L'avis de Frédéric

Plus de 10 parties jouées - 17 janvier 2007
 
Indispensable
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Jeter des brouettes de dés dans un jeu ? Non merci, les jeux de hasard, c’est pas pour moi. Même si le jeu n’est pas en tous points dirigé par le hasard ? C’est peut-être autre chose. Et dans Yspahan, les jets de dés, c’est vraiment autre chose.

Autre chose dans la mesure où Yspahan reste, malgré ses nombreux jets de dés, un jeu qui peut convenir aux joueurs qui aiment les jeux de développement. Certes on est loin d’un Caylus, mais il faut quand même se dire que beaucoup de jeu sont très loin d’égaler, voire de se rapprocher de la merveille ; alors ne boudons pas notre plaisir et sachons apprécier Yspahan à sa juste valeur. Celle d’un jeu assez rapide, dynamique, au matériel bien conçu, assez original et qui convient à un très large public.

Le jeu en lui-même recèle une utilisation intelligente des nombreux jets de dès (21 durant la partie) en permettant à chaque joueur non seulement de choisir l’action associée à un groupe de dès, mais encore d’empêcher un ou plusieurs autres joueurs d’obtenir une action qui leur procurerait un avantage trop important. Malgré certaines apparences, Yspahan n’est certainement pas un jeu où l’on se concentre uniquement sur son jeu, mais où il faut également observer le jeu des autres, si l’on veut briguer la victoire.

Dans Yspahan, il convient de trouver le juste équilibre entre diverses stratégies et de surtout savoir s’adapter aux résultats des jets en fonction de l’ordre dans lequel on va pouvoir choisir son action. En ce sens Yspahan présente des aspects stratégiques et tactiques, simples mais bien réels. La mécanique de jeu est plutôt « allemande » : assez simple et très fluide. Toutefois, j’ai pu constater que les résultats des jets de dés pouvaient clairement influencer le jeu surtout en début de partie. Certes, il n’y a pas de « mauvaise action » à réaliser, mais j’ai trouvé qu’en début de partie les chameaux étaient vraiment fort importants et que le sort peut créer un réel déséquilibre entre les joueurs ; les chameaux étant indispensables pour réaliser des constructions et permettre l’envoi de cube de votre réserve sur la piste des chameaux qui est une source très importante de points de victoire. Ainsi, un jet de dès heureux peut fournir un avantage au joueur qui peut en bénéficier pour l’action qui lui octroie des chameaux ; l’avantage payera tout au long de la partie car il saura très tôt, et souvent plus tôt que les autres joueurs, construire un ou plusieurs bâtiments et, ainsi, bénéficier plus tôt et donc plus souvent des effets de ceux-ci. L’importance des chameaux est telle qu’il ne faut jamais hésiter à s’en procurer même si le groupe de dés qui les procure n’est pas très étoffé.

Pour le reste, le jeu est très « jouant », les tours s’enchaînent rapidement, il y a peu de temps morts et les choix demeurent intéressants.

Côté matériel, rien de particulier n’est à signaler si ce n’est qu’il est dans la lignée des productions d’Ystari : joli, pratique et solide. En parlant d’Ystari, j’avais pu essayer un prototype du jeu lors de la Gencon 2006 à Paris. Bien m’en a pris, car cela m’a permis de voir l’importance du travail de développement de l’éditeur. Un travail vraiment impressionant. A nouveau, Ystari ne semble vraiment rien laisser au hasard, à part quelques jets de dés, bien entendu.

La durée de jeu est plutôt courte : un quart d’heure pour l’explication des règles et une heure de jeu à quatre avec des joueurs de rapidité moyenne.

Il convient parfaitement à des joueurs habituels et à des joueurs plus occasionnels : les premiers apprécieront les côtés tactique et un peu stratégique du jeu et les seconds sa simplicité et son aspect dynamique.

J’avoue qu’après quelque parties j’avais eu une légère baisse d’intérêt pour Yspahan, toutefois après plusieurs autres parties mon intérêt a repris du poil de la bête. Sans doute avais-je été un peu refroidi par le côté un peu mécanique du jeu et par l’influence des jets de dés, pour finalement me rendre compte qu’Yspahan était bien plus subtil qu’il n’y paraissait de prime abord, et cela au bénéfice d’une très grande « rejouabilité ».

Autre avantage du jeu : il se joue parfaitement de 2 à 4 joueurs. J’étais plutôt septique sur l’intérêt du jeu à deux. C’était une erreur d’appréciation, dès lors qu’il tourne parfaitement dans cette configuration.

Sans vouloir jouer au devin, j’ai bien l’impression que le « formatage » d’Yspahan devrait en faire le futur Spiel des Jahres, à moins qu’il ne se fasse devancer par Die Saülen der Erde qui a un côté un peu plus classique, un peu plus « allemand ».

En bref, Yspahan c’est du tout bon.

 
  • Simplicité des règles
  • Mécanismes fluides
  • Jeu dynamique
  • Pour tous les types de joueurs
  • Très grande "rejouabilité"
 
  • Le hasard, parfois

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