L'avis de Xavo

De 6 à 10 parties jouées - 2 décembre 2006
 
Très Bon
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Commençons par le matériel : fidèle à leur réputation, les allemands d'Alea fournissent un matériel de qualité et complet. Le talentueux graphiste, Czarnè, à qui l'on doit déjà les magnifiques cartes de Marquis par exemple, a réalisé un joli travail sur les cartes et la boite, les tuiles n'étant pas illustrées. On pourra juste reprocher au plateau un petit défaut d'ergonomie : les "droits" sont en haut de colonne, alors que certains sont accessibles avant d'avoir obtenu tous les "rangs". Le matériel comporte quelques mots d'allemand mais c'est quasiment sans importance. Enfin, le thème est ultra-plaqué. Rien de bien grave.

Karsten Hartwig a déjà réalisé Chinatown pour Alea. L'auteur a réussi le pari de renouveller quelques peu le jeu d'enchères grâce à Augsburg 1520.

Les enchères se règlent en effet en deux temps pour chacune des cinq enchères. Tout d'abord, il y a plusieurs tours d'enchères sur le nombre de cartes offertes. Puis parmi les ex-eaquo en nombre de cartes, celui qui a la carte la plus forte remporte l'enchère. Ainsi, une seule carte trés forte dans une couleur ne suffit pas à gagner, il faut également avoir plusieurs cartes de la même couleur, ou des jokers, pour la mener jusqu'à la fin de l'enchère. Ceci contribue à diminuer l'influence du tirage.

Il est trés rare de gagner au nombre de cartes : il y a le plus souvent des égalités et le départage se fait à la valeur de la carte la plus forte.
Pourquoi ? Comme je l'ai dit, si tous les joueurs ont suivi (personne ne propose un nombre de cartes supérieur), les cartes sont dévoilées. Le joueur à avoir fait l'offre suivie par les autres ne peut lui-même plus surenchérir.
Un point de règle attribue de l'argent aux joueurs en seconde et troisième positions sur les enchères : ils ne perdent pas leurs cartes et en plus gagnent un peu d'argent. Il est intéressant de toujours suivre, en utilisant les jokers avec une carte même faible, simplement pour remporter un peu d'argent et parce que l'on a rien à perdre.
Les enchères ont bien pour principe de porter sa carte la plus forte à la conclusion et gagner une enchère en misant plus de cartes que les autres restent une exception.

Et c'est tant mieux car les enchères doivent être disputées à Augsburg. Les joueurs gagnent peu d'enchères au cours d'une partie et obtenir des privilèges pour peu de cartes, voire pour une seule carte, est un avantage important. Ainsi, être le seul à posséder des cartes d'une des cinq couleurs permet de faire d'importantes et décisives économies. Le jeu à deux ou trois joueurs fonctionnent pour cette raison un peu moins bien que celui à 4 ou 5 joueurs. Le jeu à deux me semble particulièrement sensible aux tirages des cartes et revenir sur un adversaire plus chanceux au départ sera difficile (car il aura ensuite plus de cartes et d'argent).

La grande force d'Augsburg 1520 n'est pourtant pas dans son système d'enchères mais dans son système de points de victoire (de prestige, pardon !). Il existe deux enjeux majeurs dans le jeu. Le premier concerne les droits Wappen (blason) et Adelsbrief (lettre de noblesse).
L'obtention de ces droits a donné à l'auteur l'occasion d'introduire une petite subtilité : il faut en effet avoir le statu suffisant pour y prétendre. Mais ces status sont en nombre inférieur au nombre de joueurs. Ils passent donc de main en main. Ainsi, si vous remportez une enchère pour prendre le statu supérieur, vous pouvez trés bien ne pas pouvoir en profiter pour acheter le droit associé, si le statu vous est repris suite à l'enchère suivante. Il faut donc calculer son coup pour pouvoir acquérir statu et droit sans que les autres puissent vous gêner.
Les premiers à obtenir des droits gagnent plus de points que les seconds et ainsi de suite. Ils sont donc un enjeu crucial pour faire la différence en terme de points de prestige.
Une fois obtenu, ces droits vous rapportent des points jusqu'à la fin de la partie. Le problème, et ce sera le second enjeu majeur de la partie, est que vous devez acheter l'église pour dépasser les 25 points et la cathédrale pour dépasser les 45 points. Si vous voulez que vos droits vous profitent chaque tour, il faut donc prendre en compte ces deux limites trés rapidement et faire des économies.
En théorie, il suffit de gagner 4 enchères pour acquérir les meilleurs droits en terme de prestige et l'église et la cathédrale. En pratique, il faut aussi chercher à gagner de l'argent ou des cartes pour rester dans la course durant les enchères. Il reste qu'il est tout à fait possible de faire des tours "à blanc" à 4 ou 5 joueurs, en continuant de marquer des points et en renforçant sa main ou en faisant des économies. Le système de points de victoire de Augsburg créé cette particularité : toutes les enchères ne sont pas bonnes à prendre. Ce double enjeux fait de Augsburg 1520 un jeu d'enchères stratégique où votre victoire se contruit sur le long terme.

Dans ce type de jeu, il peut arriver que malgré tout vos efforts, vous échouez à remporter une enchère et les privilèges qui vont avec car un joueur aura misé sur la même enchère que vous avec plus de chance aux cartes. A cinq, ceci risque d'arriver plus souvent qu'à moins de joueurs. Au vue de ce qui a été précedemment dit pour les parties à deux joueurs, l'idéal est de jouer à trois ou quatre joueurs si vous n'aimez pas l'aléa (sans jeu de mot).

En résumé, Augsburg 1520 est un trés bon jeu d'enchères, surtout à 3 ou 4 joueurs, subtil et novateur, au matériel satisfaisant, au thème plaqué et qui demande un peu de temps pour être maitrisé.

 
  • Système d'enchères
  • Système de points
 
  • Ergonomie du plateau
  • A deux joueurs
  • Thème

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