Arkadia

Avec un matériel alléchant (à part le thermoformé), un auteur renommé et un éditeur important (Ravensburger), y avait de quoi créér des attentes (ou une déception). Et ce jeu d'opportunistes est d'une simplicité et d'un fluidité pour moi exemplaire. C'est un des rares jeux où je me dis au final que le jeu a été poussé au bout et développé comme il se doit (en dehors de toute appréciation). A tel point qu'on en oublie presque la frustration qu'un tel jeu peut causer quand on subit l'ordre du tour (et qu'un joueur en avantage trop un autre, surtout à 4 joueurs).

Les 2 actions (poser un batiment ou poser des architectes) sont simples mais aux conséquences multiples et subtiles. Par exemple, poser un bâtiment peut à la fois rapporter des architectes neutres (aidant ensuite à clôturer), clôture éventuellement des bâtiments, amène une certaine couleur de sceau en jeu, pourrit des architectes adverses posés sur le plateau, ou au contraire assure nos architectes de participer à plusieurs bâtiments. Poser des architectes en jeu est quant à elle l'action la plus délicate: alors qu'elle nous donne accès à plus de sceaux, elle dévoile aussi notre jeu. C'est d'autant plus critique que notre stock d'architectes est fort limité.

On aura en cours de partie 4 ventes intermédiaires possibles (plus une finale). Ce qui est surprenant c'est qu'on peut gérer ces ventes de manière vraiment différente, entre 2 extrêmes:

- vendre au plus vite pour récupérer un nombre suffisant d'architectes en faisant un minimum de différentiel puis en stabilisant le plus possible les cours jusqu'à la fin (plus controlable à 2 et 3 joueurs)

- vendre au moment opportun pour faire le meilleur différentiel, quitte à ne pas faire toutes les ventes. Le problème c'est qu'il est difficile de monter un cours seul.

La vente elle-même a aussi plusieurs niveaux puisqu'en dehors de marquer des points, elle permet aussi de ne jamais tomber à cours d'architectes de notre couleur.

Le souci du détail et l'imbrication des mécanismes pousse simplement à l'admiration: entre les architectes neutres (qui cassent le rythme d'encerclement), le marché qui croit et décroit contraint par la construction par étage (un cours max, mais donne aussi une idée du cours sur la deuxième manche), la vente comme source de points ET d'architectes, la clôture par architectes ET bâtiments qui donne un bonus ET une influence sur les cours (qui elle-même améliore une couleur ET en écrase éventuellement une autre)...

Merci Mr Dorn pour ce bon et beau jeu!

 
  • L'encerclement à la fois par les architectes et les bâtiments
  • Les architectes neutres comme cassure de rythme
  • Le marché par étages
 
  • La frustration de l'ordre du tour (surtout à 4 joueurs)
  • Système multiplicatif, couplé avec un écrasement parfois violent

Indispensable