L'avis de Guillaume

De 6 à 10 parties jouées - 26 septembre 2006
 
Sympathique
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Il en fallait un pour prendre le contrepied de tous les avis : ce sera moi.
Je ne le fais pas de gaité de coeur. L'auteur et l'éditeur du jeu sont tous deux extrêmement sympathiques et le jeu est reconnu et applaudi des deux mains en Europe comme aux Etats-Unis. Seulement voilà, il y a des réfractaires à Caylus et j'en fais partie. Oh, pas au point de refuser d'en faire une partie et de nier toutes ses qualités. Il s'agit principalement d'un sentiment désagréable qui naît généralement en fin de partie : tout ça pour ça ?

A ce léger rejet, deux causes identifiables :

La première est conjoncturelle. Je ne sais pas ce qu'est une partie de Caylus de 2h de temps. Toutes mes parties (environ 5, toujours à 5 joueurs) flirtent ou dépassent les 4h de durée. Il n'y a pas de secret : je joue avec des gens qui prennent leur temps et aiment compter et recompter. En fait, ils apprécient de réfléchir leur tour en fonction de leurs ressources et de leur stratégie, comme tout à chacun mais ils aiment également se mettre à la place des autres joueurs et recherchent "le coup qui fait le plus de mal aux autres tout en leur faisant le plus de bien".
J'avoue que j'ai du mal à atteindre ce stade et que j'ai soif de plus de fluidité. Si les débuts de partie sont généralement dynamique, le rythme s'embourbe au fur et à mesure du jeu jusqu'à m'amener à consulter frénétiquement ma montre dans l'attente de la fin du supplice. Pour adoucir tout ce que je viens d'écrire : on peut jouer à Caylus plus rapidement et à moins de joueurs et on peut surtout apprécier cette réflexion profonde et intense mais ce n'est pas mon cas. A noter que le prévôt participe grandement à ces temps morts : son déplacement faisant l'objet chez nous de longues négociations et des pires traîtrises.

La seconde est plus personnelle. Après 5 ou 6 parties de Caylus, j'ai toujours du mal à comprendre quels sont les chemins qui mènent à la victoire. Je vois bien que certaines lignes de faveur sont plus profitables que d'autres, je comprends bien les choix de bâtiments mais je ne vois pas les grandes lignes et les méthodes à suivre... Au bout de 5 à 6 parties de Puerto Rico, on connaît plus ou moins les grandes stratégies disponibles : café-maïs, manufacture, mono-production et on peut composer sur un thème. A Caylus, il me manque la partition : j'ai l'impression de ne guère avoir progressé au fil de mes parties. Comme le dit lui-même l'auteur, le jeu est très tactique : il convient de faire chaque tour ce que les autres ne font pas. Je ne doute pas non plus qu'il y ait de grandes voies stratégiques que les joueurs sur internet ont peu à peu assimilée mais elles ne sont pas faciles à identifier. Ce défaut, qui est aux yeux de nombreux joueurs une qualité, du fait d'une durée de jeu trop importante me décourage de m'investir dans le jeu. Il me paraît trop gourmand en temps et en énergie.

Ceci étant dit, je suis persuadé d'y rejouer (sans doute avec d'autres pratiquants) et sans doute de me documenter un peu avec ce que l'on trouve sur internet mais ce ne sera pas sans grand effort de ma part. Sauf changement d'avis total, je ne pense pas que Caylus rejoindra ma ludothèque.

Maintenant que je me suis expliqué sur ma déception, je peux en venir à la partie la plus agréable et mettre en relief ses qualités. Le jeu est d'abord esthétiquement réussi : les couleurs sont vives et la symbolique utilisée pour les coûts et bénéfices des bâtiments globalement très lisible. Le coeur du mécanisme de jeu est simple et pensé pour être rapide : un ouvrier par tour.
A chacun d'en faire le meilleur usage possible et de gérer les priorités : toutes les actions que l'ont désire ne seront peut-être pas disponibles au tour suivant : quelle priorité donner ?
Le hasard est totalement exclu du jeu (pour beaucoup, c'est un plus... Mais c'est aussi ce qui cause ces temps de réflexion sus-mentionnés). Les tours de jeu des joueurs sont extrêmement bien pensés : on paye pour remonter dans l'ordre principal du tour, on s'adapte également pour gérer l'ordre du tour du prévôt qui menace et punit.

Au final, je n'irai pas jusqu'au "Peu Captivant" mais ne peut me résoudre, en ce qui me concerne seulement, de le qualifier de "Très Bon" du fait des remarques faites précédemment... Restons donc sur le "Sympathique" en rappelant que le jeu est plébicité par quantité de joueurs avertis. Mon avis n'est qu'un léger bémol indiquant qu'il existe aussi des joueurs à qui le jeu plaît moins. A chacun de se faire sa propre opinon.

 
  • Une compilation de mécanismes réussis
  • Une interaction subtile sur les bâtiments
  • Les aspects tactiques liés aux placements des ouvriers
  • Le nombre variable de tours de jeu
 
  • En proie à l'analysis paralysis
  • Des parties qui s'éternisent
  • L'absence totale de hasard
  • Une dimension stratégique délicate à déchiffrer

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