Thème du jeu


Splendor s’explique en cinq minutes et se joue en une demi-heure,
aussi bien à deux qu’à trois ou quatre joueurs.
Dans Splendor, vous dirigez une guilde de marchands.
À l’aide de jetons symbolisant des pierres précieuses, vous allez acquérir des développements qui produisent de nouvelles pierres (les bonus). Ces bonus réduisent le coût de vos achats et attirent les nobles mécènes.
Chaque tour est rapide : une action et une seule !
Le premier joueur à parvenir à quinze points de prestige en cumulant nobles et développements déclenche la fin de la partie.

(c) Space Cowboys

Cela ressemble à quoi ?


Splendor - 1
Splendor - 2
Splendor - 3
Splendor - 4
Splendor - 5
Splendor - 6
 

L'avis de LudiGaume

1- De 6 à 10 parties jouées - 22 mars 2014
 
Indispensable
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Avertissement sur ses notations

Avec Splendor, un nouvel éditeur se jette dans l'arène du monde ludique qui ne cesse de bouger. Mais, celui-ci ne part pas dans l'inconnu car c'est un équipe de vieux briscards du jeux de société francophone qui se cache derrière.

Alors, créer une équipe de grosses pointures, cela fonctionne, cela donne quoi comme jeu ?

Splendor, c'est avant tout un édition magnifique. Des jetons de poker aux couleurs des différents joyaux, des cartes magnifiquement illustrées et une boîte magnifique. L'illustrateur, inconnu au bataillon. dévoile tout son talent. Et malgré tout, il arrive à donner vie à un thème qui est quand même plaqué. Mais l'ensemble des illustrations donne corps au jeu ne déplaît pas au bout du compte. Très réussit.

Alors, il faut noter que le choix des couleurs Rouges et Vertes sur les cartes peut gêner les daltoniens. J'avais lu beaucoup de critiques sur ce sujet mais lors de la découverte du jeu, je me suis étonné à ne pas être gêné. On peut se demander pourquoi le rappel de la pierre associée n'est pas fait, avec un chiffre dessus. Enfin, rien de bien méchant mais dommage que les daltoniens ne soient pas pris en compte lors du développement.

Le jeu s'explique en 5 minutes top chrono. C'est d'une limpidité effrayante avec des actions élémentaires claires, concises. On entre dans la partie rapidement et se jette sur les jetons. Oui au début, on collectionne les jetons pour rapidement acheter des pierres qui permettront d'obtenir les joyaux des niveaux supérieurs. On collectionne, on se révserve des cartes, on améliore sa capacité d'achat. Et c'est bien là toute la magie de Splendor. C'est ce rythme lent qui s'accélère sur la fin de partie pour finir en apothéose et l'arrivée des nobles qui vont rapidement porter un joueur vers la victoire.

Splendor est un beau jeu, rapide, prenant et avec un rythme étonnant qui donne des parties qui s'emballent et c'est vraiment grisant sur la fin.

Un jeu indispensable que l'on ressort avec plaisir et envie.

Un premier opus très prometteur pour la suite des aventures des Space Cowboys.

 
  • Matériel magnifique
  • Des règles simples et limpides
  • Le rythme étonnant de la partie
 
  • Le thème plaqué mais qui va bien quand même
  • Le choix des couleurs encore un peu limite pour les daltoniens
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L'avis de Damien

10- De 3 à 5 parties jouées - 7 juin 2014
 
Peu Captivant
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Partout, systématiquement, les mêmes éléments de langage pour parler du jeu et vanter ses mérites: "il se joue et s'explique vite..."; "il fonctionne super bien"; "les vendeurs le vendent sans problème à des non-joueurs"; "il part comme des petits pains"; "il est nominé au SDJ." Désolé, mais c'est un peu court pour moi. D'abord parce qu'il n'est pas le seul dans son cas, que le fait que ça fonctionne n'est pas une justification a priori de sa qualité, et que je n'ai jamais vraiment compris l'intérêt des choses qui "se lisent vite", "se mangent vite", "se jouent vite", "se livrent vite". Pour faire quoi une fois que vous avez terminé ? Retourner au travail ? Consommer à nouveau ?

D'ailleurs, après plusieurs parties de Splendor, toutes oscillant entre le froid polaire et le presque tiède, j'ai plus l'impression d'avoir perdu du temps qu'en avoir véritablement gagné. Pour ainsi dire, je n'ai même pas détesté, à vrai dire on n'en est pas à ce niveau là d’affect. Juste... rien. Et si je prends du temps pour revenir ici, c'est un peu comme dans le cas de Spyrium (si, si rappelez vous, le "qui se met vite en place et se joue vite" de l'année dernière... et qui, visiblement, s'oublie tout aussi vite), cela tient plus de l'envie de comprendre et de débattre que du plaisir sadique. Je le fais d'autant plus facilement que l'entreprise Splendor est désormais un succès et que la machine -- nomination, promotion, Tric Trac, etc. -- est tellement bien lancée que mes propos resteront mineurs et sans incidence. Ce qui me permettra de digresser un peu plus vers la subjectivité.

Mais, d'abord, si je me place sur un strict plan objectif, en critique que je ne suis pas, que j'essaye de me détacher de ce que je ressens quand je joue ou quand je m'arrête et vois la table silencieuse, il y a effectivement des choses à retenir:

- L'idée des jetons transposés du poker fonctionne vraiment très bien. C'est tactile, cela apporte de la consistance et fait oublier pas mal de choses au passage (comme le manque de consistance justement). Une idée presque aussi efficiente que la sonnette de Pit.

- Le rythme de la partie va crescendo et se conclut rapidement, frénétique comme les mails qui arrivent au bureau et exigent une réponse immédiate. Notre cerveau reconnaît l'exercice, n'est pas trop dérangé.

- les décisions semblent nombreuses, fréquentes; prises rapidement, elles donnent l'impression de choix constants, alors qu'au final, on n'en a pas tant que ça et que c'est assez étroit ce qu'il se passe là.

- le terrain est assez familier pour les joueurs habitués, assez accessible pour les autres. Le fameux format familial +, belle invention marketing.

- L'interaction est indirecte, quelque part entre l'adaptation à l'autre et la construction d'un moteur. Réserver les cartes, prendre les jetons, c'est d'abord pour soi, mais ensuite pour gêner. Pas mal.

- Difficile aussi de ne pas reconnaître qu'en termes éditoriaux, c'est un jeu très "pensé": ultra-performant, très adapté, facile à vendre.

- Il y a un coté "shoot", un peu comme quand on absorbe un gros milk-shake à la fraise: ça flatte le palais, on a envie d'en reprendre.

Le problème c'est que tout ça lui donne ce petit coté cahier des charges hyper-strict et respectueux des attentes, autrement dit quelque chose d'à peu près aussi excitant et personnel que le manifeste des éléments à placer dans Transformers 3 (une "bombe" pour remplacer Megan Fox, fait; une utilisation des effets spéciaux au service d'eux même plus que du récit, fait.) Au final, Transformers 3 n'est pas désagréable. Spendor non plus. Mais quelque chose échappe dans les deux cas à la machinerie méticuleuse, ce quelque chose qui a à voir avec une âme (et le fait que Megan Fox était peut-être un peu plus qu'un simple faire-valoir sexy).

Bien sûr, tous les arguments évoqués plus haut en faveur de Splendor s'entendent. Par contre, l'un avec lequel je suis largement en désaccord, concerne "la beauté des illustrations". Je suis le seul à trouve ça pas très beau et pourvu d'une iconographie un peu grossière ? Je deviens gâteux ou quoi ? Il y a quand même largement mieux dans la production actuelle, non ? A mon sens, ce n'est pas un problème de cohérence thématique -- de thème il n'y a pas, mais dans ce genre de produits, ça ne me dérange pas, bien qu'on puisse lui reprocher que certains parviennent à trouver un thème inexistant qui soit un peu plus original... -- juste de plaisir esthétique.

Autre grief, pour lequel l'auteur et l'éditeur n'y sont pour rien d'ailleurs, c'est que ans la manière dont il est défendu. Il y a comme une forme d'écrasement: le passé (Les aventuriers du rail, et autres jeux largement plus intéressants et accessibles) et le futur (qu'en sera-t-il de lui dans deux ans ?) sont écrasés au profit d'une énorme prime au présent ou, plutôt à l'instant. C'est le jeu "du moment" et cela suffit à lui donner plus d'attrait qu'un jeu d'hier. Mais c'est un peu court au regard de ce qui est réellement proposé dans ce jeu. Pourquoi Spendor plutôt que Coloretto ? Que Les aventuriers du rail ? Hanabi ?Ou même Augustus ?(si, si souvenez vous, le nominé de l'année précédente qui était souvent pronostiqué vainqueur) Qwixx (idem) ou Minivilles ? Je veux dire: à part le fait que c'est le dernier arrivé ? Pour prendre un autre exemple: entendre Dominion dénigré comme il peut l'être et Splendor encensé comme ça, cela fait vraiment étrange, une évaluation sans perspective, comme si l'histoire s'effaçait au fur et à mesure.

Tout ce qui précède est assez personnel cependant. Ce qui l'est moins c'est l'absence criante d'originalité: beaucoup reconnaîtront que la mécanique est essentiellement composée de chaînages de ressources qui permettent d'acquérir d'autres ressources ou des tuiles bonus, se transforment en points de victoire... autrement dit quelque chose dans lequel nous baignons depuis longtemps. Si le Jury du Spiel est, comme il l'affiche, en quête d'originalité, cela me ferait un peu de mal au fondement qu'il désigne au final celui-ci. Le mérite du jeu de Marc André reste d'épurer une recette déjà connue, c'est sans aucun doute sa grande réussite, mais dans l'opération on perd quand même au change des saveurs, de la chair, de la matière... Cela lui donne un coté vaguement désincarné: par rapport à des jeux auquel il fait fortement penser -- Sankt Petersburg, par exemple, qui ne demande pas beaucoup plus d'efforts... -- il ne me "raconte" absolument rien du tout et donne à ressentir une expérience assez pauvre en termes ludiques. Reste les jetons qui font une agréable diversion... Lenteur, durée sont des composantes importantes dans un jeu, non ? Oui, j'ai fait 15 points, et alors ? Qu'en reste-t-il après ? En quoi est-ce mémorable ? Sur toutes les tables auquel j'ai participé, dans toutes les parties auquel j'ai assisté, l'ambiance était assez merdique quand même. Studieuse, mais froide. Vous aimez jouer comme ça, vraiment ? Sans moi.

 
  • Il performe...
 
  • ... mais plus comme Bjorn Borg que comme Yannick Noah
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