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LudiGaume : Articles

Edito d'otobre 2006 - Agir !

Avant de parler de jeux, je vais vous parler du travail.

Le type de maladie le plus répandu dans le milieu du travail est celui des troubles dits "musculo-squelettiques" (ou TMS). C'est de loin la première maladie professionnelle en France mais aussi dans tous les pays industrialisés qui réalisent un tant soit peu de statistiques.

Face à ces maladies, on constate un échec à long terme des remèdes classiques : la médecine, en particulier la kinésithérapie, et l'adaptation de poste de travail. Ces troubles sont dits multifactoriels : de nombreux facteurs professionnels agissent en effet de concert (gestes et postures, âges, organisation du travail,...). Ainsi, soulager simplement les symptômes, apprendre à réaliser de "bons gestes" de travail ou encore modifier le poste pour limiter les gestes dangereux ne suffisent pas. L'INRS (Institut National de Recherche en Sécurité) et l'ANACT (Agence National pour l'Amélioration des Conditions de Travail) invitent à adopter une approche globale : il faut évidemment éliminer les gestes dangereux, mais surtout analyser l'organisation du travail qui peut se révéler directement nocive pour la santé des salariés. Cette approche est dite "ergonomique", car l'ergonomie a pour objectif d'analyser l'intégralité d'une situation de travail et non simplement les outils ou les postures (on est loin ici de ce que les informaticiens appellent "ergonomie").

De nombreux chercheurs et praticiens s'accordent sur le fait que cette maladie possède une composante psychologique importante. En effet, les salariés les plus touchés par les TMS sont également ceux dont le "pouvoir d'agir" est le plus faible. Qu'est-ce donc que ce "pouvoir d'agir" ? C'est la capacité que nous avons à nous adapter aux contraintes du travail pour réaliser les objectifs fixés, par nous-mêmes ou par la direction. Quelques exemples : il s'agira de pouvoir rattraper le retard pri sur une tâche lors de la tâche suivante ou d'être capable d'améliorer la qualité de son travail ou encore de répondre tout de même à une prescription inadaptée par rapport aux moyens dont disposent le salarié. L'intensification du travail, la segmentation des tâches, la segmentation des composantes de l'entreprise (marketting, production...), la responsabilisation sans les moyens de l'assumer, l'isolement, ... Ce sont autant de caractéristiques de l'organisation du travail qui limitent au final le pouvoir d'agir du salarié et donc sa capacité à s'adapter aux contraintes du travail afin de réaliser un travail de qualité qui le valorise et le protège. L'augmentation du "pouvoir d'agir" est aujourd'hui une solution préconisée pour enrayer l'augmentation des cas de TMS.

Et le jeu dans tout ça ? Vous ne voyez pas ?

Un jeu de société peut se réduire à l'extrême à la création de contraintes et de capacités à répondre à ces contraintes pour atteindre un but, celui du jeu. La défaite est la perte de cette capacité d'agir.

Rares sont les cas de TMS dans l'univers du jeux de société !

Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser qu'un des plaisirs à jouer est de pouvoir gouter à ce plaisir d'avoir les moyens d'atteindre son but. Il est si courant dans la vie quotidienne et si couteux parfois, comme pour les TMS, de ne pas avoir les moyens d'atteindre ses buts. On peut jouir pleinement de cette capacité lors d'un jeu de société en sachant que sa perte est sans grandes conséquences. Un "mauvais joueur" n'est-il pas simplement quelqu'un qui base une partie de son identité sur la victoire ou la défaite et qui subit donc le stress lié à la perte de sa capacité à agir pour gagner ?

De là à penser que le jeu est bon pour la santé, il y a un pas. Peut-être sera-t-il franchi dans un futur édito...

Par Xavo - 4 octobre 2006

1 commentaire

  1. AirV 20:44 05.10.2006

    Justement dans le jeu l'ensemble des contraintes peut être librement organisé afin de tenter d'obtenir l'objectif fixé. Et si à un moment du jeu, nous perdons la capacité d'agir sur son déroulement, alors nous pouvons revoir l'objectif : "je vais essayer de ne pas finir dernier ". C'est ce qui fait toute la différence avec le monde du travail dans lequel la stratégie est figée et l'objectif immuable.

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