L'avis de Raphaël

De 6 à 10 parties jouées - 27 février 2008
 
Très Bon
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Cuba est encore un jeu qui souffre de comparaisons, et c'est assez compréhensible étant donné son thème qui rappelle bien sûr "Puerto Rico" (les Caraïbes, les plantations, les rôles, les bateaux qu'il faut charger de marchandises) et "Les Piliers de la Terre" (les lois sur des cartes, présentes aussi dans l'excellent mais largement ignoré "Keythedral").

Les influences sont indéniables, mais quelques originalités mécaniques, telles le système de commerce (qui rapelle Funkenshlag) ou bien les cartes de rôle dont le reliquat du tour sert à voter, ainsi qu'une ambiance de république bananière assez caricaturale et très réjouissante en font un des meilleurs jeux sortis en 2007.

Une fois n'est pas coutume, je vais rentrer dans les détails d'un tour pour démontrer le vrai tour de force de Cuba: réutiliser des mécanismes divers et en faire un mélangé équilibré.

D'abord, quatre propositions de loi sont révélées; à la fin du tour, deux de celles-ci seront passées, choisies par le joueur qui récolte le plus de voix.

Ensuite, les joueurs vont jouer tour à tour et une par une quatre des cinq cartes qu'ils ont en mains; ces cartes sont les mêmes pour chaque joueur et déclenchent des actions telles que la construction de bâtiments, la production de marchandises ou leur chargement sur un bateau; tout cela permet de construire une machine à produire des points qui ressemble bien sûr à celle de "Puerto Rico".
Ces cartes ont aussi une valeur de un à cinq, et on en joue que quatre.

La cinquième carte sert à la phase "parlement" du jeu; la valeur indique le nombre de voix obtenues au parlement, et peut, Cuba pré Castro oblige, être modifié par quelques cadeaux monétaires.
Le vainqueur de ce processus démocratique choisit deux des lois parmi les quatre proposées, et elles prennent effet immédiatement.

Payer les taxes imposées par de nombreuses lois permet de gagner des points de victoire (ce qui fait penser à "Les Piliers de la Terre").

Tous ces mécanismes imbriqués donnent lieu à des choix cornéliens: utiliser une carte de grosse valeur pour agir ou la garder pour plus tard, histoire de voir quelles sont celles gardées par les adversaires? Faut-il jouer cette carte en fin du tour où la réserver pour le parlement? Faut-il recourir à la corruption ou garder son bel argent pour payer les taxes ou construire son économie?

L'illustration de la boîte, superbe, annonce la couleur: un matériel agréable, des illustrations magnifiques.
L'éditeur nous avait habitué à de très bon jeux avec une réalisation pratique mais sans éclat; Cuba est sans aucun doute un tournant à cet égard.

Peut-on espérer une multiplication indéfinie des thèmes et des mécanismes ludiques? Sans vouloir déprécier les imaginations créatrices, on peut constater le nombre de jeux de plus en plus important. De nombreuses oeuvres littéraires ou cinématographiques sont des redites et pourtant parmi les meilleures, pourquoi pas les jeux?
J'ai été séduit par Cuba qui est certes inspiré de plusieurs jeux connus, mais qui apporte un souffle thématique rafraîchissant sur le genre, et qui combine parfaitement ses inspirations sans la moindre trace de lourdeur; en cela, il est original.

 
  • Ambiance de république bananière
  • Inspirations utilisées à bon escient
  • La double utilisation des rôles
  • La qualité des illustrations
 
  • En anglais ou allemand

1 commentaire

  1. Grunt 17:40 29.02.2008

    Un avis qui me donnera envie de rattaquer Cuba sous le bon angle cette fois-ci

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