sont fluides et facilement assimilables. Caylus est un jeu d’une certaine complexité mais n’est pas compliqué. Il est en outre servi par des règles dont la qualité légistique est tout à fait remarquable : elles sont très claires, bien agencées et très complètes. Elles sont une fois de plus le signe d’une grande qualité d’édition.

La durée de jeu dépend bien entendu du nombre de joueurs. Il faut compter 2 bonnes heures à 5 joueurs, mais on ne voit pas le temps passer.

L’auteur doit être certes félicité pour son oeuvre, mais il convient également de souligner le soin remarquable dont a fait preuve l’éditeur. Il est manifeste, cela se ressent, que ce jeu a fait l’objet d’une grande attention et d’un solide travail de développement.

En résumé, j’adore Caylus qui est un jeu qui m’étonne à chaque partie par sa richesse et son remarquable équilibre. C’est le jeu de l’année 2005 et vraisemblablement LE jeu de société des nombreuses années à venir. Mon top du top sans aucune hésitation.

PS: les petits problèmes des pièces et de couleurs ont été parfaitement résolus dans la seconde édition.

 
  • règles parfaites
  • qualité générale du matériel
  • jeu d'une grande profondeur, très tactique
  • thème très crédible
  • très grande "rejouabilité"
 
  • les pièces de monnaie de la première édition
Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Raphaël

Plus de 10 parties jouées - 8 décembre 2005
 
Indispensable
  preview

Franchement, Ystari, je les attendais au tournant; en 2004, leur autre jeu, Ys, m'avait bien plu. Il avait des défauts mais je suis souvent très critique et j'avais vraiment été bluffé par la qualité de l'ensemble, et aussi par le prix très bas , particulièrement quand on considérait que c'était le premier jeu d'un petit éditeur.
Second jeu, Caylus... un des meilleurs jeux de ma grosse collection.

C'est du "gros" jeu de réflexion et la lecture de la règle peut en inquiéter plus d'un... mais si on se le fait expliquer, il ne faut pas plus de dix minutes pour comprendre comment il tourne.
Coté ambiance et thème, c'est assez abstrait, assez proche du jeu allemand. Le jeu n'en est pas froid pour autant, grâce aux nombreuses décisions à prendre, aux nombreux chemins vers la victoire, aux nombreuses interactions entre joueurs. Ce qui séduit surtout, c'est la sensation que tout y a été soigneusement équilibré.

Ce qu'on peut lui reprocher, c'est qu'il est un peu long; la durée annoncée sur la boîte est beaucoup trop optimiste.

La réalisation et le prix du jeux sont fidèles à ce qui va devenir sans doute une marque de fabrique chez l'éditeur: une grande qualité, une bonne ergonomie et un prix juste.
Comme Mr Ludigaume, je trouve que les pièces de monnaies sont moches - j'aurais préféré des jetons en carton à deux faces. Caylus devient un de mes jeux préférés, je vais les remplacer.

Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Zendor

De 3 à 5 parties jouées - 27 septembre 2006
 
Indispensable
  preview

Clairement inspiré de Keythedral, Caylus réussi un double exploit dans sa catégorie : de tous le jeux de développement sur le marché à ce jour, c'est probablement celui qui offre le plus d'options aux joueurs à chaque tour. La variété des actions permises est immense, et ne fait qu'augmenter au fil de la partie. Ensuite, et surtout, Caylus est probablement aussi le jeu de développement qui offre le plus d'interactivité, une caractéristique qui fait souvent défaut dans la catégorie où il se classe. Le système de Caylus est effectivement conçu de sorte que les joueurs n'ont pas le choix de lutter entre eux pour avoir le privilège de jouer en premier à chaque tour (la clé de la victoire). Et cette lutte, pour une fois, ne se fait pas sur un petit plateau individuel à chacun ou encore sur une zone géographique isolée. Elle se fait à travers une séquence d'événements desquels chacun essaiera de tirer le meilleur profit. Ajouter à cela des mécanismes ingénieux du cru de l'auteur (les règles du Prévot et du Bailli) et on ne pourra pas se surprendre de retrouver Caylus comme la grand favori des ludophiles sur les deux côtés de l'Atlantique en 2005-2006.

 
  • Aucun hasard
  • Originalités du Bailli et du Prévot
  • Interaction entre les joueurs
  • Très grande profondeur ludique
 
  • Durée des parties
Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Xavo

Plus de 10 parties jouées - 18 juin 2006
 
Indispensable
  preview

Commençons par le matériel. Vous trouverez dans la boite de Caylus du papier, du carton, du plastique et du bois. Tout cela vous permettra de jouer sans problème même si les composants ne font vraiment pas dans le tape à l'oeil. Notez que si la règle est assez laborieuse à lire, le plateau est particulièrement bien pensé et didactique.
Une fois les règles ingurgitées, la sobriété de l'action à réaliser est frappante à Caylus. A votre tour, vous vous contentez en effet de placer un ouvrier sur un bâtiment du plateau ou sur le château. Ce placement peut être difficile à déterminer et ses implications complexes. Il peut également s'insérer dans une suite de placements de pions qui répondent au mieux à votre stratégie. Néanmoins, l'action de jeu est simple et il est ainsi rapide de savoir ce que l'on doit faire : placer un ouvrier.
Derrière cette action simple se cache pourtant un jeu d'une richesse rare. La variété des effets des bâtiments et de leur activation, des ressources et de leur rareté, des faveurs royales, des moyens de gagner des points de prestige, des moyens d'en perdre, de l'ordre du tour de jeu, du coût du placement d'un ouvrier, de la survenue de la fin de la manche et de la partie font que Caylus offre de nombreux leviers pour atteindre votre objectif. Tout cela pourrait faire penser à un joyeux capharnaüm, mais il n'en ai rien. Il ne suffit pas à Caylus de faire un peu n'importe quoi pour finalement prétendre gagner : le jeu est équilibré uniquement dans le sens où il n'existe pas de voie royale vers la victoire mais il convient de penser sa partie tant sur le court terme que sur le long terme. Il faut en effet trouver le moyen d'engranger beaucoup de points : au début, les joueurs visent les bâtiments de prestige ou la participation au château. Néanmoins, suivant les bâtiments créés, l'or, les ressources ou les deniers peuvent directement devenir de nombreux points de prestige.
Si les actions des autres joueurs et le développement du jeu peuvent contrarier votre stratégie, les multiples voies offertes font que la capacité d'adaptation des joueurs est forte. Il faudra en effet souvent s'adapter dans ce jeu : assez rapidement les premiers bâtiments construits orientent le jeu et chaque joueur doit sur cette base trouver un moyen de gagner un grand nombre de point de prestige chaque tour, mais aussi, trouver un moyen de développer une dynamique qui lui sera propre.
Évidemment, le nombre de joueurs influencera le contrôle que vous pourrez exercer sur le cours du jeu et votre capacité à prévoir sur le long terme. A deux joueurs, vous bénéficiez de plus d'espace qu'à cinq et le nombre de bâtiments construits n'est que légèrement moindre (les ressources étant partagées entre les joueurs de toutes façons). A cinq, la concurrence est forte et vous risquez de souvent remettre au tour prochain un placement d'ouvrier qui vous est précieux : pour cela, vous devrez occuper une des premières places, sinon la première. L'ordre du tour, qui est modifié à volonté par les joueurs via un bâtiment, est un enjeu de plus en plus crucial avec l'augmentation du nombre de joueur. Gagner sans avoir été premier à cinq joueurs me semble quasiment impossible. La variation de l'ordre de jeu participe ainsi à maintenir un certain contrôle sur le jeu malgré l'augmentation du nombre de vos compagnons de table. Ce système fonctionne un peu comme celui de Puerto Rico, où le premier joueur tourne chaque tour, mais de façon plus maîtrisée puisque vous pouvez choisir de passer premier sans avoir à attendre un tour de table (et parce qu'il n'y a pas que quelques actions réalisées par tour).
Le jeu a bien quelques défauts. La porte, le premier bâtiment, est peu utile et ce d'autant moins que vous jouez nombreux. Il est nécessaire d'aligner quelques parties afin de connaître les bâtiments et le système de faveurs pour commencer à véritablement apprécier le jeu. La construction d'une « maison » dans chaque partie du château est quasiment incontournable : la première maison vaut en effet 7 points (en ajoutant ce que l'on gagne et ce que l'on ne perdra pas) et il est difficile de s'en passer sur les 3 phases. Sachant qu'elle peut, en plus, vous rapporter une faveur si vous agissez au moment opportun, sa construction est quasiment obligatoire.
Néanmoins, ces quelques points ne sauraient gacher un jeu qui plaira à tout amateur de réflexion, qu'une partie de deux heures ne fait pas fuir.

Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Guillaume

De 6 à 10 parties jouées - 26 septembre 2006
 
Sympathique
  preview

Il en fallait un pour prendre le contrepied de tous les avis : ce sera moi.
Je ne le fais pas de gaité de coeur. L'auteur et l'éditeur du jeu sont tous deux extrêmement sympathiques et le jeu est reconnu et applaudi des deux mains en Europe comme aux Etats-Unis. Seulement voilà, il y a des réfractaires à Caylus et j'en fais partie. Oh, pas au point de refuser d'en faire une partie et de nier toutes ses qualités. Il s'agit principalement d'un sentiment désagréable qui naît généralement en fin de partie : tout ça pour ça ?

A ce léger rejet, deux causes identifiables :

La première est conjoncturelle. Je ne sais pas ce qu'est une partie de Caylus de 2h de temps. Toutes mes parties (environ 5, toujours à 5 joueurs) flirtent ou dépassent les 4h de durée. Il n'y a pas de secret : je joue avec des gens qui prennent leur temps et aiment compter et recompter. En fait, ils apprécient de réfléchir leur tour en fonction de leurs ressources et de leur stratégie, comme tout à chacun mais ils aiment également se mettre à la place des autres joueurs et recherchent "le coup qui fait le plus de mal aux autres tout en leur faisant le plus de bien".
J'avoue que j'ai du mal à atteindre ce stade et que j'ai soif de plus de fluidité. Si les débuts de partie sont généralement dynamique, le rythme s'embourbe au fur et à mesure du jeu jusqu'à m'amener à consulter frénétiquement ma montre dans l'attente de la fin du supplice. Pour adoucir tout ce que je viens d'écrire : on peut jouer à Caylus plus rapidement et à moins de joueurs et on peut surtout apprécier cette réflexion profonde et intense mais ce n'est pas mon cas. A noter que le prévôt participe grandement à ces temps morts : son déplacement faisant l'objet chez nous de longues négociations et des pires traîtrises.

La seconde est plus personnelle. Après 5 ou 6 parties de Caylus, j'ai toujours du mal à comprendre quels sont les chemins qui mènent à la victoire. Je vois bien que certaines lignes de faveur sont plus profitables que d'autres, je comprends bien les choix de bâtiments mais je ne vois pas les grandes lignes et les méthodes à suivre... Au bout de 5 à 6 parties de Puerto Rico, on connaît plus ou moins les grandes stratégies disponibles : café-maïs, manufacture, mono-production et on peut composer sur un thème. A Caylus, il me manque la partition : j'ai l'impression de ne guère avoir progressé au fil de mes parties. Comme le dit lui-même l'auteur, le jeu est très tactique : il convient de faire chaque tour ce que les autres ne font pas. Je ne doute pas non plus qu'il y ait de grandes voies stratégiques que les joueurs sur internet ont peu à peu assimilée mais elles ne sont pas faciles à identifier. Ce défaut, qui est aux yeux de nombreux joueurs une qualité, du fait d'une durée de jeu trop importante me décourage de m'investir dans le jeu. Il me paraît trop gourmand en temps et en énergie.

Ceci étant dit, je suis persuadé d'y rejouer (sans doute avec d'autres pratiquants) et sans doute de me documenter un peu avec ce que l'on trouve sur internet mais ce ne sera pas sans grand effort de ma part. Sauf changement d'avis total, je ne pense pas que Caylus rejoindra ma ludothèque.

Maintenant que je me suis expliqué sur ma déception, je peux en venir à la partie la plus agréable et mettre en relief ses qualités. Le jeu est d'abord esthétiquement réussi : les couleurs sont vives et la symbolique utilisée pour les coûts et bénéfices des bâtiments globalement très lisible. Le coeur du mécanisme de jeu est simple et pensé pour être rapide : un ouvrier par tour.
A chacun d'en faire le meilleur usage possible et de gérer les priorités : toutes les actions que l'ont désire ne seront peut-être pas disponibles au tour suivant : quelle priorité donner ?
Le hasard est totalement exclu du jeu (pour beaucoup, c'est un plus... Mais c'est aussi ce qui cause ces temps de réflexion sus-mentionnés). Les tours de jeu des joueurs sont extrêmement bien pensés : on paye pour remonter dans l'ordre principal du tour, on s'adapte également pour gérer l'ordre du tour du prévôt qui menace et punit.

Au final, je n'irai pas jusqu'au "Peu Captivant" mais ne peut me résoudre, en ce qui me concerne seulement, de le qualifier de "Très Bon" du fait des remarques faites précédemment... Restons donc sur le "Sympathique" en rappelant que le jeu est plébicité par quantité de joueurs avertis. Mon avis n'est qu'un léger bémol indiquant qu'il existe aussi des joueurs à qui le jeu plaît moins. A chacun de se faire sa propre opinon.

 
  • Une compilation de mécanismes réussis
  • Une interaction subtile sur les bâtiments
  • Les aspects tactiques liés aux placements des ouvriers
  • Le nombre variable de tours de jeu
 
  • En proie à l'analysis paralysis
  • Des parties qui s'éternisent
  • L'absence totale de hasard
  • Une dimension stratégique délicate à déchiffrer
Aucun commentaireMasquer
 

L'avis de Grunt

6- Plus de 10 parties jouées - 2 juin 2007
 
Top à Grunt
  preview

Fervent adepte des soirées Fireball, je joue à ce jeu depuis Février 2005 avec au moins plus de la moitié des parties soit avec l’auteur, soit avec l’éditeur. Si vous ne pensez pas trouver une certaine objectivité (toute relative j’en conviens) dans l’avis suivant, ne vous ulcérez pas à lire la suite :P

Quand on lit une première fois la recette, on craint l’indigestion devant la multiplicité des ingrédients : une gestion mixte de ressources (nourriture, bois, pierre, tissu et or) et d’argent, un nombre conséquent de bâtiments, un mécanisme d’activation de bâtiments, des moyens multiples et transverses de gagner des ressources/marquer des points…

Est-ce qu’on est pas en présence d’un plat qui à vouloir donner un jeu de gestion exigent n’en est que trop riche ? Quelques tours (de cuillère) et on se rend compte de la fluidité autour d’un mécanisme central somme toute assez simpliste (je pose des pions et je récolte). Tout s’imbrique pour satisfaire le palais, en dévoilant au fur et à mesure des parties ses arômes et sa délicate subtilité.

Il y a d'abord le prévôt aux niveaux multiples :
- celui passant en dernier ayant le plus grand pouvoir sur lui, il fait partie intégrante du système de passe, contrebalançant l’avantage de passer tôt (pièce bonus et placement plus coûteux pour les autres)
- un petit jeu du « si tu avances quand je recule » pour l’activation qui conduit à des négociations pimentées, et parfois quelques aigreurs d’estomac
- un marqueur de temps pour la partie accélérant la cuisson aux différents décomptes et pour certains, les carottes seront cuites avant l’heure.
A ce titre, la porte (un des bâtiments spéciaux) peut accroître la frustration autour du prévôt, surtout si la guilde est choisi.

En cours de partie, on est souvent tiraillé entre 2 voies principales.

D’une part le développement de la ville qui sera le moteur de la partie. D’une situation initiale où les ressources sont d’inégales raretés (du bois et de la nourriture communes, à la moins commune pierre puis au tissu, et enfin à l’inaccessible or), on se dirigera vers d’autres distributions inégales, qui influenceront complètement les décisions à prendre, que ce soient les positions à investir rapidement lors du placement, ou même les constructions suivantes (les combinaisons dans l’ordre de construction ayant leurs importances).

D’autre part le chantier du château source principale de points « directs » et de faveurs royales. Ces faveurs pourront servir tactiquement à combler un manque (d’argent, de ressources ou de bâtiments construits) mais seront également le principal moyen d’élaborer une stratégie (le plus souvent à court terme, sur 2 ou 3 tours de jeu). D’autant plus que l’auberge et le champ de joute seront des pierres d’angles pour véritablement révéler un investissement intensif dans cette voie.

Au final, un jeu de gestion pour opportunistes et hautement tactique, dont la multiplicité des moyens de marquer des points (entre construction de la ville, du château, ou conversion) permettra de retomber sur ses pattes. Le plus troublant, et c’est ce qui fait l’âme d’une grande recette, c’est de ne pas avoir un chemin clair vers la victoire : on rajoute une pointe de sel, une pointe de poivre, on goûte, on adapte, on recommence… Il va falloir sentir où le courant nous mène.

La cerise sur le gâteau: ce jeu est une merveille dès 3 joueurs. Je préfère personnellement à 3 ou 4 joueurs, mais du jeu à 2 plus cérébral, au jeu à 5 opportuniste où tout est rare, tous y trouveront leurs comptes. Et des stratégies toutes différentes et de puissances variables en fonction de ce nombre.

Rien de feint dans cet avis dithyrambique. Le plaisir est complet et véritablement, chaque partie de Caylus a pour moi été une évasion ludique réussie, d’autant plus que je ne cesse de m’étonner de son renouvellement. Et je ne refuse jamais une partie (même si c’est la troisième de la semaine). Il rejoint sans honte le panthéon des jeux qui m’impressionnent simplement par leurs mécanismes : Puerto Rico et Princes de Florence en tête de liste (et sans problème mon top 1).

Bref un régal !

 
  • Le renouvellement des parties (si on ne construit pas toujours les mêmes bâtiments)
  • La richesse et les voies de développement
  • Le prévot dans son coté tactique (activation du tour) ET stratégique (accélerateur de partie)
  • Les faveurs transverses
  • Excellent à 3 et 4 joueurs
 
  • Jeu à 5 à éviter en partie de découverte (beaucoup plus pauvre en ressources)
  • Jeu à 2 plus cérébral (la dimension négo disparait) et parfois trop scripté
6 commentairesMasquer