L'avis de Xavo

Plus de 10 parties jouées - 28 juillet 2018
 
Indispensable
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Avant de vous en dire davantage, je garantis que cet avis ne dévoilera rien du scénario qui vous attend si vous n’avez pas déjà franchi le pas.

L’édition est réussie à plusieurs points de vue. Le jeu se révélera coloré, les textes plutôt bien écrits, le matériel amplement suffisant et pratique et le tout pour un prix somme toute raisonnable. En effet, vous décrocherez tout cela pour 49 euros (quand il sera de nouveau disponible) : il n’y a pas de secret, le jeu a été fabriqué en Chine et importé sous nos latitudes via un déplacement maritime. Le coût écologique en vaut-il la chandelle ? Quand on sait que le jeu ne servira qu’une fois (soit de 12 à 24 parties quand même) sans pouvoir être revendu, on peut vraiment se poser cette question. Le moins que l'on puisse dire est que la question d'un développement soutenable ne semble pas intéresser Filosfia... Notons que les règles ne sont pas toujours très claires en particulier avec les nombreux ajouts liés au mode Legacy et nous avons quelquefois eu recours un internet pour éclaircir tel ou tel point.

Le mode Legacy (« héritage » en français) est un mode de jeu où la situation de départ évolue à chaque partie sur la base d’un scénario prédéfini. Les joueurs reprennent « l’héritage » de leur partie précédente. Dans sa version classique, Pandemic est un jeu au thème présent. S’il s’agit essentiellement d’un casse-tête collectif, comme bon nombre de jeux coopératifs, il est scénarisé et les mécanismes collent bien au thème. Dans sa version Legacy, Pandemic verra son scénario évoluer renforçant encore la présence du thème et apportant beaucoup plus de variétés.

Tout commença pour nous un jeudi d’été aux environs de 19h00 et se termina le dimanche qui suivit aux alentours de 15h00. Nous ? Un groupe de 4 joueurs et joueuses endurcis, amis de surcroit. Dix-sept parties, plusieurs pauses repas et dodo plus tard, nous avions triomphé de la menace virale avec un honnête score de 753 points, quelques retards de sommeil et une prise de poids certaine du fait du grignotage ! Mais surtout, nous avions vécu quelque chose.

Qu’avions-nous donc vécu ? Le jeu permet de vivre à quatre en présentiel et en coopération une grande aventure avec d’intenses moments de victoire sur le fil où l’on se claque mutuellement les mains et des défaites cinglantes dont il faudra se relever. Cela me rappelle de lointains souvenirs d’enfance… ces moments où les playmobils et lego s’animaient pour nous faire vivre une épopée formidable. Cela m’évoque aussi les sensations que procure une grande saga de fantasy ou de science-fiction dans laquelle les héros affrontent des périls planétaires. Cela me renvoie surtout à mes soirées (nuits !) de jeux de rôles entre amis où nous partagions rires et aventures sous l’égide d’un maître de jeu, orchestrateur bienveillant de notre plaisir.

Le jeu se décompose en douze parties, une pour chacun des douze mois de cette lutte contre la menace virale. Chaque mois peut être rejoué une fois en cas d’échec. Le plateau évolue à chaque partie de façon irrémédiable en fonction des actions des joueurs. Nous nous sommes ainsi habitués à notre monde à nous, avec ses particularités (dont je ne dirai rien pour ne rien révéler). Il n’y aura pas un plateau qui ressemblera à un autre : chaque groupe de joueurs verra son monde évoluer différemment, posant ses propres difficultés et offrant ses propres avantages. Si le matériel l’avait permis, le jeu posséderait ainsi une bonne rejouabilité : refaire la campagne ne revient pas à rejouer la même partie ! Il est d’autant plus dommage que l’éditeur ait fait le choix de ne pas l’autoriser.

Plus le jeu avance et le scénario s’installe, plus les parties nécessitent briefing et débriefing. Le temps de jeu est donc composé à la fois de la « vraie » partie mais aussi de tout ce qui se passe entre les parties. Ceci impliquera de nombreux et nouveaux choix à faire entre chaque partie. Les choix des améliorations et des personnages, par exemple, a donné lieu dans notre groupe à beaucoup d’échanges. Il ne faut donc pas partir sur un temps de jeu d’une heure : le méta-jeu rajoute facilement 50% de temps en plus. Bien préparer sa stratégie et donc son équipe avant de rentrer dans la partie est essentiel pour éviter la défaite. Lire les cartes Legacy et ouvrir les dossiers secrets ainsi que les boites avec les nouveaux éléments offrent un vrai plaisir sur un mode "calendrier de l'Avent" qui fait intégralement partie de l’expérience.

J’ai eu parfois la sensation de redites durant les 17 parties : le mécanisme de base reste celui de Pandémic première version et lutter contre les virus m’a quelque peu lassé en milieu d’année. Les rebondissements du scénario ont effacé ensuite cette sensation de faire la même chose à chaque partie. Le jeu est très bien construit : il évolue tout en offrant de plus en plus de possibilités sans jamais tomber dans le déséquilibre ou offrir de martingale. Un travail d’orfèvre en terme de game design.

Pandemic Legacy m’a permis de vivre un grand moment : un moment d’amitié en le partageant avec trois personnes formidables, un moment ludique en affrontant une mécanique bien huilée offrant de plus en plus de défis et un moment immersif en me plongeant dans un scénario efficace. Il mérite donc amplement son classement dans le top 5 de Boardgamegeek dont il occupa quelques temps la première place.

 
  • Très bien conçu
  • Une superbe expérience
 
  • Non soutenable

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